Le grand écart entre les prix agricoles et les prix alimentaires : la FNSEA et l'UFC-Que Choisir veulent la vérité

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Alors que l'écart entre les prix agricoles et les prix en rayon ne cesse de se creuser depuis deux décennies, la FNSEA et l'UFC-Que Choisir ont adressé, le 18 février, une lettre commune au ministre des Finances et au ministre de l'Agriculture, tutelles de l'Observatoire des prix et des marges, pour que toute la lumière soit faite sur le processus de formation des prix alimentaires.

« Le grand écart entre les prix agricoles et les prix alimentaires : la FNSEA et l’UFC-Que Choisir veulent la vérité » Depuis les 18 derniers mois, la hausse des prix alimentaires a atteint 5,7 %, apportant à elle seule un point supplémentaire d’inflation et réduisant d’autant le pouvoir d’achat des consommateurs, notamment les plus modestes. Bien que certains attribuent cette hausse à la seule envolée des prix des matières premières agricoles, l’année 2008 devrait dans les faits se traduire par un recul de 15 % du revenu agricole, allant même jusqu’à 30% pour certains éleveurs.

Deux études récentes permettent d’expliquer ce paradoxe. En décembre, le rapport d’Eric Besson sur la formation des prix alimentaires [1] a mis en lumière les marges importantes réalisées notamment au niveau de la distribution pour certains fruits et légumes, ainsi que pour la viande de porc.

Fin janvier, l’UFC-Que Choisir a publié une étude [2] confirmant l’existence d’un écart grandissant sur les 18 dernières années entre les prix agricoles et les prix en rayon des viandes de boeuf, de porc et de volaille. Ces écarts se sont créés principalement à la faveur des crises sanitaires : pendant que le prix de l’animal baissait, la distribution a conservé le niveau des prix en rayon pour maintenir ses profits.

Alors que les prix agricoles sont en chute constante depuis dix mois, la stabilité des prix en rayon laisse présager une répétition de cet effet d’aubaine. C’est pourquoi la FNSEA et l’UFC-Que Choisir ont alerté les ministres de tutelle sur l’impérieuse nécessité que l’Observatoire des prix et des marges :

  • étudie en urgence la construction des prix du lait, des fruits et légumes de saison, du jambon ainsi que des viandes fraîches de boeuf, de porc et de volaille,
  • quantifie et rende publiques les marges nettes réalisées à chaque étape de la filière et pour chaque circuit de commercialisation (grandes surfaces, hard discount, et petits détaillants),
  • assure un rôle d’alerte lorsque les marges progressent de manière inexpliquée.

Pour de plus amples informations, consulter également « Prix alimentaires 1990-2008 : trop de gras dans les viandes ! »

Notes :

  1. Rapport sur la formation des prix alimentaires – Eric BESSON - Secrétaire d’Etat chargé de la prospective de l’évaluation des politiques publiques et du développement de l’économie numérique - Décembre 2008
  2. « Boeuf, porc et volaille : les prix à la consommation se déconnectent des prix agricoles » – UFC-Que Choisir – Janvier 2009.

SOURCE : UFC-Que Choisir

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