La vitamine D et le calcium réduisent l'incidence du cancer

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Depuis 60 ans, des études d'observation ont montré une relation inverse entre l'exposition solaire et la mortalité pour de nombreux types de cancers. Ceci semble dû à la vitamine D dont l'effet positif sur l'incidence des cancers colorectaux et de la prostate est maintenant bien établi. Des associations du même ordre ont été observées pour le calcium. Cependant les études d'intervention sont peu nombreuses.

« La vitamine D et le calcium réduisent l’incidence du cancer » - Crédits photo : www.abcnews.com Cette étude randomisée en double aveugle, très bien conduite, a comparé pendant quatre ans l’incidence de cancer toutes causes confondues dans une population de 1 179 femmes récemment ménopausées, divisée en trois groupes : un groupe recevant 1 400 ou 1 500 mg de calcium par jour, un autre recevant la même dose de calcium et 1 100 UI de vitamine D3, le troisième groupe recevant un placebo.

A l’issue de l’étude, l’incidence des cancers était plus faible dans les deux groupes traités. Les auteurs ont refait l’analyse en prenant en compte uniquement les cancers survenus au moins un an après le début de l’étude. Cette nouvelle analyse ne modifie pas les résultats dans le groupe calcium seul, alors que l’incidence de cancer est diminuée de manière importante dans le groupe calcium et vitamine D (RR=0,232 P<0,005).

Cette étude d’intervention est la première qui a permis d’obtenir à un an un taux de 25 hydroxyvitamine D [25(OH)D] supérieur à 80 nmol/L (96 nmol/L) et de dégager un effet sur l’incidence de différents types de cancers. Les auteurs ont pu extrapoler de leurs résultats que chaque augmentation de 25 nmol/L de 25(OH)D est associée à une diminution du risque de cancer de 35%.

Les mécanismes d’action du calcium, non encore clairement définis, semblent être liés au statut en vitamine D. Le mécanisme d’action de la vitamine D passe par la régulation de l’expression génique, impliquée dans la régulation de nombreux gènes intervenant dans la régulation de la prolifération, de la différenciation et de l’apoptose cellulaires.

Cet effet semble lié à la concentration en 25(OH)D : d’où l’importance de supplémenter les femmes ménopausées en vitamine D afin d’obtenir un taux sérique de 25(OH)D d’au moins 80 nmol/L. La vitamine D semble donc avoir des effets bénéfiques extra-osseux dont la liste ne cesse de s’allonger.

Sources et références :

  • Vitamin D and calcium supplementation reduces cancer risk : results of a randomized trial. Lappe J.M. et al. Am J Clin Nutr 2007; 85: 1586-91.

(Objectif Nutrition n°86 - Décembre 2007)

SOURCE : Institut Danone

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