Le paradoxe français se trouverait-il dans la cuisine ?

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Les Français boivent plus de vin, mangent plus gras et ont plus de cholestérol que les Américains. Et pourtant, ils font moins de maladies du coeur et sont moins gros... C'est là tout le « paradoxe français ». Pourtant, d'après les travaux du sociologue Claude Fischler (*), le moindre taux d'obésité en France relèverait moins du paradoxe français que de la culture culinaire. Il faut dire que le rapport à l'alimentation diffère considérablement dans les deux pays.

Quelques faits marquant à retenir

Les Français sont plus sensibles au plaisir de manger et à la culture culinaire que les Américains. Ils sont aussi moins anxieux concernant les effets des aliments sur leur santé.

Pour les Américains, « manger » c’est de la nutrition. Une affaire individuelle où chacun est responsable de ses propres choix et doit veiller à ses apports de protéines, glucides, lipides...

Pour les Français, « manger » ce n’est pas que manger. C’est aussi se réunir, prendre le temps de préparer le repas, de s’asseoir, d’apprécier le plaisir d’une alimentation de qualité.

Les portions servies dans les restaurants français sont plus petites que dans les restaurants américains, même pour des enseignes présentes dans les deux pays. Même constat pour les plats préparés ou les portions individuelles. Ou encore pour les quantités d’ingrédients conseillés dans des livres de cuisine français et américains pour une même recette.

Bien que nos repas soient moins copieux que ceux des Américains, nous mangeons plus lentement. Un Français prend en moyenne 22 minutes pour manger chez McDo et un Américain 14 minutes.

Plus de 50 % des Américains se nourrissent de plats préparés, de fast-food et seuls 12 % planifient régulièrement leurs repas pour la semaine.

Lorsque l’on demande de choisir entre un glacier qui propose 50 parfums et un autre qui ne propose que les 10 meilleurs, les Américains optent en priorité pour la quantité et les Français pour la qualité.

Lors d’un repas entre amis au restaurant, plus de la moitié des Américains préfère que chacun paie sa part. Plus de 50 % des Français choisissent de diviser l’addition par le nombre de convives. En d’autres termes, les Américains paient pour ce qu’ils mangent, alors que les Français paient le fait de se rassembler.

(*) Claude Fischler est directeur de recherche au CNRS, co-directeur du centre d’études transdisciplinaires sociologie, anthropologie, histoire (CETSAH)

(L@ Minute Nutrition 2006- n° 264)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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