Le stress des régimes express

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Un rapport de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation) épinglait dernièrement les dérives de certains régimes. Pour perdre du poids, des milliers de Français se lancent chaque année à l’aveuglette, sans autre avis autorisé que celui du médecin en blouse blanche en vedette sur la couverture de son livre. Avant que ne reviennent les beaux jours, petits rappels sur quelques vérités liés aux régimes.

Excès et carences alternent selon les phases prescrites : plus de 80% des régimes dits restrictifs et polyphasés explosent les ANC# en protéines ; d’autres sont soit excessifs, soit insuffisants en lipides ; dans trois régimes sur quatre l’apport en fibres est très insuffisant ; manque de fer ; de magnésium, de vitamine D... La liste des déséquilibres est longue et impressionnante.

Alors, que faire ? Abandonner les régimes ? Oui, si l’on n’a pas de problème médical de surpoids ou d’obésité répond l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) qui tire, à juste titre, le signal d’alarme.

Bien distinguer kilos « médicaux » et kilos « esthétiques »

L’ennui, c’est que les kilos, c’est comme la météo : il y a les kilos réels et les kilos ressentis. Les kilos médicaux et les kilos esthétiques. Or, la majorité de celles et ceux qui suivent ces régimes le font pour des raisons esthétiques plus que médicales : éliminer ses rondeurs la veille de se mettre en maillot de bains, perdre une taille parce que sa marque préférée ne va pas au-delà du 42… Il n’y a pas de réponse non restrictive aux kilos médicaux, encore moins aux kilos ressentis : l’expérience me prouve que les consommateurs préfèreront rester sourds au signal d’alarme de l’ANSES et perdre à tout prix les trois à cinq kilos qui les empêchent de se sentir bien dans leur peau dès que le printemps revient. Quitte à les reprendre quelques semaines plus tard.

Un manque d’informations pour les patients

Le pire, c’est que le patient n’a pas beaucoup le choix. Consulter un médecin nutritionniste est coûteux. Il y en a peu en province. On le voit à l’hôpital, lorsque la cote d’alarme de l’IMC (Indice de Masse Corporelle) est dépassée et qu’on est déjà dans la pathologie du surpoids. La diététicienne qui pourrait servir de guide sur le terrain, n’est pas remboursée par la sécurité sociale. Le patient, seul avec ses cinq kilos en trop, ses interrogations, les informations contradictoires qu’il reçoit, trouve forcément plus facile d’acheter un livre avec l’image rassurante du docteur en blouse blanche sur la couverture et de suivre peu ou prou ses instructions, quitte à faire n’importe quoi pourvu que ça se voie sur la balance.

Pour une alimentation équilibrée et mesurée

Manque toujours une réponse efficace, sérieuse et applicable pour limiter la prise des kilos, perdre sans carences ni danger ceux qui jouent à cache-cache avec les saisons, équilibrer avec plaisir son alimentation sans la désorganiser complètement.

Manque le guide d’un équilibre gourmand et heureux, tenable à long terme. Contre le stress des régimes express, une « slow-minceur » durable. À l’opposé des excès de vitesse et des promesses périlleuses des régimes restrictifs, un équilibre mesuré.

(Par Nathalie Hutter-Lardeau, nutritionniste, fondatrice de l'agence conseil en nutrition Atlantic Santé. Auteur de nombreux ouvrages tel "Gérer son poids et son cholestérol", elle a également contribué à la rédaction de "Le Vrai Régime anticancer" et "Les Recettes gourmandes du Vrai Régime anticancer" en tant qu'experte nutrition.)

SOURCE : Atlantic Santé

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