Le non-sens de compter les calories

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À cette période de l’année, nous pouvons observer une augmentation du nombre de personnes souhaitant maigrir, ceci est souvent dû à une prise de poids au cours des périodes de fêtes. De nombreuses personnes seront tentées par l’approche qui consiste à « manger moins et faire davantage d’exercices ». Voilà ce que nous savons de ces approches d’après la science : les régimes avec contrôle de calories conduisent rarement à une diminution de poids significative et rajouter des exercices d’aérobic à un régime apporte généralement de très minces résultats...

Ces faits semblent défier la logique et le sens commun. Mais comme je l’ai expliqué dans mon nouvel ouvrage "Échapper au piège du régime" ("Escape the Diet Trap"), publié le 6 janvier, il y a plusieurs mécanismes bien intégrés selon lesquels manger moins et pratiquer davantage d’exercices conduit la majorité d’entre nous à un échec dans la perte de poids.

Un point que l’on a démontré, des régimes hypocaloriques, est qu’ils étouffent le métabolisme, d’une manière qui peut être profonde. Dans une étude fondamentale, connue sous le nom d’Expérience du Minnesota (menée peu de temps après la Seconde Guerre mondiale), que je décris dans mon livre, un régime de 1.600 calories par jour, sur une période de 24 semaines, conduit à une diminution de poids de 20 à 26% dans un groupe d’hommes, mais la dépense énergétique totale diminue de presque 40% !

De nombreux hommes sont devenus obsédés par la nourriture car ils étaient très affamés et avaient très peu d’intérêt pour autre chose. Quelques-uns d’entre eux ont présenté des symptômes de faiblesse physique et mentale.

Ce sont les résultats obtenus sur un régime contenant le plus de calories parmi les régimes hypocaloriques. Ce régime était également très riche en hydrate de carbone et pauvre en graisse. Ce sont précisément les professionnels de régime de santé et nos gouvernements qui ont l’habitude de préconiser ce genre de régime pour perdre du poids.

Les régimes hypocaloriques conduisent rarement à une diminution de poids significative. Quand les hommes ont eu la permission de manger sans aucune restriction, ils ont consommé d’énormes quantités de nourriture. Avec le temps, leur façon de manger retournait à la normale, mais leurs niveaux de graisse corporelle étaient, en moyenne, 75% plus élevés qu’au début du régime.

L’Expérience du Minnesota est juste une étude, mais les résultats obtenus reflètent les expériences menées sur un nombre incalculable d’individus :

  • manger moins (lorsqu’on suit un régime) et perdre du poids
  • être affamé et moins résistant
  • atteindre un palier de perte de poids
  • échouer et alors manger presque irrésistiblement
  • reprendre du poids assez rapidement
  • se retrouver plus gros qu’avant la période de régime.

C’est l’échec total des approches hypocaloriques pour perdre du poids qui m’a fait m’opposer à des articles tels que celui du Royaume-Uni NHS Nouvelles sur Internet du 3 janvier : « Beaucoup d’en-cas sains sont riches en calories ».

L’article réveille notre conscience sur le fait que de nombreuses personnes sont inconscientes des calories contenues dans les aliments, incluant l’houmous (un mélange de cornilles ou de pois chiches, de pâte de graines de sésame, d’huile d’olive et de jus de citron).

L’houmous devrait bien sûr être calorique, mais certains pourront argumenter que la qualité de ces calories sont saines. L’ensemble des constituants de ces aliments sont peu transformés.

Ils contiennent un mélange modéré de protéine, de graisse, d’hydrate de carbone. C’est un aliment avec lequel nous pouvons parfaitement nous nourrir.

Pourrait-on dire la même chose pour des aliments comme l’épinard ou le brocoli ? Je n’ai aucune restriction concernant l’houmous, mais cela n’a aucun rapport avec son apport calorique, cela concerne le fait que les haricots et autres légumineuses sont relativement riches en lectines, qui peuvent être toxiques pour le corps.

Juger un aliment par rapport à son seul contenu calorique, c’est le dévoyer. Non seulement les régimes hypocaloriques conduisent rarement à perdre du poids mais cela provoque des pertes nutritives des aliments sains en faveur de la camelote en nutriments appauvris (cela comprend de nombreux aliments transformés vendus pour les régimes).

(Par le Dr. John Briffa, médecin basé à Londres, journaliste en médecine, spécialisé dans la nutrition et la médecine naturelle)

SOURCE : La Grande Epoque

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