Le resvératrol, polyphénol clé du « French Paradox », est un anticancéreux puissant

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Le resvératrol est un polyphénol particulier de la classe des stilbènes présent dans certains fruits comme par exemple le raisin, les fèves de cacao, les mûres, ou l'arachide. On le retrouve en quantité notable dans le vin où sa présence a été invoquée pour expliquer les effets bénéfiques pour la santé d'une consommation modérée de vin, plus connus sous le terme « French Paradox ». Point de vue du professeur Lucien Israël.

Le resvératrol, polyphénol clé du « French Paradox », est un anticancéreux puissant Les stilbènes représentent l’un des quatre groupes principaux de polyphénols. Ils sont synthétisés par les végétaux par reflexe de défense à un stress environnemental ou pathogène (tel qu’une attaque parasitaire comme le Mildiou ou le Botrytis chez la vigne) et destinés à contenir localement les dégâts du pathogène. A travers leur représentant le plus connus, le resvératrol, on leur attribue une part prépondérante du « French Paradox » [1] grâce entre autre à leur action sur l’oxydation du LDL-cholestérol [2].

Le resvératrol est donc un polyphénol que l’on trouve dans notre alimentation principalement dans le raisin (surtout vin rouge), le chocolat noir (seconde source alimentaire de ce polyphénol après le vin), les baies rouges (myrtilles, bleuets, canneberges), l’arachide (cacahuètes non grillées), la rhubarbe, les mûres, la grenade, le sorgho [3]... issus de l’Agriculture Biologique (AB). En effet, les traitements de l’agriculture dite "conventionnelle", riches en pesticides et anti-fongiques, protégeant en quelque sorte la plante, empêchent pratiquement celle-ci de synthétiser le resvératrol (et la plupart des autres polyphénols [4]) en réponse à une attaque extérieure.

Ce polyphénol présent dans la peau (pellicule du grain) de raisin serait, selon les chercheurs, une solution aux problèmes cardio-vasculaires. Il les réduirait à lui seul, selon l’OMS, de 40%. Il aurait aussi des effets anti-cancéreux, phyto-oestrogéniques (limiterait les bouffées de chaleur lors de la ménopause), d’activateur de gène de longévité, de protecteur de cellules cérébrales et enfin d’anti-inflammatoires. Détruit par les pesticides utilisés dans l’agriculture conventionnelle, on ne le retrouve qu’en quantité réduite dans le vin. D’autres sources ont été trouvées pour extraire ce resvératrol comme le liseron japonais et la vigne rouge et commercialisées sous forme de gélules. La culture biologique n’utilisant pas de pesticides, vous le trouverez tout naturellement.

Propriétés du resvératrol

Vin et maladies cardio-vasculaires

De nombreuses études épidémiologiques indiquent qu’une consommation modérée d’alcool est associée à un risque réduit de mortalité secondaire aux maladies cardiovasculaires. Il peut s’agir de n’importe quel type d’alcool, mais il apparaît que le vin, et en particulier le vin rouge, semble conférer des « bénéfices santé » supplémentaires du fait de la présence de composés polyphénoliques.

Sur la base des données cliniques et expérimentales, l’effet favorable de consommation modérée d’alcool résulte de son action sur le profil lipidique, les paramètres de coagulation et la réduction de marqueurs d’inflammation. Il permet donc une bonne intégrité des vaisseaux sanguins et contribue à équilibrer le bilan des lipides sanguins : selon l’OMS, le resvératrol pourrait réduire à lui seul de 40% le risque cardio-vasculaire. Ces composés exercent de nombreux effets dont les effets antioxydants, effets anti-agrégants et anti-inflammatoires. Ce sont de puissants vasodilatateurs. Il est possible qu’ils puissent avoir d’avantage de propriétés dans des maladies cardiovasculaires et des études cliniques contrôlées sont encore attendues.

Pour rester jeune... et vivre plus longtemps

Le resvératrol stimule certaines enzymes (Sir2/SIRT1) impliquées contre les effets néfastes du vieillissement. D’autres effets de prévention dans ce domaine seraient également liés à ses doubles propriétés : anti-inflammatoires et antioxydantes. Le resveratrol, d’après une étude conduite à la Harvard Medical School, active un gène de longévité (Sir2) dans certaines souches de levure et permet d’accroître leur espérance de vie de 70%. Ses effets s’exercent comme ceux de la restriction calorique (seule méthode scientifiquement démontrée pour accroître la longévité) par l’activation des gènes SIR. Les recherches n’ont pour l’instant porté que sur des levures, des mouches et des nématodes, mais il faut noter que les êtres humains, eux aussi, possèdent ces gènes.

Pour garder son équilibre giycémique... et éviter le surpoids

Chez des souris obèses, il prévient les effets négatifs d’une alimentation trop riche en calories et augmente leur survie. Il améliore la tolérance au glucose, la glycémie à jeun, sans affecter le poids. Sur des animaux, il renforce leur capacité musculaire d’exercice et les protège de l’insulinorésistance induite par leur alimentation ainsi que de l’obésité.

Professeur Lucien Israël : « Contre le cancer, le vin, c’est utile »

À 83 ans, ce professeur émérite de cancérologie, fondateur du laboratoire d’oncologie cellulaire et moléculaire, qui fut titulaire de la chaire de cancérologie à l’université Paris-XIII, trouve « absurde » l’étude qui affirme que le vin mène au cancer...

Une étude récente affirme que le vin augmente les risques de cancer dès le premier verre. Qu’en pensez-vous ? C’est impossible... C’est même absurde ! À forte dose, l’alcool facilite certains cancers digestifs mais un ou deux verres de vin par jour, sûrement pas. Le vin, c’est utile.

Ainsi, le cancérologue, professeur à l’université Paris-XIII, reconnaît au vin des vertus pour la santé ? À dose modérée, le vin rouge se révèle non seulement bon mais sain. Il contient une substance qui s’appelle le resvératrol, issu de la peau de raisin rouge, pratiquement l’unique source. Il a été largement démontré qu’il est un puissant anticancéreux.

Iriez-vous jusqu’à prescrire du vin rouge ? J’ai prescrit du resvératrol sous forme de pastilles vendues en Suisse et au Luxembourg. Son effet bénéfique a été confirmé par des travaux de cancérologie qui remontent à une dizaine d’années. Cette molécule est inoffensive.

Êtes-vous en train de dire que le vin rouge guérit de certains cancers ? Le vin rouge comme source naturelle de resvératrol est une substance très utile aussi bien à titre préventif que pour traiter les tumeurs. Ce n’est pas pour cela qu’il faut boire une bouteille de vin par jour !

(Extrait du Figaro.fr, 5 mars 2009 - Propos recueillis par Claudine Abitbol)

Alcool, vin et cancer

La conclusion récente et très controversée de la publication de l’Institut national du cancer (INCA) sur la relation alcool et cancer [5] vient d’être fort heureusement modérée par le Dr Dominique Lanzmann-Petithory, coordonnatrice de l’étude « CANCERALCOOL » [6]. Initiée dans l’objectif de déterminer les relations entre la consommation de différentes boissons alcoolisées (vin, bière ou alcools forts) et la mortalité, cette étude a suivi une cohorte de 100 000 personnes entre 1978 et 1985 dont la mortalité a été documentée jusqu’en 2005.

Il en ressort que plus la consommation d’alcool est élevée (en g/kg poids), plus le risque de mortalité par cancer augmente. Tous cancers confondus, ce risque augmente de 29 % pour une consommation d’alcool comprise entre 0,7 et 1,4 par kg, et de 94 % pour une consommation d’alcool supérieure à 1,4 g/kg. Toutefois, les chercheurs notent une réelle différence pour le vin qui a même l’effet inverse... L’analyse des données montre en effet que les hommes qui consomment du vin ont globalement une mortalité par cancer diminuée de 23 %.

Selon Dominique Lanzmann, la consommation devin diminue notamment de 34 % la mortalité par cancers digestifs et de 22 % la mortalité par cancer du poumon. Cette diminution s’expliquerait par l’action des polyphénols contenus dans le vin. De nombreux travaux in vivo chez l’animal et in vitro ont montré l’action des polyphénols totaux sur l’inhibition de la cancérogénèse à différents stades. Il semblerait qu’en deçà de l’équivalence en vin de 0,5 g d’alcool par kg de poids chez l’homme, c’est-à-dire un maximum de 3 verres de vin à 12° pour un homme de 70 kg, les effets bénéfiques du fruit l’emportent sur les effets négatifs de l’alcool s’il est consommé modéremment.

Professeur Lucien Israël : resvératrol et cancer

J’ai découvert ça un jour... la nature réelle de cette maladie qu’est le cancer [7] : les bactéries ont des ancêtres, les archéobactéries, apparues depuis plus de trois milliards d’années, qui ont survécu à des milliers d’agressions environnementales, qu’elles proviennent de la température, de l’acidité, de l’assèchement et de toutes les toxicités possibles liées à des modifications considérables du milieu ambiant au cours des siècles.

Qu’est-ce que le cancer ?

Un bactériologiste qui travaillait en France a découvert que les archéobactéries avait un moyen de survivre quelles que soient les lésions que leur infligeait l’environnement. Cette capacité de résistance était due à un groupe de cinq gènes muets dans les circonstances normales d’existence au sein du milieu naturel, mais qui, en cas de menaces, voire d’agressions génétiques se réveillent et entrent en fonctionnement pour assurer non seulement la survie mais leur descendance en dépit de ces dommages. Ce phénomène a reçu depuis le nom de système SOS, qui regroupe une dizaine de gènes, et a été vérifié par tous les bactériologistes.

Cette découverte a fait un certain bruit parmi les bactériologistes, personne ne s’en est vraiment beaucoup occupé, mais très intéressé et intrigué, j’ai demandé à un généticien de l’époque ce que cela voulait dire... où pouvait-on retrouver ces gènes... s’étaient-ils conservés à travers l’évolution, etc. Nous avons donc travaillé là-dessus et il a découvert que ces gènes s’étaient bien propagés chez tous les êtres vivants depuis les archéobactéries et qu’ils existaient bien chez l’homme et tous les mammifères, qu’ils étaient silencieux, mais qu’ils se réveillaient en cas de lésions importantes pour permettre la survie de la cellule lésée et aussi sa capacité de s’assurer une descendance.

Finalement, c’est ça le cancer, la capacité qu’ont les cellules (par une remise en fonctionnement réservée aux cellules souches), en cas de lésions, de se donner une postérité en dépit de tous dommages. Elles ne s’éteignent donc pas, elles survivent avec des anomalies et continuent à survivre et à se donner une descendance et se multiplier. Le cancer, c’est donc cela, ça nous vient de la capacité qu’ont eu un jour les archéobactéries, il y a quelques milliards d’années, de faire la même chose, c’est-à-dire de se diviser, de conserver la vie et la capacité de se donner une descendance en dépit des lésions. C’est un travail que j’ai publié dans une grande revue américaine de biologie en 1996, et qui ne semble pas avoir intéressé jusqu’ici la plupart de mes confrères.

Le resvératrol est un anticancéreux puissant

Bien évidemment, on essaye depuis longtemps de produire des quantités de médicaments, de produits et de molécules pour combattre les cancers. Les résultats s’améliorent régulièrement depuis plusieurs decennies mais c’est une maladie qui continue d’apparaître, de se propager et d’augmenter. Le nombre de cancer augmente régulièrement dans l’espèce humaine jusqu’à 83 ou 84 ans, après le cancer diminue... ce qu’on interprète en disant que ceux qui, à 84 ans, n’ont pas encore fait de cancer, c’est qu’ils ont les "bon gènes" ! Jusque là toutefois, le taux de cancer augmente régulièrement et c’est dû à toutes sortes de lésions entrainées par le contact avec différents agents, ceux que nous respirons, ceux que nous ingérons, etc.

Alors que faire contre les cancers ? Le nombre de médicaments a déjà considérablement augmenté mais nous sommes loin d’atteindre les 100% de guérison ! Mais justement le resvératrol est un produit qui a des moyens d’action différents de tous ceux que l’on utilise actuellement... les chimiothérapies, etc. C’est est un anticancéreux puissant. Voilà comment j’en suis devenu convaincu : J’ai lu le tout premier article, sur le resvératrol dans une revue médicale Cancer il y a une quinzaine d’années, et j’avais été intéressé et m’était demandé comment se procurer ce resvératrol... et des amis avaient découvert qu’il y avait au Luxembourg et en Suisse des gens qui étaient déjà au courrant, qui avaient lu ces papiers, qui le fabriquaient et donc que l’on pouvait s’en procurer sur Internet.

Alors j’ai demandé qu’on me trouve du resvératrol et... j’étais à ce moment-là, pendant les vacances d’été, dans ma maison de campagne, et un de mes proches a eu son petit chien qu’il adorait qui a fait un cancer osseux, apellé ostéosarcome. On m’avait demandé de faire une conférence sur la médecine, ses nouveautés, etc... et j’avais donc parlé du resvératrol à cette conférence. Il y était, et il s’est dit "il faut absolument que je trouve du resvératrol et que j’en donne à mon chien". Il lui a donc donné une à deux comprimés par jour pendant quelques temps... et à la stupéfaction de tout le monde et de tous les vétérinaires du coin, le cancer a complètement guéri. Le petit chien a donc guéri de ce cancer osseux qui généralement, même encore aujourd’hui chez l’homme, "ne se laisse pas faire" facilement. Alors j’ai été donc à ce moment là tout a fait convaincu de la vérité de ce que j’avais lu et j’ai commencé à m’intéresser à ce resvératrol... Et aujourd’hui... on m’a mis il y a plusieurs années à la retraite pour des raisons d’âge, j’ai encore une consultation dans un dispensaire à Paris où je reçois des gens d’un petit peu partout parce qu’ils connaissent d’autres personnes que j’ai soigné autrefois, etc. Je leur prescrit toujours du resvératrol en leur disant comment s’en procurer...

Alors il faut souligner que c’est quelque chose que jamais un laboratoire pharmaceutique ne fabriquera parce que c’est une substance naturelle qui n’offre pas d’intérêt (sic) sur le plan commercial... mais il existe toutefois maintenant certains laboratoires spécialisés dans les compléments alimentaires qui en fabriquent et on peut donc s’en procurer en France dans les magasins de produits biologiques et naturels, pharmacies et parapharmacies. Et donc je le prescrit à tous mes patients parce que non seulement cela a des effets curatifs, mais cela a des effets également préventifs. Il faudrait probablement, à partir d’un certain âge en tout cas, que tout le monde prennent du resvératrol, surtout ceux qui ont eu des cancéreux dans leur ascendance, car cela dénote une certaine "fragilité" ou prédisposition génétique probable.

Dans mon expérience personnelle, puisque j’en prends depuis que j’ai découvert tout ça, c’est parfaitement bien toléré, aussi bien chez mes proches, cela ne donne aucun trouble (3 ou 4 comprimés de resvératrol pendant des années), cela protège, entre autre du cancer. Je ne connais pas personnellement les fabriquants de resvératrol, et quand je dits qu’il faut s’en procurer, c’est sans conflit d’intérêt aucun, c’est parce que c’est important de la faire, c’est tout. Où que vous en trouviez (en s’assurant de la qualité), vous en prenez, vous en donnez à vos proches, peut-être pas évidemment aux enfants car ce n’est pas la peine, mais en tout cas aux adultes sûrement, ça protège contre une série de problèmes, mais entre autres le cancer, et en plus, ça soigne le cancer ! Au dispensaire, je leur demande donc à tous de s’en procurer, car c’est véritablement une grande découverte qui a été faite par hasard (j’ai oublié le nom des signataires du premier article dans Cancer mais ce serait utile de les retrouver et de leur rendre hommage...) et je vous suggère donc de vous y mettre !

Effets contradictoires du resvératrol

Malgré tous ces résultats très favorables, l’efficacité et la sécurité du resvératrol n’a toujours pas été scientifiquement et unanimement démontrées chez l’homme. Certaines contre-indications sont déjà connues : un effet sur les plaquettes sanguines qui pourraient augmenter le risque de saignement et l’impact défavorable sur les maladies auto-immunes. L’augmentation de durée de vie de certains animaux traités au resveratrol a été remise en question par plusieurs laboratoires travaillant sur la levure, la drosophile et le nématode. Cependant la recherche continue, et, bien qu’il ne soit pas encore possible de tirer des conclusions définitives quant aux effets du resvératrol sur l’être humain, il semble pourtant montrer bien plus de bénéfices santé que d’inconvénients potentiels...

Références :

  1. S. Renaud, de Lorgeril, « Wine, alcohol, platelets, and the French paradox for coronary heart disease », dans Lancet, vol. 339, no 8808, 1992, p. 1523-6
  2. E. N. Frankel, A. L. Waterhouse and J. E. Kinsella, « Inhibition of human LDL oxidation by resveratrol », dans The Lancet, vol. 341, no 8852, 1993, p. 1103-4
  3. "Resvératrol" - fr.wikipedia.org
  4. "Les aliments biologiques seraient plus sains et meilleurs, selon une étude européenne" - cordis.europa.eu
  5. "Nutrition et prévention des cancers : l’INCa publie un état des lieux des connaissances"
  6. "Résultats de l’étude CANCERALCOOL"
  7. "Le cancer : de quoi s’agit-il ? où en est-on ?"

(D’après les propos recueillis lors de la conférence de presse Vit’all + sur les polyphénols du 18 mai au Musée du Vin à Paris, "Nutritions et Endocrinologie" n°40, "Wikipédia", "Figaro.fr")

Source : Alexandre Glouchkoff

SOURCE : Toute la diététique !

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