Le fast-food fait-il grossir ?

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En vingt ans, aux Etats-Unis, le surpoids a augmenté d'environ 65 % et l'obésité de 31 %. La sédentarité et les mauvaises habitudes alimentaires seraient responsables de 300 000 décès par an. La fréquentation des fast-foods fait partie des facteurs environnementaux évoqués. En effet, elle a pris une part de plus en plus importante dans l'alimentation des Américains qui n'ont pas le temps de cuisiner. Le fast-food est une solution pratique car rapide, économique et proche des lieux de travail et de résidence. Le budget des repas pris hors domicile est passé de 26 % en 1970 à 39 % en 1996. Il devrait représenter 53 % en 2010 !

Trois études publiées récemment ont cherché à mettre en évidence un lien causal entre la fréquentation des fast-foods et l'obésité en utilisant des données de la grande enquête américaine (Continuing Survey of Food Intakes by Individuals [CSFII]) menée auprès de 17 370 personnes entre 1994 et 1996, puis reconduite en 1998. Des adultes et des enfants avaient été interrogés sur leur alimentation, sur deux journées non consécutives. Les données recueillies ont été comparées de façon intra- et interindividuelle, selon qu'ils fréquentaient ou non les fast-foods.

Les résultats confirment que la fréquentation des fast-foods est associée à une alimentation plus riche en énergie, lipides, graisses saturées, sucres et sucres ajoutés et plus pauvre en vitamines (A, C, b-carotène), minéraux, fibres, les sujets consommant entre autres moins de fruits, de légumes, de lait et plus de frites et de sodas sucrés. Aussi bien pour les adultes que pour les enfants, elle semble avoir un effet inverse sur la qualité alimentaire et pourrait augmenter le risque d'obésité.

Chez les enfants et les adolescents (4 à 19 ans), le surplus d'apports énergétiques était en moyenne de 187 kcal/jour pour les adeptes du fast-food par rapport à ceux qui ne l'étaient pas ; et de 126 kcal pour un même individu le jour où il était allé au fast-food ! Par extrapolation, la probabilité pour un enfant de devenir obèse après avoir fréquenté pendant quinze ans les fast-foods plus de deux fois par semaine atteint 86 % !

Quant aux adultes, 26,5 % d'entre eux sont allés au fast-food au moins un des deux jours de l'enquête et 10 % y sont allés les deux jours. Les 20-29 ans y vont quatre fois plus souvent que les plus de 55 ans. Les hommes y consomment 500 kcal de plus que ceux n'y allant pas ! Et avec des apports en micronutriments inférieurs. Bien que la différence soit minime, ces adeptes ont un IMC significativement plus élevé, mais l'étude ne permet pas d'établir un lien direct entre la cause (les fast-foods) et l'effet (prise de poids).

Cette même enquête, conduite entre 1989 et 1991, montrait qu'un adulte sur six fréquentait les fast-foods ; ils sont un sur quatre entre 1994 et 1996. Afin de limiter le fléau de l'obésité, différentes solutions sont suggérées par les auteurs, dont celle d'inciter les Américains à moins recourir au fast-food en les encourageant à cuisiner ; et, s'ils ne peuvent s'y résoudre, diminuer la taille des portions, afficher ou rendre disponible l'information sur la composition nutritionnelle des aliments et boissons distribués afin qu'ils puissent choisir les plats les moins caloriques.

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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