Le curcuma : un puissant antioxydant

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Gingembre, coriandre, curcuma, cumin... Telle une valse, les épices ont une place de choix dans le curry indien, mais c’est au curcuma, épice éclatante au goût amer, que revient la palme.

« Le curcuma : un puissant antioxydant » - Crédit photo : Maggy Sanner Le curcuma, appelé aussi safran des Indes, n’est pas seulement utilisé pour sa jolie couleur jaune safran. Il permet aux aliments de conserver leur fraîcheur et leur saveur et il recèle surtout de nombreuses vertus thérapeutiques.

L’utilisation de cette plante remonte à plus de 600 ans av. J.-C. et elle est cultivée en Inde depuis plus de deux mille ans. De nos jours, elle fait l’objet d’une culture intensive en Chine, au Sri Lanka, en Indonésie mais aussi dans la Caraïbe et dans certaines îles du Pacifique.

On cultive le curcuma principalement pour son rhizome, mais il est tout aussi apprécié pour ses grandes feuilles gainantes et son épi coloré. Le rhizome d’un jaune safran est séché et réduit en poudre.

Le jus réputé antiscorbutique, antiseptique, antimicrobien et répulsif pour les insectes, était déjà utilisé par les Assyriens qui s’en servaient pour teindre les tissus ou comme peintures corporelles.

Riche en amidon (45 à 55 %), le curcuma renferme 2 à 6 % d'huile essentielle. Cette huile possède de nombreuses propriétés médicinales et est notamment utilisée pour la protection de la muqueuse de l'estomac et du système hépatique biliaire. Elle augmenterait l'activité du foie et l'excrétion de la bile, favorisant une bonne digestion.

Le curcuma contient plus d’une douzaine de composés phénoliques, appelés curcuminoïdes, qui sont bénéfiques pour la santé. Ils fonctionnent surtout comme de puissants antioxydants.

La curcumine aiderait à prévenir la croissance des tumeurs

Cette épice, qui a fait l’objet de différentes recherches, a permis de découvrir de nombreuses propriétés thérapeutiques pour les maladies cardio-vasculaires, la maladie de Parkinson, les troubles dyspeptiques d'origine hépatique et anti-inflammatoires dans le traitement des rhumatismes. Mais c’est en cas de cancer que le curcuma semble être le plus prometteur.

Des études sur des animaux ont montré que le curcuma ou plutôt la molécule active, la curcumine, semble s’attaquer uniquement aux cellules cancéreuses en les poussant au suicide, (phénomène d’apoptose) et ralentirait ainsi la croissance des tumeurs. Sur la base de différentes expériences menées sur la structure des tissus, des médecins taïwanais ont obtenu des résultats prometteurs sur des patients à haut risque de cancer ou qui étaient susceptibles de développer un cancer.

La curcumine posséderait des qualités potentielles qui inhiberaient la progression de tumeurs du sein et de la prostate.

La supplémentation en curcumine pourrait se révéler être un agent anticancéreux important sachant que sa capacité antioxydante à neutraliser les radicaux libres, en fait la plus importante de ses qualités.

Autres utilisations du curcuma

Le curcuma entre dans la composition de nombreux phytomédicaments utilisés comme cholérétiques et cholagogues. Il intervient dans le processus inflammatoire permettant de réduire de façon significative les dommages au foie ainsi que le blocage du canal biliaire.

La curcumine est d’ailleurs utilisée depuis de longues années en médecine traditionnelle en Inde pour traiter toute une variété de problèmes mineurs tels que des problèmes gastro-intestinaux, des maux de tête, des infections, des rhumes, les rhumatismes grâce à son action anti-inflammatoire, contre l’excès de cholestérol, l’acidité gastrique, la crise de foie, comme régulateur de troubles génitaux féminin.

Dans les affections broncho-pulmonaires, elle serait antiasthmatique, anti-tussive et expectorante. De plus, le curcuma utilisé sous forme de cataplasme, aiderait à soigner le psoriasis, la gale et l’eczéma.

Pathologies ophtalmiques

Le curcuma aurait un effet intéressant sur l’uvéite antérieure chronique qui est une inflammation de la paroi vasculaire de l’œil. D’après une étude sur les rats, la curcumine inhiberait la formation chimiquement induite de la cataracte. Des études complémentaires sont en cours.

Curcuma et poivre, l’association heureuse

La pipérine, contenue dans le poivre augmenterait l’absorption du curcuma de 154 %. Lorsque le poivre est absorbé à hauteur de 20 milligrammes par kilogramme de poids, la bio disponibilité du curcuma augmenterait alors de 200 %.

Si vous désirez cultiver votre propre curcuma, rien n’est plus simple que de planter le rhizome comme un dahlia dans un pot, à rentrer avant les premières gelées. Par contre, cette plante tropicale apprécie particulièrement l’humidité.

(Écrit par Maggy Sanner)

SOURCE : La Grande Epoque

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