Le petit déjeuner en perte de vitesse

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En 2003, 20 % des adolescents (13-19 ans) ne prenaient pas de petit déjeuner tous les jours. Quelques années plus tard, ils sont 40 % ! De leur côté, 14 % des adultes (20 ans et plus) et 13 % des enfants (3-12 ans) sont dans le même cas. Plutôt préoccupant, et en premier lieu pour les jeunes : l’absence de petit déjeuner retentit sur les performances et les capacités intellectuelles en début de journée.

Le nombre de petits déjeuners pris durant la semaine ne cesse de diminuer, révèle une enquête du Crédoc*. Les ados sont les plus nombreux à sauter ce premier repas de la journée. Avec une exception le week-end, où il reste un moment de plaisir que l’on fait durer, un temps de convivialité familiale.

Le petit déjeuner est, après le dîner, le repas que l’on prend le plus souvent en famille. Reste que de plus en plus de Français le prennent seuls. Contraintes de temps, diversité des horaires familiaux, professionnels et scolaires… En 7 ans, le pourcentage des petits déjeuners pris en solitaire n’a cessé d’augmenter. Les enfants concernés étaient 20 % en 2003 et 24 % en 2010. Les adolescents étaient 51 % et sont maintenant 60 %. Les adultes sont passés de 54 % à 59 %. Prendre son petit-déjeuner seul est plus fréquent à Paris et dans les grandes villes que dans les petites communes.

La composition de ce premier repas elle aussi a changé. Moins de petits déjeuners complets, avec moins de fruits, en partie vraisemblablement pour des raisons de coût. Mais plus de diversité de produits et de choix individuels. « Le petit déjeuner s’est enrichi de plus de composantes, indique Pascale Hébel, avec notamment l’ajout d’un produit laitier au petit déjeuner de base classique, tartine et café. Le plus fréquent est aujourd’hui le pain-biscotte et produit laitier, avec ou sans boisson chaude ». Le petit-déjeuner avec boisson chaude est en recul, au profit des sodas ou des jus de fruits…

Chez les adultes, le petit déjeuner a tendance à être plus copieux, avec des produits sucrés, des produits laitiers et des fruits. La consommation de viennoiseries est en baisse, en raison peut-être aussi de leur prix. Il n’empêche : chez les 30-59 ans, le petit déjeuner comptait pour 16 % dans les apports caloriques totaux en 2003. Il représente aujourd’hui 20 % de l’apport énergétique quotidien de ces mêmes adultes.

Les enfants et ados qui prennent un petit déjeuner ont des apports plus caloriques et des goûters plus consistants. S’ils ne prennent pas de petit déjeuner, ils ne compensent pas par des encas, mais mangent plus au déjeuner et au dîner.

Il reste que la diminution du nombre des jeunes qui prennent un petit déjeuner est préoccupante. Elle entraîne une moindre consommation de produits laitiers et de pain. Certains enfants jeûnent depuis le soir jusqu’au lendemain à midi. Ce qui n’est manifestement pas bon pour leur capacité d’attention à l’école et leurs performances scolaires. D’où un dilemme. La suppression de la collation du matin dans les écoles n’arrange peut-être pas le statut nutritionnel de certains enfants. Mais la rétablir ne serait pas forcément bon pour ceux qui prennent régulièrement leur petit déjeuner… Une solution peut-être : relancer la promotion du petit-déjeuner pour tous !

4 raisons de prendre un petit déjeuner même quand on a entre 12 et 34 ans

Les jeunes sont fâchés avec le petit déjeuner : un quart des adolescents et des jeunes adultes (18 à 24 ans) saute 2 petits déjeuners ou plus par semaine ! A chaque fois, ce sont aussi des vitamines et des micronutriments essentiels qui « sautent ». A chaque fois, c’est l’assurance d’une fringale qui risque de conduire à du grignotage. Et pourtant…

Quatre bonnes raisons de se réconcilier :

  • Le petit-déjeuner est le repas le plus économique : Si l’on reste sur les produits de base traditionnels (tartines beurrées, café, verre de lait, fruit frais) le petit déjeuner représente une faible part du budget alimentaire tout en aidant à mieux contrôler son appétit sur la journée. Le petit déjeuner est donc un choix économique judicieux.
  • Le petit déjeuner est un moment de régression qui fait du bien : Il est facile de transformer le petit déjeuner en un moment de « self-cocooning », tellement bon avant d’affronter les turpitudes de la journée. Quelques copeaux de chocolat sur une tartine de beurre, un grand verre frais de lait aromatisé, du lait concentré sucré à même le tube, un croissant trempé dans un bol de chocolat chaud… Renouez avec quelques-uns de vos souvenirs d’enfance, il n’y a rien de meilleur.
  • Le petit déjeuner peut se prendre en moins de 2 minutes : Un mug de café instantané, un yaourt puis une pomme ou une banane croquée sur le chemin du lycée ou de la fac… le petit déjeuner express ne demande aucun effort et surtout pas de temps.
  • Le petit déjeuner peut être un terrain d’expérience pour ceux qui veulent se démarquer : Les graines et les fruits « tendance » qui ont une image « santé » peuvent trouver leur place dans les céréales ou le fromage blanc du matin. Customisez votre muesli du commerce avec des raisins secs, des amandes et des noix. Mélangez des fruits frais, des baies de Goji et des cranberries avec du fromage blanc sucré au miel.

(D'après Hébel P. Crédoc. Consommation et modes de vie n° 259, avril 2013.)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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