Le chocolat : mise au point sur quelques idées reçues

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Trop d'a priori ont été énoncés à propos du chocolat, sur ses prétendus effets négatifs sur le foie, le cholestérol ou la digestion. Il était salutaire, avec l'appui des travaux scientifiques les plus récents, de montrer les bienfaits du chocolat sur la santé. Sucré ou salé, avec ou sans vin, noir ou au lait, le chocolat, c'est tout simplement bon... et pas que pour nos papilles : vos idées reçues vont en fondre !

Le chocolat est-il difficile à gigérer ?

« Le chocolat et la gestion de l'équilibre pondéral » KA Elliot [1] a montré que 200 g de chocolat consommés seuls ne restaient en moyenne qu'une heure dans l'estomac, ce qui est bien plus court que le temps de passage gastrique de bien des aliments. Certaines personnes qui ressentent une difficulté à le digérer souffrent peut-être de dyspepsie ou le consomment parfois en excès après un repas déjà copieux, comme lors des fêtes où le chocolat est à l'honneur (Pâques, Noël).

Le chocolat donne-t-il des crises de foie ?

Les physiologistes d'aujourd'hui seraient bien en peine de définir la crise de foie. Elle correspond peut-être à une forme de dyspepsie. Divers travaux n'ont pas montré un impact de la consommation de chocolat sur les fonctions hépatiques, que ce soit chez un sujet sain ou même un malade souffrant d'une hépatite virale.

Le chocolat constipe-t-il ?

Au contraire, certains polyphénols semblent plutôt avoir un effet positif sur la régulation du transit intestinal. De plus, le chocolat noir est riche en fibres (7 g/100 g dans un chocolat à 70 % de cacao) qui contribuent à assurer un bon transit.

Le chocolat donne-t-il la migraine ?

Le chocolat contient de la tyramine et de la phényléthylamine, substances qui peuvent donner des migraines. Mais leurs concentrations sont trop faibles dans le chocolat pour qu'il puisse à lui seul déclencher la survenue d'une crise. Pour la tyramine, il faut consommer d'autres aliments qui en contiennent (camembert, brie, gruyère, saucisses fumées, levure de bière et certains vins).

Le chocolat induit-il des allergies ?

Les fausses allergies liées à l'histamine que contient le chocolat sont rares et le sujet doit consommer au même repas d'autres aliments contenant de l'histamine ou favorisant sa sécrétion : fromages fermentes, choucroute, bière, vins, charcuterie, thon, poisson, crustacés, fraises, etc.

Les vraies allergies au chocolat sont rares. Car si les protéines du cacao brut ont un fort pouvoir antigénique, les procédés de fabrication du chocolat modifient la structure des protéines du cacao. Aussi cette allergie vraie ne concerneraient-elle qu'environ 21 000 personnes en France. Elle ne touche que des sujets souffrant déjà d'autres allergies et doit être confirmée par des tests cutanés et sanguins avant d'être affirmée. Des allergies peuvent se voir aux fruits à coque présents dans certains chocolats fourrés ou susceptibles d'être contaminés oar ces substances dans des ateliers qui les utilisent. Les emballages doivent maintenant informer le consommateur des allergènes qui pourraient être présents dans le produit.

Le chocolat donne-t-il de l'acné ?

Aucun travail n'a montré l'implication de l'alimentation en général et du chocolat en particulier dans l'acné. C'est une maladie sous dépendance hormonale et qui se complique de réactions infectieuses.

Le chocolat donne-t-il des caries ?

La carie nécessite pour apparaître la présence dans la cavité buccale :

  • d'un glucide (sucre ou amidon)
  • d'un flux salivaire faible.
  • de bactéries
  • d'une fragilité génétique de l'émail

Ces éléments, associés à une mauvaise hygiène alimentaire et une ration de fluor insuffisante, sont cariogènes.

L'apparition de la plaque dentaire résulte de l'accumulation de résidus alimentaires et de bactéries (Streptococcus, Lactobacillacae), si l'on n'a pas une hygiène bucco-dentaire régulière (au moins 2 brossages quotidiens avec un dentifrice fluoré). L'alimentation n'est donc pas seule en jeu dans l'étiologie de la carie. Au contraire, certains aliments sont même protecteurs.

La pâte de cacao contient 3 substances qui réduisent le risque de développer des caries [2] :

les polyphénols qui recèlent 6 % de polyhydroxyphénol inhibant le développement des bactéries buccales et empêchant leur fixation sur l'émail dentaire le fluor (0,05 mg/100g) qui renforce la résistance de l'émail les phosphates (et le calcium dans le cas du chocolat au lait) qui tamponnent les acides formés par la fermentation des glucides par les bactéries. Le milieu devenu moins acide inhibe la déminéralisation de l'émail.

De plus, les matières grasses forment un film protecteur sur l'émail et le temps de rétention en bouche du chocolat est faible, ce qui diminue d'autant l'activité des bactéries. Pour autant, la consommation de chocolat n'empêche pas le recours à une bonne hygiène buccale, avec un brossage des dents avec un dentifrice fluoré après chaque repas, qu'il faudra toujours promouvoir, surtout chez l'enfant.

Le chocolat est-il aphrodisiaque ?

Il a cette réputation depuis l'époque précolombienne, mais sa recette comportait alors beaucoup de piments et de poivre qui étaient plus probablement à l'origine de cette vertu...

A ce jour, aucune expérimentation n'a été conduite sur ce thème chez l'homme, même si chez le rat, la phényléthylamine semble avoir un effet stimulant. Toutefois, un aliment qui rend heureux ne prédispose-t-il pas à sexualité épanouie ?

Références :

  1. Elliot K.A - J Canad Assoc of Radiol, 1963, 14, 101.
  2. Eur J of Oral Sci, 2006, 114, 343-348

(Par le Docteur Hervé Robert, médecin nutritionniste)

SOURCE : Syndicat du Chocolat

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