Le bio : quel intérêt nutritionnel et environnemental ?

lu 5229 fois

En 2003, un rapport de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) concluait que la composition nutritionnelle des aliments issus de l’agriculture biologique ne différait pas beaucoup de celle des aliments issus de l’agriculture conventionnelle. Depuis 7 ans, une centaine d’études ont été publiées. Inventaire sur ce sujet souvent (très) polémique...

« Le bio : quel intérêt nutritionnel et environnemental ? » - Crédit photo : © Pippa Hynelin En effet, la « valeur » du bio est un sujet sensible qui fait toujours débat. La communauté scientifique est généralement plus circonspecte.

Le risque de contaminations chimiques, microbiennes et parasitaires existe pour tous les aliments de plein air, biologiques ou non. La différence peut venir des procédés de culture ou d’élevage. Toutefois, le nombre des analyses portant sur les aliments issus de l’AB est très faible par rapport au très grand nombre de mesures effectuées sur les produits de l’agriculture conventionnelle.

Pour les pesticides (interdits en AB), le taux de dépassement des limites maximales de résidus est plus faible pour les produits bio (1,24 % contre 4 %), observe le Professeur de toxicologie Jean-François Narbonne (Université Bordeaux I). Ce qui montre que les taux de résidus de pesticides dans les aliments non bio sont de 96 % inférieurs aux limites acceptables, elles-mêmes fixées avec une très grande marge de sécurité ! Certains légumes de l’agriculture conventionnelle peuvent aussi être plus riches en nitrates. Mais la toxicité des nitrates a par ailleurs été remise en cause, souligne le Professeur Léon Guéguen (INRA).

Enfin on n’observe pas de différences entre bio et non bio pour ce qui est des mycotoxines (sécrétées par les moisissures) et des concentrations en métaux lourds (dont le risque de contamination est limité). Conclusion du Professeur Narbonne : l’exposition à certaines substances peut être diminuée par le bio, mais son intérêt concerne surtout l’environnement.

Sur le plan nutritionnel, les teneurs en glucides, minéraux et oligoéléments sont sensiblement comparables pour les deux types d’agriculture.

Certains légumes bio seraient plus riches en magnésium, ce qui n’a pas été confirmé, observe le Professeur Guéguen. On a peu de données sur les vitamines, sauf une tendance favorable au bio pour la vitamine C et les antioxydants dans les fruits et légumes. Mais les végétaux bio ont aussi une teneur plus faible en caroténoïdes.

Les céréales AB sont plus pauvres en protéines. Les produits AB d’origine animale sont souvent plus riches en certains acides gras polyinsaturés, du fait de l’environnement herbeux et du parcours en plein air : des conditions réalisables aussi en agriculture conventionnelle. Quelques études montrent une teneur globale en lipides diminuée chez des poulets AB, mais les différences semblent dues surtout à l’âge des animaux.

Au total, pour le Professeur Guéguen, les différences observées entre aliments agriculture biologique (AB) et agriculture conventionnelle (AC) restent faibles et n’ont aucune répercussion significative sur la nutrition et la santé.

(Cahiers de Nutrition et de Diététique, volume 45, n°3, p. 130-143. - La Revue de Nutrition Pratique, n° 24, p. 87-93)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

Publicité : accès à votre contenu dans 15 s
Publicité : accès à votre contenu dans 15 s