Le lait, c'est tout bon pour la santé : une vigoureuse mise au point des pédiatres

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Le lait est indispensable au nourrisson, à l'enfant, à l'adolescent, et plus encore… Le comité de nutrition de la Société Française de Pédiatrie réagit avec force contre le « déchaînement médiatique croissant » dont les produits laitiers « sont injustement l'objet ». En rappelant la longue liste des bénéfices du lait, les pédiatres pulvérisent les rumeurs malveillantes, qu'ils jugent dangereuses pour la santé.

Le lait, c’est tout bon pour la santé : une vigoureuse mise au point des pédiatres - Crédits photo : © dip - Fotolia.com « Le lait de vache serait-il dangereux pour la santé des enfants ? » La question à laquelle les pédiatres apportent aujourd’hui une réponse détaillée peut susciter un certain étonnement. Il n’était venu à l’idée de personne de la formuler avant que des campagnes médiatiques insistantes, à base d’arguments folkloriques ou d’assertions scientifiques douteuses, ne viennent semer le trouble dans les esprits.

Résultat : les médecins voient maintenant des familles où l’on remplace le lait du bébé ou du jeune enfant par du jus de châtaigne, d’amande, de riz ou de soja. Tous produits qualifiés de « lait », abusivement et dangereusement. Des cas de rachitisme et de malnutrition sévère sont observés par les pédiatres. Au plus jeune âge, les aberrations des gourous peuvent mettre en péril la santé, et même la vie, des enfants…

Car avant 3 ans, l’alimentation lactée (lait maternel, lait sous forme de préparations adaptées à l’âge) est essentielle. Après 3 ans et pendant toute la croissance, le lait de vache et les produits laitiers sont un élément important de l’alimentation, en raison de leurs apports de calcium.

Exclure le lait de l’alimentation des enfants et des adolescents est dangereux pour la santé osseuse à court et à long terme. A court terme, la minéralisation et la croissance des os est menacée. A long terme, le risque d’ostéoporose et de fractures augmente (en particulier chez les femmes après la ménopause) : la solidité des os s’acquiert avant l’âge adulte, grâce au calcium, aux protéines, à la vitamine D et à l’exercice physique. Le risque de fracture est multiplié par deux chez les femmes de plus de 50 ans qui ont bu moins d’un verre de lait pendant l’enfance !

Le lait et les produits laitiers ont de nombreux autres bénéfices qu’énumèrent les pédiatres. Ils diminuent le risque de surcharge pondérale, à plus forte raison quand ils sont demi-écrémés : intéressant pour les adolescentes qui ne consomment pas de laitages « pour ne pas grossir » ! Chez l’adulte, les produits laitiers diminuent aussi le risque d’hypertension, de syndrome métabolique, de maladie artérielle, d’accident vasculaire cérébral, de cancer du côlon…

Que reste-t-il alors des « dangers » du lait ? L’allergie aux protéines du lait de vache ne concerne que 1 à 2 % des nourrissons et elle guérit généralement avant l’âge de 2 ans. L’intolérance au lactose (le sucre du lait) touche 5 à 10 % des Européens, mais autorise souvent une petite consommation de lait : la prise régulière de petites quantités diminue même l’intolérance. Et il est possible par ailleurs de remplacer le lait par des yaourts ou des fromages affinés, qui sont dépourvus de lactose…

Et les autres risques ? Les risques de diabète liés à l’introduction très précoce du lait de vache, fait l’objet d’études dont les résultats devraient paraître en 2012.

Pour ce qui concerne le cancer de la prostate, certaines études suggèrent que des apports élevés de lait et produits laitiers pourraient en augmenter le risque, mais cela reste à vérifier. En revanche, pour le cancer du sein et du colon, les études suggèrent un effet bénéfique modeste des produits laitiers. Quand aux accusations selon lesquelles le lait pourrait favoriser l’autisme ou la sclérose en plaques, elles ne reposent pas sur l’ombre d’une preuve scientifique !

Les pédiatres s’indignent donc avec raison des rumeurs délétères. Les produits laitiers sont à la fois bons pour la santé et très contrôlés vis-à-vis des contaminants chimiques ou environnementaux. Il n’y a aucune raison valable de les exclure de l’alimentation. Médecins et professionnels de l’enfance doivent maintenant rassurer ceux des parents qui ont été absurdement inquiétés.

(« Le lait de vache serait-il dangereux pour la santé des enfants ? », Comité de nutrition de la société Française de Pédiatrie, Arch pediatr.)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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