Le poids du sommeil

lu 5439 fois

Qui dort peu risque de grossir et qui est trop gros de mal dormir ! Un cercle vicieux qui attire l'attention des chercheurs sur une « conduite à risque » de la société moderne : le manque de sommeil.

« Le poids du sommeil » - Crédits photo : © Edward White - Fotolia.com Trop de calories, pas assez d’exercice, mais peut-être aussi pas assez de sommeil : voici un tout nouveau « responsable », soupçonné de participer à l’épidémie d’obésité. Une trentaine d’études épidémiologiques à travers le monde montrent une relation entre un temps de sommeil court et un indice de masse corporelle (IMC) élevé, a indiqué Karine Spiegel, chercheur à l’Inserm, lors d’une conférence de l’Institut français pour la nutrition.

On vient de découvrir que le manque de sommeil agit sur deux hormones impliquées dans la régulation du comportement alimentaire : il diminue la sécrétion de leptine (qui induit la satiété) et augmente la sécrétion de ghréline (qui stimule l’appétit). Avec comme conséquence une augmentation de la faim et de l’appétence pour la nourriture. Et un penchant pour les aliments riches en gras et en sucre comme les confiseries, les cacahuètes, les biscuits et les gâteaux…, autrement dit, la malbouffe, rappelle Karine Spiegel !

Ainsi, le manque de sommeil rejoindrait l’excès de calories et la sédentarité pour expliquer en partie le développement du surpoids. Les impératifs de la vie professionnelle, familiale, sociale, allongent nos journées et raccourcissent nos nuits. En France, d’après une récente enquête INPES, 45 % des 25-45 ans pensent ne pas dormir assez et 17 % disent accumuler une dette chronique de sommeil. Certains chercheurs observent par ailleurs que les personnes qui ont des problèmes de sommeil ont tendance à diminuer leur activité physique.

Or l’obésité à son tour crée des problèmes respiratoires qui retentissent sur le sommeil, explique un autre chercheur de l’Inserm, le Pr Patrick Lévy. Le syndrome d’apnée du sommeil est d’autant plus fréquent que le poids augmente. Il se caractérise, pendant le sommeil, par de nombreux arrêts de la respiration de plus de 10 secondes ! Aux Etats-Unis, 60 à 70 % des personnes atteintes de ce syndrome sont obèses. L’apnée diminue la qualité du sommeil : elle fatigue et empêche de « récupérer » créant un cercle vicieux.

Face aux exigences de « l’homme pressé », l’hygiène de vie (équilibre alimentaire, exercice physique et sommeil) mérite sans doute d’être préservée si l’on veut limiter les maladies de civilisation comme l’obésité et les maladies cardiovasculaires. Un retour à un certain bon sens ?

Sources et Références

  • « Sommeil et poids font-ils bon ménage ? » Petit-déjeuner scientifique de l’IFN, 2 avril 2008.
  • Patrick Lévy est professeur de physiologie, directeur du laboratoire hypoxie physiopathologie HP2, Inserm ERI 17, directeur du pôle rééducation et physiologie, CHU de Grenoble.
  • Karine Spiegel est docteur en neurosciences, chercheur à l’Inserm / UCBL U628, département de médecine expérimentale, Faculté de médecine, Université Claude Bernard Lyon 1.

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

Publicité : accès à votre contenu dans 15 s
Publicité : accès à votre contenu dans 15 s