Le modèle alimentaire français résiste...

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D'après un constat réalisé à partir de données extraites d'une enquête du CRÉDOC (*), le modèle alimentaire français, fondé sur des repas structurés, pris à des heures régulières, chez soi et en famille, résiste, mais il est peu à peu grignoté. Le processus de simplification des repas, l'apparition plus fréquente du plateau repas, l'utilisation croissante des aliments tout prêts et le développement des repas solitaires n'entraînent cependant pas encore de modifications substantielles.

La concentration des repas :

Le système des trois repas (petit déjeuner, déjeuner et dîner) reste le vecteur principal en matière d'apports énergétiques. Chez les adultes, en 2004, 93% des apports énergétiques quotidiens sont acquis lors de ces trois repas (82% pour les enfants). Ces résultats sont identiques à ceux de 1999 et on n'observe pas d'augmentation de la place du grignotage. La pratique du goûter est largement répandue chez les enfants de moins de 14 ans pour lesquels on compte en moyenne 5,6 goûters pris sur 7 jours.

L'implantation temporelle des repas :

Les individus continuent de respecter des plages horaires fixes. Le petit déjeuner se prend principalement entre 7 h et 9 h, le déjeuner entre midi et 14 h et le dîner entre 19 h et 21 h. Le respect de ces plages horaires est très fort et ne s'affaiblit pas. Les prises alimentaires hors repas semblent elles aussi obéir au principe d'implantation temporelle. Elles se concentrent entre 10h30 et 11 h et surtout entre 16 h et 18 h.

La synchronisation sociale des repas :

Les repas quotidiens s'effectuent le plus souvent avec un même invité, la télévision. Deux ménages sur trois dînent devant elle, et 43 % la convient même à leur déjeuner. Est-ce une des raisons pour lesquelles le temps passé à dîner ou à déjeuner ne varie pas ? En semaine, on dîne en 35 mn (33 mn en 1995), soit le temps du journal télévisé, et le week-end en 42 mn (43 en 1995). La composante principale la plus attractive du dîner est aujourd'hui le contenu de l'assiette : 29 % des personnes interrogées le mettent en avant, soit une progression assez considérable de 10 points depuis 1997.

À l'inverse, si le moment de repos que constitue le dîner est apprécié autant qu'en 1997, par 26% des Français, la commensalité, c'est-àdire le fait de manger avec son conjoint, ses enfants, des parents... subit un recul de 4 points (26 % actuellement contre 30 % en 1997).

La localisation des repas :

En quatre ans, la consommation hors foyer ne s'est pas développée mais les lieux ont fortement évolué. Le nombre de déjeuners pris sur le lieu de travail progresse (37 % des déjeuners hors domicile, contre 25% en 1999), tout comme ceux pris chez des amis (15%, contre 12%), au restaurant (18%, contre 11%) et au fast-food (7%, contre 3%). Les dîners hors domicile sont quant à eux plus souvent pris chez des amis (46%, contre 38%).

(*) Enquête « Comportements et Consommations Alimentaires en France » (CCAF 2004).

(Credoc - Consommation et mode de vie N° 204 - 2007)

Source : Alexandre Glouchkoff, Diététicien - Nutritionniste

SOURCE : Toute la diététique !

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