Le fromage, c'est la santé !

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Les Français aiment le fromage et ils en mangent... Pourtant, certains médecins ont tendance à le déconseiller dès que leurs patients ont un risque de maladie métabolique ou cardiovasculaire. Erreur, révèlent aujourd'hui les spécialistes réunis par l'Institut Fromages & Santé dans le cadre du MEDEC 2009. Les études montrent que le fromage n'est pas en cause et pourrait même être protecteur. En quantité raisonnable, il a toute sa place dans une alimentation équilibrée.

« Le fromage, c’est la santé ! » - Crédit photo : www.cliclait.com Diabète, excès de cholestérol dans le sang, obésité... L’épidémie de maladies métaboliques menaçant notamment le coeur et les artères inquiète les médecins et conduit certains d’entre eux à exclure le fromage des recommandations nutritionnelles qu’ils font à leurs patients. D’après une enquête récente, beaucoup surestiment d’ailleurs le taux de matière grasse (MG) des fromages : ils attribuent 48 % de MG au camembert et à l’emmental, alors qu’ils n’en contiennent respectivement que 22 et 29 % ! Mais c’est surtout l’idée que le fromage pourrait être mauvais pour le coeur et les vaisseaux qui est singulièrement contestée aujourd’hui. De nombreuses études montrent en effet que la consommation de produits laitiers n’est pas associée à une augmentation du risque cardiovasculaire et pourrait même au contraire être bénéfique indique le Dr Pierre Sabouret (Institut du coeur, Pitié-Salpêtrière).

Deux études récentes, menées chez des sujets qui avaient un taux de cholestérol normal et chez d’autres qui avaient un excès de cholestérol LDL (le « mauvais » cholestérol) montrent que la consommation de deux portions de camembert par jour n’a aucune conséquence défavorable sur les taux de cholestérol et en particulier n’augmente pas les taux de LDL, constate le Pr Jean-Louis Schlienger (Hôpital Hautepierre, Strasbourg). La consommation de fromage ne doit donc pas être interdite, même chez les patients à risque cardiovasculaire : comme pour tout aliment, seul l’excès est préjudiciable !

Une autre « raison de santé » incite à manger du fromage : c’est le premier vecteur de calcium dans l’alimentation des adultes. Nécessaire à la construction et au maintien du capital osseux, la consommation de calcium doit être encouragée, notamment lorsque les besoins sont accrus : chez les adolescents, les femmes après la ménopause, les seniors... Les apports conseillés sont de 900 mg/jour chez les adultes et de 1.200 mg/j chez les 10-19 ans et les seniors (l’équivalent de 3 produits laitiers par jour). Or, la consommation de calcium est globalement insuffisante, rappelle le Dr Laure Esterle (Hôpital St Vincent de Paul, Paris). La moitié des adolescents et des seniors consomme moins des deux tiers des apports recommandés. Comme il suffit de 30 g d’emmental pour apporter 300 mg de calcium, ce n’est pas une bonne idée de diminuer la consommation de fromage. Les enquêtes indiquent en effet qu’elle n’est pas remplacée par celle d’un autre produit laitier : lait, yaourt ou fromage blanc...

Le fromage est aussi une source de nombreux autres nutriments favorables à la santé : des protéines de bonne valeur nutritionnelle, des vitamines (B, A...), et des minéraux (zinc, phosphore, magnésium). Il participe enfin à l’amélioration de l’équilibre alimentaire : les consommateurs de fromage font des repas plus structurés, grignotent moins, consomment moins de produits gras et sucrés.

Au total, le fromage ce n’est pas tout ou rien. Il mérite de continuer à figurer, en quantité raisonnée, dans les habitudes alimentaires des Français, conclut le Dr Guillaume Charpentier (Hôpital Sud francilien, Corbeil). On a donc toujours raison de « garder une place pour le fromage ».

(Conférence de l’Institut Fromages & Santé, Medec 2009. www.institutfromagesetsante.com)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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