Le programme EPODE (Ensemble Prévenons l'Obésité des Enfants) veut prévenir l'obésité de l'enfant dès la grossesse

lu 5206 fois

Le 3ème Congrès National des villes EPODE qui s'est tenu à Béziers les 2 et 3 octobre, a été l'occasion pour le programme EPODE, méthode de prévention appliquée à l'obésité infantile, d'annoncer la mise en place dès 2009 d'actions auprès des femmes enceintes et favoriser une grossesse harmonieuse et un développement précoce de l'enfant lui donnant ainsi toutes ses chances pour préparer son avenir pondéral et métabolique.

Prévenir l’obésité de l’enfant est aussi un des moyens de lutter contre les inégalités de santé

« Le programme EPODE (Ensemble Prévenons l’Obésité des Enfants) veut prévenir l’obésité de l’enfant dès la grossesse » C’est une nouvelle étape qui est franchie avec la prise en compte de la grossesse en particulier en milieu de précarité. Dans les villes concernées, EPODE va mettre sa méthodologie et sa structure au service des femmes enceintes ou désirant un bébé. Les actions concerneront toutes les femmes qui le souhaiteront et seront plus particulièrement dirigées vers les femmes issues de milieux défavorisés.

Au coeur de l’action : la gestion du poids avant et pendant la grossesse, l’incitation à une alimentation équilibrée et adaptée à tous les moments de la grossesse, l’aide à lutter contre les toxiques (alcool tolérance zéro, tabac, drogues...), l’encouragement à l’allaitement maternel et sa poursuite, éviter une diversification alimentaire précoce...

Toutes ces actions vont tenir compte des spécificités culturelles, sociologiques et économiques en lien avec les acteurs locaux impliqués dans EPODE et l’entourage des familles. Plus de la moitié des enfants obèses à l’âge de 6 ans le restera toute leur vie. Les déterminants de l’obésité sont donc très précoces, probablement liés en partie à la nutrition foetale pendant la grossesse.

C’est pourquoi EPODE, après avoir débuté sa méthode dès l’école maternelle, a rapidement mis en place des actions pour la petite enfance : crèches, assistantes maternelles, PMI...

L’obésité est une maladie profondément inégalitaire

La première des inégalités est génétique. La plupart d’entre-nous est porteur des gènes d’épargne qui pendant des millénaires ont permis à nos ancêtres de survivre aux famines en épargnant de l’énergie. Cette capacité d’épargne transmise par nos gènes entraîne en présence d’abondance alimentaire un stockage important de graisses pouvant conduire à l’obésité. C’est ainsi que l’on explique les différences entre « ceux qui grossissent en regardant l’assiette » et « ceux qui peuvent manger n’importe quoi sans prendre un gramme ».

Seconde inégalité, le métabolisme : certains sont des grands « brûleurs » capables de brûler toutes les calories ingérées, d’autres sont de petits « brûleurs » qui vont économiser l’énergie et la stocker dans les cellules graisseuses.

Troisième inégalité et non des moindres face à l’obésité : l’inégalité sociale. Les personnes ayant un niveau d’éducation et de revenus les plus bas ont plus de risque d’être obèses et d’avoir des enfants obèses. Ceci s’explique par des facteurs alimentaires, de sédentarité, culturels, sociologiques, économiques et de mauvaise perception de santé. Les facteurs de risque d’obésité de l’enfant sont présents à toutes les étapes de la grossesse : avant et au moment de la conception, pendant la grossesse, l’allaitement et les premiers mois de vie.

Avant la grossesse, la corpulence de la maman et son alimentation ont une influence directe sur l’avenir pondéral du bébé. C’est en appartenant à la catégorie des femmes d’IMC normal (18,5 à 25) dans les mois qui précèdent la grossesse que l’on a le plus de chances de donner naissance à un nourrisson de poids adéquat (étude EDEN – INSERM IFR 69). Or ce sont les populations défavorisées qui compte le plus de jeunes femmes obèses (INSEE- DRESS).

Pendant la grossesse, la croissance du foetus est conditionnée par l’environnement nutritionnel intra-utérin qui est à l’origine d’anomalies de la croissance foetale (macro ou microsomie) et surtout d’empreintes métaboliques d’expression retardée postnatale. Ces dernières marqueront toute la vie de l’enfant et lui donneront un risque accru à l’age adulte d’obésité, diabète, maladies cardiovasculaires, voir cancers hormono-dépendants.

Tout ceci souligne la nécessité d’un dépistage et d’un suivi réguliers et précoces pendant la grossesse, conditions que ne rencontrent pas les populations les plus défavorisées.

Les aliments ont un rôle fondamental pendant la grossesse. Un apport de folates (vitamine B9) est indispensable à la bonne fermeture du tube neural pour éviter les anomalies neurologiques. Consommations de poissons, huile de colza permettent de rééquilibrer les apports en acides gras Omega 3 qui conditionnent le développement du tissu adipeux du foetus et son risque d’obésité ultérieure. Fruits, légumes et produits végétaux apportent les compléments en micro nutriments indispensables à la croissance.

Une fois de plus, les populations défavorisées sont loin d’avoir les apports optimaux.

L’allaitement maternel diminue les risques de diabète et obésité (-22%), les infections précoces de l’enfant et ceux ultérieurs d’hypertension artérielle. Ce sont les femmes des niveaux socio-économiques les plus faibles qui allaitent le moins et arrêtent le plus prématurément.

D’après l’étude Fleurbaix-Laventie Ville Santé, deux périodes semblent cruciales : les premiers mois de vie, puis après 3 ans et ce, de façon différente pour les filles et les garçons. En revanche, entre 1 et 2 ans, "la vitesse de prise de poids ne montre pas d’association avec la masse grasse ultérieure". Pour les garçons, la vitesse de croissance à 3 mois est liée à la masse grasse ultérieure, mais aussi aux muscles. En revanche chez les filles une croissance rapide à cette période se traduira surtout par une augmentation de la masse grasse. L’implication familiale est associée à une moindre obésité. De 0 à 6 mois, le bébé n’a besoin que de lait, rien que du lait. La diversification ne doit commencer progressivement qu’au 6ème mois.

Un suivi régulier des courbes de corpulence permet de détecter précocement les enfants les plus à risque et donc d’agir sans attendre.

EPODE : Un modèle de prévention qui s’étend et s’exporte

Lancé en janvier 2004 dans 10 villes pilotes françaises, EPODE « Ensemble, Prévenons l’Obésité Des Enfants » est un programme de prévention de l’obésité infantile visant à modifier progressivement et en profondeur les comportements alimentaires et d’activité physique des familles.

C’est à l’échelon local, au coeur même des villes, que des actions transversales sont menées pour mobiliser l’ensemble des acteurs de la ville : collectivités locales, Éducation Nationale, professionnels de santé, professionnels de la petite enfance, commerçants, producteurs, restaurateurs...

Promouvoir une alimentation diversifiée, équilibrée, abordable et plaisante ou encore, inciter à la pratique d’une activité physique régulière sont autant d’actions concrètes menées sur le terrain pour lutter contre la prise de poids excessive des enfants.

Les partenaires privés fondateurs que sont les Assureurs Prévention Santé et Nestlé soutiennent le programme depuis son lancement. La Fondation Internationale Carrefour les a rejoint depuis janvier 2006. Conscientes de l’urgence de se mobiliser concrètement pour limiter l’augmentation de l’obésité infantile, 157 nouvelles villes françaises développent à leur tour le modèle EPODE depuis février 2007 et ce, grâce au soutien du Club des Partenaires EPODE et du Club des Maires EPODE.

SOURCE : EPODE

Publicité : accès à votre contenu dans 15 s
Publicité : accès à votre contenu dans 15 s