Le poids de naissance de bébé dépend de celui de maman... avant grossesse

lu 35240 fois

Ni trop, ni trop peu. Le corps médical a toujours été vigilant quant à la prise de poids des femmes enceintes durant leur grossesse. Au-delà de 10 kg surnuméraires (la fameuse règle des 10 kilos), les médecins craignent un accouchement difficile à cause d'un bébé trop gros (macrosomie foetale). Inversement, lorsque la prise de poids est insuffisante on redoute la naissance d'un bébé chétif. L'étude EDEN, initiée en 2003, menée conjointement par 4 laboratoires de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et deux équipes médicales des maternités de Poitiers et de Nancy, apporte déjà un nouvel éclairage à travers ses résultats préliminaires.

« Zéro alcool pendant la grossesse » Que la future maman prenne 2 kg ou 12 kilos le poids de son bébé varie assez peu ! Ce n’est que lorsqu’elle grossit plus, (+ de 12 kg hors poids du bébé et des annexes soit 15 kg environ au total) que l’impact de ces kilos surnuméraires commence à se manifester sur la corpulence du bébé. En fait, le poids de naissance de bébé est avant tout lié à l’IMC (indice de masse corporelle calculé en divisant le poids par la taille au carré) de la maman, « avant » la grossesse.

Pourquoi ?

  • On peut évoquer un effet génétique mais l’impact de la corpulence de la maman sur le poids du bébé est nettement plus important que celui du papa ; il y a donc bien un effet spécifique de la maman.

  • Une autre piste semble intéressante à explorer : celle du placenta, ce lieu d’échanges nutritionnels entre la femme et son bébé. Le poids du placenta est, comme celui du bébé, corrélé à l’IMC initial de la mère... La poursuite des recherches dans le cadre d’EDEN visera à mieux comprendre comment l’état nutritionnel de la maman influence le développement et le fonctionnement du placenta.

  • Pendant toute la grossesse mais surtout au troisième trimestre, les femmes mobilisent les réserves stockées dans leur tissu graisseux pour soutenir la croissance de leur bébé : les femmes obèses prennent moins de poids pendant leur grossesse (dans l’étude EDEN, 4,5 kg en moyenne sans compter le poids du bébé) que les femmes maigres (10 kg en moyenne) en partie parce qu’elles utilisent leurs réserves pour le bébé.

  • Le surpoids et l’obésité de la mère accroissent le risque de développement d’un diabète gestationnel qui lui-même favorise la prise de poids excessive du bébé. Mais même si l’on tient compte de la présence d’un diabète, les femmes obèses ont 3 fois plus souvent un gros bébé que les femmes de poids normal.

C’est donc en appartenant à la catégorie des femmes d’IMC normal (18,5 à 25) dans les mois qui précèdent la mise en route de bébé que l’on a le plus de chances de donner naissance à un nourrisson de poids adéquat.

Un résultat extrêmement intéressant, qui devrait inciter les femmes et le corps médical à se préoccuper de la santé future de bébé en amont de la conception. Les enquêtes épidémiologiques ne sont guère rassurantes à ce sujet : en moins de 10 ans, le poids des mères a beaucoup augmenté : en 1995, 14% des mères pesaient au moins 70 kg avant leur grossesse, en 2003, elles étaient 21%.

Si le poids de bébé est très nettement corrélé à l’IMC de sa mère en début de grossesse il l’est également (mais dans une moindre mesure !) avec celui de son père !

(Communiqué de presse de l’Inserm du 9 octobre 2007)

Source : Alexandre Glouchkoff, Diététicien - Nutritionniste

SOURCE : Toute la diététique !

Publicité : accès à votre contenu dans 15 s
Publicité : accès à votre contenu dans 15 s