Le rôle de la mastication du chewing-gum sans sucres dans la gestion du poids

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Après avoir rappelé les différents facteurs de la prise de poids, le Dr Dominique Boute (médecin, spécialiste en endocrinologie, diabétologie et nutrition) a expliqué le rôle de la mastication du chewing-gum sans sucres dans la gestion du poids lors d'une présentation des résultats d'une nouvelle étude sur les effets à court terme du chewing-gum sur l'apport calorique.

Le problème complexe du grignotage

« Le rôle de la mastication du chewing-gum sans sucres dans la gestion du poids » Selon le Dr Dominique Boute, le surpoids est la résultante d’une interaction entre notre prédisposition héréditaire et l’environnement. Parmi les facteurs environnementaux, on retient essentiellement l’alimentation et l’activité physique mais la problématique du stress devient dans notre société un élément majeur. L’industrialisation a conduit à réduire la demande physique au profit d’une demande intellectuelle. Cette évolution contribue à la sédentarité et à l’émergence de pathologies psychosomatiques en relation avec le stress. Les troubles du comportement alimentaire s’intègrent dans cette « dynamique ». Parmi eux, les tendances au grignotage ou crises compulsives sont prédominantes.

Mastication et activité cérébrale

Le contexte émotionnel influence en grande partie la consommation d’aliments sans réelle sensation de faim. La mastication peut être une stratégie efficace dans ce cadre. Mâcher un chewing-gum s’accompagne en effet d’une augmentation significative du débit sanguin dans le cerveau (augmentation de 20% par rapport au repos), notamment dans les aires régulatrices et associatives du cerveau profond, qui contrôlent de nombreuses fonctions en lien avec l’émotionnel [1].

Des recherches sont en cours pour comprendre les mécanismes mis en jeu mais on retrouve à partir des données de l’imagerie cérébrale des informations intéressantes. Des chercheurs ont exposé des volontaires à des bruits stressants avec ou sans chewing-gum. A l’exposition aux bruits, ils ont observé une activation de l’amygdale et du cortex préfrontal médian, zones sensibles au stress. Ce qui est intéressant à noter est la diminution de l’activation de ces zones lorsque les volontaires mâchaient du chewing-gum, ce qui laisse à penser que la mastication de chewing-gum aurait un effet sur la régulation de stress [2].

Dans ce sens, outre l’hygiène bucco-dentaire, le chewing-gum pourrait avoir des bénéfices dans la régulation du comportement alimentaire.

Le chewing-gum sans sucres comme modulateur de la sensation de faim

Les études actuelles montrent le rôle de la mastication de chewing-gum sans sucres dans la gestion du poids. Hetherington et Coll en 2006 ont démontré chez des volontaires sains que mâcher du chewing-gum après le repas réduirait la charge calorique de la collation suivante [3]. Cette cohorte incluait 40 hommes et 20 femmes âgés de 21.7  4 ans de poids normal (IMC de 22.7  3.4 kg/m²). Trois heures après un déjeuner standardisé on proposait à ces volontaires une collation sucrée ou salée. Selon les groupes, on leur demandait de mâcher du chewing-gum ou pas chaque heure pendant au moins 15 minutes. Lorsque les sujets mâchaient du chewing-gum, l’apport calorique de la collation était réduit de 8 % soit 36 kcal en moyenne. Il est à noter que la sensation de faim après un repas remonte plus lentement chez les mâcheurs (cf courbe ci-dessous).

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Des résultats complémentaires ont été observés par Geiselman et Coll en 2009 dans une étude évaluant l’influence de mâcher du chewing-gum sans sucres sur le choix de la collation suivante [4]. 12 collations étaient proposées aux volontaires (115 volontaires de poids normal âgés de 18 à 25 ans) avec des teneurs différentes en graisses et sucres. Geiselman montre ainsi une diminution plus importante de la consommation de collations riches en sucres, quel que soit l’apport en graisses. La notion de satiété sensorielle, spécifique au sucre, pourrait expliquer le choix de ces volontaires.

Pour le Dr Dominique Boute, le mécanisme passe par plusieurs éléments :

  • Le plaisir d’une confiserie sucrée est toujours un moment de détente et de réconfort qui, par un phénomène que l’on appelle l’alliesthésie négative, diminue l’envie de manger sucré. Un chewing-gum sans sucres apporte 5 kcal donc une quantité négligeable.
  • L’impact du fait de mâcher un aliment solide a un effet sur la satiété plus important que les liquides ou même les gelées [5]. Mâcher est un élément important de la régulation du comportement alimentaire.

Le Dr Dominique Boute précise par ailleurs qu’aucune étude n’a démontré que le fait de mâcher, donc de saliver, peut faire croire à notre estomac qu’un aliment va être ingéré et donc augmenter la sensation de faim. Les études de Hetherington et Geiselman montrent au contraire une diminution de la sensation de faim et une réduction de la prise alimentaire lorsque l’on mâche du chewing-gum après un repas.

Conclusion

Ces études montrent que mâcher du chewing-gum intervient dans la régulation du comportement alimentaire en influençant l’appétence pour le goût sucré et la sensation de faim. La mastication a pour effet une réelle modulation de la sensation de faim, sans remplacement évidemment d’un repas.

Le chewing-gum sans sucres s’intègre parfaitement dans une démarche de gestion du poids car :

  • il influence l’activité cérébrale
  • il permet un retour plus lent de la sensation de faim après un repas
  • il réduit globalement l’envie de sucré et l’apport énergétique

En octobre 2008, Freedent a dévoilé le programme Gum is Good™ de Wrigley. Fruit de 25 années de recherche, ce programme est mis en place pour accompagner les consommateurs au-delà de l’hygiène bucco-dentaire et faire connaître les autres bénéfices santé du chewing-gum et notamment le bénéfice « coup de pouce antigrignotage ».

Références :

  1. Momose I, Nishikawa J, Watanabe T, Sasaki Y, Senda M, Kubota K, et al. (1997). Effect of mastication on regional cerebral blood flow in humans examined by positron-emission tomography with O-labelled water and magnetic resonance imaging. Arch Oral Biol 42:57–61
  2. Niwa M et Coll – Functional significance of the role of chewing in stress relief – J Rural Medicine, 2005, 4, 661 – 6
  3. Hetherington et coll – Short-term effect of chewing gum on snack intake and appetite - Appetite, 2007, 48, 397
  4. Geiselman et coll – Short-Term Effects of Chewing Gum on Specific Macronutrient and Total Caloric Intake - American Society for Nutrition (ASN) Scientific Sessions and Annual Meeting at Experimental Biology 2009
  5. Lavin JH, French SJ, Ruxton CHS, Read NW. “An investigation of the role of oro-sensory stimulation in sugar satiety?” International Journal of Obesity. 2002; 26, 384-388.

SOURCE : FREEDENT

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