Le CIRAD au SIA 2008 pour une canne à sucre aux multiples ressources

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La culture de la canne à sucre présente de multiples atouts dans de nombreux domaines qu'ils soient agronomiques, alimentaires énergétiques ou pharmaceutiques. « C'est une plante propre, à forte résistance variétale qui nécessite peu de traitement. Elle est anti-érosive et préserve donc la biodiversité dans les zones tropicales et sub-tropicales » déclare d'emblée Régis Goebel, coordonnateur de la filière canne à sucre au CIRAD (Centre de coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement). Aussi le Cirad a-t-il choisi cette année de promouvoir cette plante extraordinaire au Salon International de l'Agriculture, du 23 février au 2 mars 2008 (Paris - Porte de Versailles, Hall 3 - Allée N - Stand n° 9).

Depuis plus de 30 ans, des équipes du CIRAD se consacrent à la recherche pour faire progresser la performance de cette plante et mettre des outils d'aide à la décision à la disposition des acteurs de la filière. La recherche au Cirad , c'est aussi un dispositif de quarantaine internationale à Montpellier et l'étude du génome de la canne, avec une équipe mondialement reconnue. Enfin, certains chercheurs utilisent les systèmes d'information géographiques et la télédétection spatiale pour mieux piloter cette culture, tandis que d'autres travaillent à la mise en place de bonnes pratiques culturales, qui minimisent l'impact l'environnement et font appel à la connaissance des processus écologiques.

Pour les chercheurs, la canne à sucre encore peu connue du public français, est la plante idéale. Sa résistance aux bioagresseurs due à un long passé de sélection variétale, sa grande capacité adaptative, sa forte production de biomasse assurent la durabilité de sa production. Ce sont des atouts majeurs mais pas les seuls...

Tout un inventaire !

Présente dans plus de cent pays sur quatre continents, la canne à sucre a longtemps été cultivée pour le marché du sucre et du rhum. Depuis quelques années, se sont ouverts bien d'autres débouchés. La production d'agrocarburants n'en est pas le moindre. C'est le Brésil qui fut le pionnier de la filière bioéthanol en ciblant sa production de canne à sucre dès le premier choc pétrolier de 1973. Il produit actuellement 17 milliards de litres de bioéthanol et garde sa place de premier producteur devant les Etats-Unis. D'autres pays, comme l'Inde et la Chine, se lancent sur le défi de l'énergie verte.

La canne en effet est utilisable dans sa totalité ce qui réduit le risque de surpoduction au dépens des cultures alimentaires. Le Cirad travaille actuellement à la valorisation de la plante entière, avec comme objectif d'oeuvrer pour l'obtention d'un carburant dit de deuxième génération.

La canne à sucre fournit traditionnellement l'essentiel du marché mondial en sucre, loin devant la betterave. En France, la canne à sucre est cultivée dans ses départements d'Outre-mer : Guadeloupe, Martinique et La Réunion, premier producteur européen de sucre de canne. Comme l'explique Robert Domaingue, Chef de l'UPR (Unité propre de recherche) Amélioration génétique d'espèces à multiplication végétative au Cirad : « la canne à sucre a structuré les paysages, tissé les liens sociaux, contribué au développement économique dans les DOM, on dit encore : les îles à sucre ».

On s'efforce désormais à « produire mieux », à pérenniser les bonnes pratiques culturales. L'Ong « Sucre éthique» qui prône l'amélioration des conditions des communautés rurales et l'utilisation de pratiques respectueuses de l'environnement dans les pays du sud, sera présente sur le stand du Cirad durant le Salon de l'Agriculture.

Parmi les nombreux usages et produits dérivés du sucre figurent en tête le rhum agricole et industriel, très apprécié des connaisseurs. Depuis 1996, le rhum agricole de la Martinique est devenu une appellation d'origine contrôlée (AOC).

La masse végétale imposante de la canne permet de nombreuses utilisations. La bagasse qui résulte de l'extraction du jus de la canne est un résidu fibreux utilisé notamment comme combustible dans les chaudières pour produire de l'électricité, ou comme fourrage pour les animaux. Elle peut servir à la fabrication de papiers, cartons, matériaux isolants etc.

Le plastique végétal ou bioplastique issu du saccharose de la canne intéresse tout particulièrement les producteurs de sacs et emballages. Grâce à la chimie verte, la canne à sucre révèlera bien d'autres secrets !

Le Cirad au Salon International de l'Agriculture 2008, c'est :

Une exposition découverte, ludique et instructive sur la canne à sucre sur le stand Cirad ( Hall 3, Allée N, Stand N°9). Elle comprendra :
  • Un « espace recherche »

    • un pôle « génétique et variétés » : Pourquoi créer de nouvelles variétés ? Comment créer de nouvelles variétés ?
    • un pôle « bioagresseurs » : Une plante très convoitée. Protéger en préservant la biodiversité.
    • un pôle « environnement » : Une plante respectueuse de l'environnement. L'informatique pour piloter les cultures.
    • un pôle « enjeux » : L'énergie verte, un défi planétaire. La canne, source de carburant.
    • un pôle « marché mondial » : Les deux principales sources de sucre. La canne produit les 3/4 du sucre mondial.

  • Un « espace découverte »

    Présentation de la canne à sucre : histoire, plantes, culture, produits et usages.

  • Un « espace dégustation »

    Un lieu d'accueil et de communication pour les partenaires qui ont souhaité s'associer à cet événement

Un débat sur « l'avenir de la filière canne dans l'outre-mer français » sera également organisé, le mardi 26 février, de 10h à 12h, sans oublier, les fiches techniques et scientifiques sur les recherches du Cirad et la superbe brochure consacrée à la canne à sucre qui seront distribués aux visiteurs.

(Communiqué de presse du CIRAD du 01 février 2008)

SOURCE : CIRAD

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