Le consommateur face aux allégations nutritionnelles

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Evaluées scientifiquement par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), les allégations nutritionnelles et de santé figurant sur les produits alimentaires sont soumises à l’autorisation de la Commission européenne. Dans le but d’apporter une meilleure garantie aux consommateurs. Mais comment le consommateur lui-même perçoit-il ces allégations ? Plusieurs enquêtes apportent aujourd’hui des réponses.

Ce n’est pas franchement l’enthousiasme, mais plutôt un scepticisme tempéré. Vis-à-vis de ce qu’on appelle l’alimentation fonctionnelle, le consommateur garde une certaine réticence. Il peut l’assimiler à quelque denrée légèrement médicamenteuse et probablement moins savoureuse. Or il n’est pas prêt à sacrifier le goût. Une enquête montre que seulement 10 % des consommateurs sont prêts à accepter moins de goût dans un produit s’il doit leur apporter une meilleure valeur nutritionnelle ou un bénéfice pour la santé.

Certes, un bon niveau de connaissances nutritionnelles peut favoriser l’acceptation d’un produit qui dispose d’une allégation. De même, si le consommateur perçoit un lien avec sa propre santé. Ou encore s’il est confronté dans son environnement proche à une maladie liée à la nutrition.

Entre connaissance et méfiance

Mais tout cela n’est pas automatique. Ceux qui sont bien informés des questions nutritionnelles peuvent aussi bien être méfiants ou réservés envers l’alimentation santé. Un aliment n’est pas un médicament. Et puis, derrière toute allégation, se profile le soupçon d’un « coup » commercial qui peut rendre le consommateur réticent. La défiance envers les campagnes publicitaires et les promotions trop médiatiques est aussi une réalité.

Les allégations les mieux perçues semblent liées aux produits alimentaires qui ont déjà une image positive (par exemple : un produit laitier. Une grande familiarité avec l’ingrédient évoqué (par exemple : les oméga 3) est aussi un élément favorable. La méfiance règne, à l’inverse, face aux associations de substances ou d’ingrédients inhabituels ou qui semblent moins naturels. Enfin le consommateur paraît mieux accepter les allégations qui parlent de propriétés nutritionnelles et de bénéfices santé. Et beaucoup moins les allégations qui évoquent un risque diminué de maladie (par exemple cardiovasculaire).

Une allégation ne fait pas la santé

Reste enfin plusieurs problèmes pour le consommateur. Il faut qu’il puisse comprendre et interpréter correctement les allégations. Qu’il n’ait pas un degré d’attente excessif par rapport à la réalité de l’allégation. Qu’il n’en tire pas un faux sentiment de sécurité, l’autorisant à ne pas faire attention à ce qu’il mange par ailleurs. Un macro ou un micronutriment ne fait pas à lui seul l’équilibre alimentaire. Et le bon fonctionnement de l’organisme ne tient pas à une allégation, mais à toute l’alimentation !

Si l’on commence ainsi tout doucement à essayer de comprendre le point de vue du consommateur vis-à-vis des allégations, on ignore encore presque tout de la perception des groupes « cibles » –intéressés au premier chef - qui ont des besoins spécifiques : femmes enceintes, enfants, personnes âgées, allergiques, végétariennes, etc. Enfin, on ignore encore si les attitudes positives envers les allégations se traduiront automatiquement en intention d’achat…

(D'après Verbeke W. Cah Nutr Diet 2011; 46:283-288. Wills JM, et al. Proc Nutr Soc, en ligne le 5 mars 2012; doi.org/10.1017/S0029665112000043)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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