Le comportement alimentaire des bébés de moins de 3 ans s'améliore, mais des efforts restent à poursuivre dès l'âge critique de 1 an

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D'après le volet « Comportement alimentaire et habitudes des mères » de l'étude SFAE / TNS Sofrès « Consommation alimentaire 2005 des nourrissons et enfants En bas-âge français de 1 à 36 mois », le grand constat est que jusqu'à 1 an tout va bien... les comportements alimentaires s'améliorent : la diversification, de mieux en mieux réalisée, est plus tardive. Mais dès 1 an l'enfant entre dans une période critique : 53% des 13-18 mois mangent déjà comme les adultes !

Contexte de l'étude

L'acquisition d'un comportement et d'un répertoire alimentaire adapté est le fruit des apprentissages durant les premières années de vie, et aussi le fruit d'un climat de bonnes relations entre les parents et l'enfant. C'est pourquoi il est important d'analyser le contexte environnemental de l'alimentation du jeune enfant et le vécu des mères dans leur rôle de « mère nourricière ».

Depuis 1981, tous les 8 ans, le Syndicat Français des Aliments de l'enfance (SFAE) conduit une étude sur le comportement et la consommation alimentaire des nourrissons et des enfants en bas âge de moins de 3 ans.

En 2005, la 4ème édition de cette étude s'est déroulée avec l'ajout d'un groupe d'âge supplémentaire : les 30-36 mois. L'échantillon étudié était constitué de 713 nourrissons et enfants en bas âge de 1 à 36 mois répartis en 11 classes d'âge de 1-3 mois à 31-36 mois d'un effectif moyen de 65 enfants. L'échantillon était représentatif des nourrissons français non allaités.

Les enseignements

Le comportement alimentaire des nourrissons et des enfants français en bas âge s'est amélioré depuis 1997 avec un respect grandissant des conseils des médecins par les mères, tel que le partage des repas en famille et le recul de l'âge du début de la diversification.

Pourtant, les pouvoirs publics et les fabricants doivent continuer à informer les mères sur l'importance d'un passage moins rapide à l'alimentation des « adultes », la réduction de la consommation précoce et excessive de télévision, l'encouragement à la pratique d'activités physiques en famille, la suppression de prises alimentaires entre les repas et la valorisation qualitative des mets présentés à l'enfant.

Le corps médical : source principale de conseils pour la mère en matière d'alimentation infantile

L'étude Sofres montre une perte de confiance des mamans en l'expérience personnelle. Seulement 15 % des mères des 0-36 mois déclarent s'être fiées à leur seule expérience pour nourrir leur enfant depuis sa naissance.

Mais 85 % se déclarent être guidées par au moins une source de conseil : en premier lieu le « corps médical » quel que soit l'âge des mères, et pour 77% d'entre elles.

L'« entourage » (parent, amie,...) est cité par 31% des mères comme l'une des sources de conseil depuis la naissance de leur enfant. Son rôle baisse avec l'âge des mères.

Les médias constituent une source de conseils non négligeable pour 30% des mères. Les 2/3 des mères sont « lectrices au moins occasionnelles » d'ouvrages consacrés à l'éducation, l'alimentation ou au développement des bébés, ou de revues et publications spécialisées dans ces domaines. Les primipares sont plus nombreuses à lire des revues que la moyenne des mères et que les multipares. Le rôle d'Internet est au moment de l'étude négligeable.

Le contexte de l'alimentation

Parmi les 0-36 mois, 1 enfant sur 2 ne mange « jamais » avec ses 2 parents ni avec les autres enfants du foyer :

  • Jusqu'à 4-5 mois, 87 % des nourrissons ne mangent « jamais » avec leurs parents.
  • A partir de 13-18 mois, les repas pris « régulièrement » ensemble sont de plus en plus fréquents pour 64% des enfants ;
  • Dans le groupe des 31-36 mois, ils sont 91%.
Les repas pris avec les autres enfants de la famille suivent le même type de répartition.

Le contenu de l'alimentation

Vers 13-18 mois, les enfants mangent déjà la même chose que leurs parents.

À partir de 19-24 mois :

  • 85% des 19-24 mois,
  • 88% des 25-30 mois,
  • 91% des 31-36 mois
mangent « régulièrement » comme leurs parents.

À partir de 19-24 mois :

  • 61% des 19-24 mois,
  • 75% des 25-30 mois,
  • 78 % des 31-36 mois
mangent « régulièrement » comme les autres enfants du foyer.

Ces données soulignent l'envie des parents de voir le petit grandir très vite, or il est important de ne pas brûler les étapes et de ne pas brusquer le bébé. En effet, les paliers doivent être progressifs et un passage trop rapide à l'alimentation adulte pourrait décourager la curiosité de bébé, voire le bloquer.

De plus, ses besoins sont encore ceux d'un petit... L'alimentation d'un bébé n'est pas seulement une affaire de quantité, de rythme de repas et de composition en glucides, lipides, protides, vitamines,...

Du biberon seul à l'assiette, le chemin est long. C'est pourquoi il existe des aliments spécialement conçus pour répondre aux besoins du jeune enfant, qui lui offrent à la fois un apport nutritionnel en accord avec ses besoins et le plaisir de découvrir de nouveaux goûts progressivement.

Les modes d'alimentation

L'alimentation est structurée autour des 4 repas fondamentaux : petit déjeuner, déjeuner, goûter et dîner mais d'autres occasions de repas cohabitent.

Ainsi, à 31-36 mois :

  • 2% prennent régulièrement et 5% occasionnellement un biberon en première partie de nuit,
  • 2% prennent régulièrement un biberon en deuxième partie de nuit,
  • 57% d'entre eux ont encore une collation dans la matinée
La transition entre biberon et cuiller : la transition du biberon à la cuiller est plus tardive en 2005 que celle observée 8 ans auparavant, en 1997. En moyenne, 1 mois de décalage est observé entre 1997 et 2005, avec une prolongation de l'utilisation du biberon : le début de la diversification alimentaire se produit à 5 mois en moyenne en 2005 et a donc été retardé de 5 semaines en 8 ans.

Une introduction d'aliments « adultes » trop précoce

En éveillant la curiosité gustative de l'enfant, il faut penser à lui laisser le temps de s'habituer aux nouvelles saveurs et consistances ; on ne passe pas du jour au lendemain du lait aux sardines à l'huile ! Il ne faut pas brûler les étapes. Et pourtant...

Frites

La consommation hebdomadaire de frites (1 ou 2 fois par semaine) commence à un an (21%) et concerne 50% des plus de 24 mois. En tenant compte des consommations « occasionnelles », 80% des enfants de plus de 2 ans consomment des frites.

Pizzas, lasagnes

Les plats tels que pizzas et lasagnes sont consommés par 13% des 10-12 mois, et par 84% des 31-36 mois.

Sauces

Les sauces, type ketchup et mayonnaise, sont consommées par 13% des enfants de 13 à 18 mois, et par 74% des 31-36 mois. L'usage est limité à « une fois par semaine » ou « moins souvent ».

Charcuterie

La consommation de charcuterie concerne 34% des 13-18 mois et 81% des 31-36 mois. Il s'agit d'une consommation peu fréquente.

Sodas

Les sodas sont consommés chez les enfants après 1 an. Ils sont ainsi consommés par 12% des 13-18 mois, et 61% des 31-36 mois. Il s'agit néanmoins, pour 1 enfant sur 3 à partir de 2 ans, d'une consommation « occasionnelle ».

Confiseries

Les enfants commencent à manger des confiseries à partir de 10-12 mois (7%). Ils sont 87% à 31-36 mois.

Pâtes à tartiner

Elles ne sont pas consommées avant 1 an (2% des 10-12 mois) et la consommation concerne 18% des 13-18 mois ; 49% des 19-24 mois ; 52% des 25-30 mois et 68% des 31-36 mois. Parmi ces derniers, 40 % des plus de 30 mois en consomment « au moins une fois par semaine ».

Un sentiment de la maman à l'égard de la cuisine mitigé

La moitié des mamans considèrent que cuisiner est un moment agréable mais l'autre moitié n'y éprouvent pas de plaisir : En 2005, 49% des mères déclarent que faire la cuisine est un « moment agréable ». En revanche, 11% des mères déclarent que cela représente une « corvée », et pour 39% c'est une activité « routinière ». Ce sont des proportions en tout point similaires à celles observées sur les 3 éditions précédentes de l'étude.

Activités physiques du jeune enfant : peu de pratique

L'activité physique du bébé de moins de 3 ans est faible :

  • 1 enfant de deux ans sur 2 se déplace en poussette !
  • Seulement 5% des enfants de plus de 1 an pratiquent une activité physique.

L'abandon de la poussette se fait seulement à 25-30 mois (79% des enfants marchent à cet âge). Peu d'enfants participent à des activités physiques de groupes.

Télévision : une consommation précoce et excessive

Près de la moitié des enfants regardent la télévision 1 à 2h par jour ! En effet, la télévision est regardée par 79% des plus de 1 an ; 43% la regardent moins d'1 heure par jour ; 44% la regardent 1 à 2 heures par jour et 10 % plus de 2h.

(Dr Marie-France Le HEUZEY, Pédopsychiatre, Service de Psychopathologie de l'enfant et adolescent Hôpital Robert Debré, Paris - Dossier de presse SFAE "Alimentation des enfants de la naissance à 3 ans : 1997-2005 : quelle évolution ?" du 19/07/2007)

SOURCE : Syndicat Français des Aliments de l'Enfance

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