Le nombre des allergies alimentaires explose, pourquoi ?

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En matière d’alimentation, tout augmente... même les allergies, dont le nombre aurait doublé en quatre ans. En touchant aujourd’hui 3% des adultes et 8% des moins de quinze ans, les allergies alimentaires sont incontestablement en progression, sans que l’on puisse en expliquer totalement la raison.

« Le nombre des allergies alimentaires explose, pourquoi ? » - Crédit photo : © Andy Lidstone | Fotolia.com Comme dans toute autre forme d’allergie, notre système immunitaire déclenche une réaction de défense disproportionnée face à ce qu’il croit être un agresseur. Les symptômes allergiques - plus ou moins importants et généralisés - peuvent alors être d’ordre digestif (nausées, vomissements, douleurs abdominales...), respiratoire (éternuements, nez qui coule, asthme...) ou dermatologique (démangeaisons, eczéma, gonflements des lèvres...).

Les pieds dans le plat

On a cherché... mais on n’a pas trouvé. Il semble qu’il n’existe pas de données fiables concernant la part des allergies alimentaires au regard de l’ensemble des allergies. Comment expliquer alors un diagnostic de plus en plus fréquent en lien avec les aliments ? Le monde scientifique et médical ne parle pas encore d’une seule voix.

Pour certains, ce diagnostic fréquent provient tout simplement d’une vigilance accrue des professionnels de santé. Si cette vigilance ne peut être niée, l’explication est quand même un peu courte... Selon d’autres, c’est l’exposition précoce des nourrissons à une plus grande variété d’allergènes, voire une sensibilisation du foetus durant la grossesse qui seraient en cause.

Troisième explication, fréquemment avancée : les modifications de la capacité allergisante des aliments pendant leur transformation industrielle. En réalité, Une dernière hypothèse semble revenir furieusement à la mode et met en avant l’abandon progressif de l’allaitement maternel. Sans être l’aliment idéal du nourrisson (il peut aussi contenir certains allergènes) le lait maternel facilite la maturation de la muqueuse intestinale et des anticorps, contribuant au développement de la barrière immunologique.

Pas très « soixante-huitarde », cette ode au sein maternel ; mais une étude menée sur 1 000 nourrissons démontrait déjà en 1990 que l’introduction de plus de 4 aliments avant l’âge de 4 mois multipliait par 3 le risque d’apparition d’un eczéma !

Allergènes : au hit chez les kids

A l’origine des allergies alimentaires chez l’enfant, on trouve le plus souvent les aliments suivants :
  • L’oeuf (34% des causes d’allergies)
  • L’arachide (25%)
  • Le lait (9%)
  • Le poisson (5%)
  • Les noix (3%)
  • Les crustacés (2%)
  • Le blé (2%)
  • Le kiwi (1%)
  • La moutarde (1%)
  • Le soja

Maux croisés

Les allergies croisées correspondent à des manifestations cliniques allergiques dues à des allergènes différents. Le plus souvent, les signes de pollinose (allergie aux pollens) précèdent ceux de l’allergie alimentaire.

Parmi les grands classiques :

  • Les pollens de bouleau, aulne, noisetier avec les pommes, poires, certains fruits rouges comme les fraises ou les framboises et/ou avec les amandes, les noisettes et le kiwi.
  • Le pollen d’armoise avec le céleri et certaines épices.

Les aliments présentant une réaction croisée avec le latex sont l’avocat, la banane, le kiwi et la châtaigne. Pour sortir couverts, consultons la carte.

L’allergie vieillit mal

Fréquente dans la prime enfance (8% des bambins touchés), l'allergie alimentaire tend à régresser pour les enfants d'âge scolaire, l'allergie au lait disparaissant généralement entre 1 et 3 ans et celle aux oeufs dans la moitié des cas avant l'âge de 3 ans.

Particulièrement redoutée du fait de sa gravité, l'allergie aux arachides concerne de O,7% à 1,5% des enfants entre 2 et 4 ans.

Mondialisation, diabolisation

La mondialisation de l’économie constitue un sujet brûlant auquel on pourrait ajouter au moins un autre objet de mécontentement : l’extension impressionnante de la gamme de denrées alimentaires exotiques disponibles toute l’année. Le sésame, à lui seul, représenterait aujourd’hui 4,4% des allergies alimentaires des adultes, contre 0,7% il y a une dizaine d’années...

L’industrie alimentaire fait souvent figure de bouc émissaire. En l’occurrence, la fabrication en énormes séries nécessite de faire appel à des ingrédients nombreux et parfois à des allergènes d’autant plus dangereux qu’ils avancent masqués. Ce sont, soit des ingrédients protéiques (blanc d’oeuf, poudre de lait, caséine, farine de lupin…), soit même des contaminations survenues lors des récoltes, du stockage, du conditionnement.

Ces « allergènes-snipers » qui se cachent derrière un packaging muet sont aujourd’hui rejoints par d’autres aliments, issus de la culture OGM, dont on commence à dire qu’ils pourraient bien être sources d’allergies alimentaires nouvelles. Ceux à qui le principe de précaution ne donne pas de boutons mettront sans doute rapidement les pieds dans le plat...

SOURCE : BIENSÛR Santé

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