Le fast-food encore loin de l’équilibre alimentaire

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On les a attaquées sur le contenu calorique ou la valeur nutritive de leurs repas, suspectés d’entretenir l’épidémie d’obésité... Cernées de tous côtés, les chaînes de fast-food ont entrepris depuis quelques années de redorer leur image et de se refaire une vertu nutritionnelle. Une association de consommateurs, la Confédération Consommation, Logement et cadre de Vie (CLCV) a enquêté sur les menus proposés aux enfants par quatre des plus grandes chaînes mondiales de fast-food.

Le fast-food encore loin de l’équilibre alimentaire - Crédit photo : © Valentyn Volkov | istockphoto.com Menus plus légers, petites salades, fruits à croquer, yaourts, tomates cerises... Soumis à une forte pression « diététique », les fast-food ont diversifié leur offre, donné des signes de « légèreté » dans leur carte, revu la composition de leurs huiles de friture... Le plateau moyen est-il devenu plus acceptable ? La CLCV a voulu faire le point sur tous ces gages de bonne volonté.

Premier constat : les versions « gourmandes » de ces menus apportent encore trop de calories et de matières grasses. Au déjeuner de midi, les apports caloriques et lipidiques ne devraient pas dépasser un bon tiers (34 à 37 %) de l’apport énergétique global de la journée. Or, pour un garçon de 5 ans, un menu de fast-food peut apporter entre 45 et 53 % de la ration énergétique quotidienne. Et les apports en matières grasses peuvent couvrir entre 47 et 60 % des besoins. Ces taux ne semblent d’ailleurs pas exceptionnels dans la galaxie de la restauration rapide. Consumers International, fédération internationale des associations de consommateurs, a relevé des chiffres identiques dans de nombreux pays.

Les menus proposent donc des choix qui peuvent pousser à la pléthore. Mais mieux encore, les jeunes clients ont souvent tendance à les « enrichir », à les compléter par un sandwich ou un dessert supplémentaire. Ou à choisir des formules pour les plus grands, qui a priori ne leur sont pas destinées. Un sondage mené auprès d’une centaine d’enfants montre que 60 % des 10-12 ans délaissent les formules conçues pour les petits au profit d’autres menus. Et la moitié des jeunes consommateurs disent ne jamais inclure de fruits et de légumes dans leur repas. Seuls 17 %en prendraient systématiquement.

Pour la CLCV, les chaînes devraient donc retravailler leur offre. Revoir les tailles des portions. Proposer des menus plus stratifiés, adaptés aux différentes tranches d’âge. Exclure résolument les formules trop riches. Et supprimer sans hésiter leurs menus « maxi » ou « XL ». Des dénominations qui sont déjà plus qu’un appel à l’obésité : la valeur calorique de certains de ces menus peut atteindre jusqu’à 1.500 Kcal, soit les trois quarts des besoins journaliers d’un adulte !

Pour les amateurs, il devrait être possible de manger équilibré au fast-food. Virtuellement du moins, car une fois sur place la tentation calorique est bien réelle. Il faudrait être averti, bien guidé, décrypter les étiquetages, faire des choix, ne pas être tenté par le plus facile, le paquet de frites et le soda... Or ce n’est ni l’obsession ni la pente naturelle des enfants. Les résultats de l’enquête de la CLCV semblent conforter les conseils des nutritionnistes : le fastfood, si on l’apprécie, peut être fréquenté de temps à autre, avec modération...

Pour de plus amples informations, consulter « Fast-Food et équilibre alimentaire : toujours difficilement compatibles ! »

(CLCV. « Fast-food et nutrition : la mayonnaise a du mal à prendre ». www.lepointsurlatable.fr)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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