Le plaisir de cuisiner est de retour

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La crise a des effets sur les comportements alimentaires. Après l'engouement pour la cuisine loisir, c'est le souci de faire des économies qui redonne envie de cuisiner. Avec la perspective d'un retour aux « valeurs de base » de l'alimentation, un peu malmenées ou oubliées...

« Le plaisir de cuisiner est de retour » - Crédit photo : © Alexandre Glouchkoff Depuis une quinzaine d’années, les cours et stages de cuisine. Les ouvrages de cuisine facile. Les émissions télévisées se multiplient. En quelques clics, les internautes peuvent accéder aux recettes culinaires du monde entier... Alors que le temps consacré aux repas et à leur préparation a diminué au profit d’activités ludiques ou culturelles, la cuisine comme loisir suscite chez certains une véritable passion. Après le bricolage et le jardinage, la cuisine devient un loisir valorisé, du moins dans les catégories aisées de la population.

Beaucoup de Français souhaiteraient d’ailleurs aujourd’hui qu’on apprenne à cuisiner à l’école. Ce sont souvent les plus âgés, qui constatent la perte du savoir-faire et de la transmission. Tous continuent bien sûr à demander que les jeunes générations apprennent les règles d’hygiène alimentaire, l’alimentation équilibrée, le goût et la diversité des produits. Mais nombreux sont ceux qui voudraient aussi que l’on se préoccupe de la technique elle-même : l’apprentissage de la cuisine !

Pourtant, pour certaines catégories de la population, la cuisine reste une corvée. Les 15-24 ans ont comme objectif d’y consacrer le moins de temps possible. Les plus défavorisés, pour d’autres raisons encore et faute d’éducation spécifique, se sont détournés de l’acte de cuisiner et sacrifient beaucoup au « tout prêt ».

Depuis un an toutefois, la hausse des prix ralentit les achats de produits alimentaires transformés comme les plats préparés, les soupes en boîtes ou les salades en sachets... Les enquêtes du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) révèlent que dans un contexte économique difficile le savoir-faire culinaire est de plus en plus recherché. Pour les foyers les plus modestes, ce serait un moyen efficace de faire des économies. Pour d’autres, ce serait simplement un moyen de mieux manger, d’apprendre à faire de bons choix alimentaires. Parfois aussi, un moyen d’y voir clair et de dissiper l’inquiétude liée aux messages nutritionnels contradictoires diffusés par les médias. Et enfin un moyen d’entretenir la convivialité. Les invitations « chez soi » sont en progression et se répandent dans toutes les classes de la société.

Ainsi se dessine, pour des raisons diverses, un retour au plaisir de cuisiner. La dimension plaisir de l’alimentation, d’ailleurs, tend à redevenir centrale, tandis que la dimension santé est un peu en recul...

(Consommation et modes de vie n° 217 (Crédoc). « Le retour du plaisir de cuisiner », par Pascale Hébel.)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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