Le « comportement alimentaire des Français »

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Pour mieux comprendre les attentes des consommateurs et permettre aux professionnels de la restauration hors domicile d'adapter leur offre, Sirest Ideas, à l'occasion de son édition 2008, a commandé au cabinet Gira Sic Conseil une étude qualitative sur le comportement alimentaire des Français. Portraits des gastronomes d'aujourd'hui à la recherche d'un certain équilibre alimentaire...

« La consommation alimentaire des hommes et femmes vivant seuls » - Crédit photo : www.insee.fr Depuis cinq ans, le phénomène se confirme et s’amplifie : la restauration hors domicile connaît une mutation profonde. Modification des rythmes de vie, réduction du temps consacré au repas, féminisation des comportements de consommation et recherche permanente d’un équilibre alimentaire se conjuguent pour engendrer une véritable révolution.

Et ce n’est qu’un début. Car, selon le cabinet Cira Sic Conseil, deux éléments vont littéralement faire exploser le marché dans les années à venir :

  • la multiplication des déjeuners pris hors domicile,
  • la chute de la transmission du savoir-faire culinaire, interrompue au milieu des années 90 : nos contemporains savent de moins en moins cuisiner, et ceux qui conservent ce savoir ont de moins en moins de temps (ou d’envie) pour s’y consacrer.

Une très forte croissance du marché est donc annoncée et les industriels de l’agroalimentaire, comme ceux de la grande distribution, entendent bien avoir leur part du gâteau. La bataille s’annonce rude, comme le souligne ce chiffre : en 2006, 79 % des repas pris hors domicile ont été acquis pour moins de 15 € TTC, boisson comprise. " Un record, dans un pays ancré dans ses traditions culinaires !" soulignent Leslie Doukhan et Bernard Boutboul, les auteurs de l’étude.

L’enquête menée auprès de 635 personnes âgées de 15 ans et plus, a permis de préciser le comportement alimentaire des Français, aussi bien à midi que le soir, et la semaine comme le week-end. En voici les principaux enseignements :

  • Les Français prennent 1 repas sur 7 à l’extérieur, contre 1 sur 6 pour les Espagnols, 1 sur 3 pour les Britanniques et 1 sur 2 pour les Américains.

  • Un tiers des Français actifs déjeunent désormais hors de leur domicile. Ils consacrent entre trente minutes et une heure à ce repas, alors que les américains ne lui accordent que 19 minutes chrono !

  • Quant au temps réservé au repas du soir... Il oscille entre 1h30 et 2hOO pour 73 % des Français, soit 30 mn de moins qu’en 1990.

  • La France est l’un des rares pays en Europe à résister à la "street food" : hors de leur domicile, 88 % des Français préfèrent toujours prendre leurs repas assis, témoignant ainsi de l’importance qu’ils accordent à un certain confort.

  • Pour 58 % des Français, les prix constituent l’obstacle principal à une consommation plus soutenue au restaurant.

  • La restauration traditionnelle, la restauration ethnique et les pizzerias sont les plus fréquentées.

  • Dans la restauration thématique, les cuisines asiatique, italienne et maghrébine sont les plus recherchées.

  • 63 % des Français considèrent avoir pris un petit déjeuner en ne buvant qu’une boisson chaude.

  • Le petit déjeuner est la plupart du temps "avalé" trop vite (63 %) et souvent seul (78 %).

  • La consommation alimentaire hors repas est en plein boum : près de 25 % de la population grignote dans la matinée ou l’après-midi.

En conclusion, cette étude réalisée pour Sirest Ideas propose quatre pistes de réflexion :

  1. Les consommateurs sont confiants, mais sélectifs. Ils ne veulent plus manger pour manger, mais trouver ou retrouver un sens à leur consommation. Ils souhaitent une restauration sécurisée et conviviale plutôt qu’une restauration qui éduque et qui soigne.
  2. "Ce qui est plus cher est meilleur" n’est peut être pas vrai mais possible à justifier auprès des clients. "Ce qui est moins cher est moins bon" peut être faux, mais difficile à modifier dans l’esprit du consommateur.
  3. Le budget alimentaire des ménages est un budget de manœuvre. C’est le premier budget touché lorsque les consommateurs doivent réaliser des arbitrages de dépenses.
  4. Les Français zappent en permanence entre une alimentation "santé positive" et une alimentation "se faire plaisir" selon le temps et les revenus disponibles.

(Solutions équilibre, Sirest Ideas, Avril 2008)

SOURCE : SIREST

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