Le score de qualité nutritionnelle à 5 couleurs est associé au risque de prise de poids

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Le score de qualité nutritionnelle à 5 couleurs est associé au risque de prise de poids

L'équipe de Recherche en Epidémiologie Nutritionnelle (EREN, U1153 Inserm / Inra / Cnam / Université Paris 13) a mis en évidence, dans une étude de cohorte, l'intérêt du score de qualité nutritionnelle de la Food Standard Agency (servant de base à la signalétique nutritionnelle à 5 couleurs (5C) proposée pour être mise en face-avant des aliments) pour prédire, au niveau individuel le risque de prise de poids et d'apparition d'un surpoids et d'une obésité chez les hommes. Ces travaux font l'objet d'une publication dans le journal Preventive Medicine (1) du 5 Septembre 2015.

La Loi de Santé 2015, dans son article 5 prévoit que la déclaration nutritionnelle obligatoire soit accompagnée d'une présentation ou d'une expression complémentaire sous forme de graphiques ou symboles sur la face avant des emballages, afin de la rendre synthétique, simple et accessible par tous. Cet article a pour ambition d'aider les consommateurs à orienter leurs choix alimentaire.

Le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) a publié le 24 août 2015 un avis (associé à 2 annexes techniques) considérant que de tous les systèmes d'information nutritionnelle aujourd'hui développés, le système à 5 couleurs 5-C (vert/jaune/orange/rose fuschia/rouge) est le seul pouvant être considéré comme réellement pertinent pour orienter les choix alimentaires des consommateurs. Ce système de classification des aliments selon leur qualité nutritionnelle repose sur le calcul d'un score (score de la Food Standards Agency-FSA) qui prend en compte plusieurs éléments présents sur l'étiquetage nutritionnel (calories, sucres simples, acides gras saturés, sodium, fibres, protéines et pourcentage de fruits et légumes) pour aboutir à un indicateur unique de la qualité nutritionnelle de l'aliment.

Des études de validation dans le contexte français ont déjà montré que ce score permet un classement des aliments selon leur qualité nutritionnelle de façon cohérente avec les recommandations du Programme National Nutrition Santé (PNNS), et qu'il permet de caractériser la qualité nutritionnelle de l'alimentation des individus. Récemment, l'EREN a publié dans le Journal of Nutrition (2), un article montrant que le score FSA permettait au niveau individuel de prédire, de façon prospective, le risque d'apparition de syndrôme métabolique.

Le travail publié ce jour par les chercheurs de l'EREN sous la conduite de Chantal Julia (Médecin nutritionniste-MCU-PH à l'Université Paris13/Hôpital Avicenne) et Emmanuelle Kesse-Guyot (Epidémiologiste, Directrice de recherche INRA) permet d'aller plus loin dans la validation du score FSA en montrant une association entre la qualité nutritionnelle des aliments consommés (évaluée par le score de la FSA) et le risque de prise de poids à long terme chez les individus suivis dans le cadre d'une cohorte. La consommation d'aliments de moins bonne qualité nutritionnelle, c-à-d moins bien classés par le score de la FSA, est associée à une prise de poids plus importante après 13 ans de suivi. Par ailleurs, chez les hommes, la consommation d'aliments de moins bonne qualité nutritionnelle était associée à un risque plus élevé de surpoids et d'obésité après 13 ans de suivi.

Les chercheurs de l'EREN ont calculé un score de qualité nutritionnelle de l'alimentation des individus ayant participé à la cohorte SU.VI.MAX (lancée en 1994) en prenant en compte le score de qualité nutritionnelle de l'ensemble des aliments consommés par les participants à l'étude, calculé à partir de leur score FSA.

L'étude spécifique a porté sur 4 344 sujets pour lesquels les données alimentaires ont été collectées par des enregistrements alimentaires de 24h répétés dans le temps (moyenne= 10 + 3 enquêtes). La prise de poids a été documentée par des examens cliniques réalisés à l'inclusion et après 13 années de suivi des sujets participant à l'étude SU.VI.MAX.

Les résultats de cette étude, publiée dans Preventive Medicine montrent que :

  • après 13 ans de suivi, les sujets dont le score nutritionnel de leur alimentation (calculé à partir de leur score FSA) se situe dans le quartile reflétant une moins bonne qualité nutritionnelle ont une prise de poids significativement plus importante (augmentation de l'indice de masse corporelle) par rapport aux sujets dans le quartile correspondant à une alimentation de meilleure qualité nutritionnelle (meilleur score FSA).

  • chez les hommes, les sujets dans le quartile correspondant à une alimentation de moins bonne qualité nutritionnelle (évaluée par un moins bon score FSA) avaient un risque de 61% plus élevé de devenir en surpoids ou obèses après 13 ans de suivi, et un risque de 91% plus élevé de devenir obèses.

Ce travail montre que la qualité nutritionnelle des aliments consommés, évaluée par le score FSA est associée au risque de prise de poids et de développement du surpoids et de l'obésité chez les hommes, pouvant avoir des conséquences majeures en termes de santé publique. Ces résultats contribuent à la validation du score qui sert de base au système d'information nutritionnelle coloriel 5-C.

(1) Julia C, Ducrot P, Lassale C, Fezeu L, Méjean C, Péneau S, Touvier M , Hercberg S, Kesse-Guyot E. Prospective associations between a dietary index based on the British Food Standard Agency nutrient profiling system and 13-years weight gain in the SU.VI.MAX cohort. Preventive Medicine, September 5th, 2015

(2) Julia C, Fezeu L, Ducrot P, MéjeanC, Péneau S, Touvier M , Hercberg S, Kesse-Guyot E. Nutrient Profile of Foods Consumed with the Use of the British Food Standards Agency Nutrient Profiling System Is Associated with Metabolic Syndrome in the Supplémentation en Vitamines et Minéraux Antioxydants Cohort J. Nutr, 2015, Aug 19. pii: jn213629.

SOURCE : INRA

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