Le bien-être des Français, notion peu prise en compte par la société ?

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C'est ce qu'il ressort d'un sondage Viavoice / Groupe Dukan réalisé en ligne auprès d’un échantillon représentatif de la population française de 1007 personnes en janvier 2014, indiquant qu'à peine 1 Français sur 2 (48 %) considère prendre suffisamment en compte son propre bien-être. Pire, ils sont près de 3 sur 4 (74 %) à penser que la société dans son ensemble ne s’intéresse pas assez au bien-être.

Les Français ont des attentes fortes dans la prise en compte par la société de leur bien-être et ne sont que 48 % à s’en occuper suffisamment eux-mêmes. Parmi ces « bienheureux », les 18-24 ans (56 %) et les séniors (55 %) sont surreprésentés, car moins freinés par des obligations professionnelles et familiales, ainsi que par des contraintes financières pour les 65 ans et + (les séniors ayant des revenus supérieurs à la moyenne des Français).

A l’exception des professionnels de santé que 49 % des déclarants jugent suffisamment attentifs à la question, on constate d’ailleurs que plus l’acteur joue un rôle de société important, moins les Français le perçoivent à l’écoute de leur bien-être. Ainsi, les politiques pour 85 % des personnes interrogées, les grandes entreprises pour 75 %, les media pour 69 % et les services publics pour 72 % n’ont pas suffisamment le bien-être en ligne de mire.

Cette enquête n’a pas cherché à définir ce qu’est le bien-être (état agréable du corps, de l’esprit - selon la définition du Larousse) qui est, par essence, une notion toute relative. Il s’agit plutôt de déceler ce qui, dans notre quotidien, peut favoriser ou freiner le sentiment de bien-être ressenti par les individus.

Les composantes du bien-être pour ceux qui le prennent en main…

Si l’on interroge les Français qui disent s’occuper suffisamment de leur bien-être sur la raison de cette réponse positive, deux notions ressortent fortement.

57 % de ces satisfaits déclarent prendre soin d’eux, de leur corps, de leur santé. Pour eux, qu’il s’agisse de massages, d’un bon suivi médical, d’une activité sportive ou d’une alimentation saine, être bien, c’est être bien dans son corps, bien dans ses baskets.

Mais le bien-être ne se limite pourtant pas à cette approche physique. 38 % des répondants prenant suffisamment en compte leur bien-être attribuent cet état favorable au temps dont ils disposent : temps libre, temps passé avec ses proches ou sa famille, temps pour les loisirs… bref, essentiellement du temps qui n’est pas consacré au travail. L’optimisme (26 %) ou encore l’épicurisme (16 %) sont également des facteurs essentiels pour cette petite moitié de Français qui porte un regard bienveillant sur son rapport au bien-être.

Enfin, seulement 15 % attribuent cet état de grâce à un confort matériel.

…et pour ceux qui le négligent

Qu’en est-il de cette autre moitié de Français qui soutient ne pas s’occuper suffisamment de son bien-être ? Pour 45 % d’entre eux, le problème vient du fait qu’ils ne sont pas au centre de leur attention. Famille, proches prennent trop de place et « soi » s’efface, ce qui nuit au bien-être individuel.

Si l’on ajoute que 36 % de ces mêmes oubliés du bien-être personnel l’expliquent par un manque de temps et/ou un temps consacré au travail trop important, on observe une tendance : celle de ne pas se placer soi-même au premier plan de sa vie quotidienne.

Viennent ensuite le manque de moyens matériels et financiers (23 %), puis seulement l’état physique (14 %) et enfin l’état psychologique, avec son pessimisme et son anxiété (8 %).

Les bases du bien être

Indépendamment de leur petite personne, les Français ont aussi été interrogés sur les éléments qui à leur sens participent le plus au bien-être en général, puis sur ceux qui constituent les principaux freins au bien-être.

Pour 46 % des répondants, la famille est un élément fondamental du bien-être, suivi des relations avec les proches et de l’amour (32 % chacun), ce qui fait des relations humaines le principal critère de bien-être. Les loisirs et vacances suivent de près avec 28 %, puis vient l’habitat pour 26 %, soit toujours plus d’1 Français sur 4. Moins d’1 Français sur 5 place l’argent parmi les constituantes du bien-être (19 %).

En revanche, l’argent et le travail sont les principaux freins au bonheur, pour 43 % et 30 % des personnes interrogées. Non qu’ils ne soient pas créateurs de bien-être, mais plutôt parce qu’ils sont entendus comme « acquis », comme un contrat de base qu’il est normal de détenir. Lorsqu’ils sont absents, que ce contrat de base vacille, le bien-être est compromis. On observe aussi que la religion et les croyances sont le 3ème frein au bien-être cité par les répondants, pour 20 % d’entre eux.

Enfin, on retient que l’apparence physique semble s’inscrire dans ce même contrat de base, puisqu’elle n’est un contributeur au bien-être que pour 6 % des Français mais qu’elle représente un frein au bien-être pour 19 % d’entre eux (4ème frein, par ordre de représentation).

« Bien dans son corps » : bien-être physique et influences sociales

Comme le souligne Georges Vigarello, historien et sociologue, la démocratie s’enracinant dans nos sociétés « a amené les sujets à exister de plus en plus sur le mode de la décision individuelle. En disposant d’une part croissante d’autonomie, chacun peut s’interroger plus finement sur ce qu’il est et ce qu’il a envie de faire. De façon générale, plus une société va dans le sens d’une conquête individuelle, plus elle donne de place au plaisir, au désir et donc à tout ce qui touche à la sphère corporelle ».

C’est pourtant dans la composante purement physique du bien-être que l’on observe un phénomène intéressant de disparité entre les attentes individuelles et les exigences sociales. Interrogés sur les éléments participant au bien-être les plus importants à leurs yeux, les répondants font ressortir un top 3 sans appel : « me sentir en bonne santé » (56 %), « être détendu, pas stressé » (54 %) et « me sentir bien dans mon corps » (46 %). Les autres items proposés n’enregistrant pas plus de 11 % de réponses.

A l’inverse, face aux mêmes propositions mais concernant cette fois les composantes du bien-être les plus prises en compte dans la société actuelle, le top 3 s’inverse en faveur des 3 items délaissés dans la question précédente : « être élégant, conserver une capacité de séduction » (41 %), « se sentir jeune » (26 %) et « pratiquer une activité physique » (25 %).

Ces deux questions soulignent l’écart entre ce que les répondants souhaitent pour eux-mêmes et ce qu’ils sentent que la société attend d’eux, conférant ainsi une double dimension à la notion de bien-être. Or, les deux dimensions, individuelle et sociale, vont bien entendu de pair puisque la reconnaissance de soi par la société est un facteur primordial du bien-être. Conscients du diktat des apparences, du jeunisme et de l’hyper valorisation du corps qui prévalent dans la société, les Français déclarent pour eux-mêmes des souhaits inversement proportionnels à ce qui est attendu par les autres.

A la fois désireux de maîtriser leur apparence, leur corps, et influencés par un regard social exigeant, 53 % des Français, dans leur quête du bien-être, déclarent vouloir perdre du poids. Sans surprise, les femmes sont surreprésentées sur cette question (57 %) même si elles souhaitent en moyenne perdre moins de poids que les hommes (respectivement 11 kg et 12 kg). Si parmi ces Français qui souhaitent perdre du poids 20 % d’entre eux attendent une grosse perte pondérale (plus de 20 kg), les pertes souhaitées sont essentiellement corrélées à un surpoids et oscillent entre 5 et 14 kg. La perte de poids est donc un enjeu assez majoritairement partagé ; reste que, si la motivation et la conviction d’avoir à perdre du poids existent bien, les efforts nécessaires pour atteindre ce but restent de vrais freins.

SOURCE : Public Voice

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