La tradition des 3 repas par jour perdure en France !

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Le mode de vie occidental a considérablement évolué et les habitudes alimentaires n’ont pas échappé aux changements survenus ces dernières décennies. La tradition des trois repas quotidiens, est un héritage du modèle bourgeois français du XIXème siècle. Cette coutume a gagné au fil du temps, toutes les couches de la société pour s’imposer comme une véritable norme. Est-elle encore en vigueur en France ou bien ce type de repères laisse-t-il la place à une prise alimentaire déstructurée avec une montée en puissance du snacking ?

C’est la question que se sont posés les auteurs de cette étude de cohorte en socio-épidémiologie, menée sur un échantillon représentatif de 3 006 adultes habitant Paris et sa banlieue. Ils ont ainsi procédé à une analyse transversale de données, de la vague de 2010, issues de la cohorte parisienne SIRS Study portant sur les habitudes alimentaires. Sur le plan méthodologique, la collecte des informations était réalisée au moyen d’entretiens en face à face.

Le modèle alimentaire dit «traditionnel» repose sur la représentation de repas, il est structuré en plusieurs plats, qui rythment la journée. Il a été mis en évidence que la pratique des trois repas par jour persiste face au changement.

En effet, les deux tiers (65,9%) des participants ont déclaré faire trois repas par jour, pris essentiellement à 7-8h, 12-13h et 19-20h, contre 23,6% seulement deux. Cette habitude est davantage respectée par les femmes, puisque 70% d’entre elles suivent ce modèle contre 60,7% des hommes. De plus, ils constatent que cette tradition augmente avec l’âge puisque 55% des 18-29 ans déclarent manger trois repas par jour contre 77% des participants de 60 ans et plus. Une place importante est également accordée à la convivialité du repas du soir. Cette habitude reflète par ailleurs une certaine acculturation pour les étrangers vivant en France. Il convient cependant de noter que le qualificatif de « repas » appliqué au petit déjeuner français, n’est pas forcément pertinent pour d’autres cultures.

Malgré, cette persistance du modèle alimentaire, il faut garder à l’esprit que la vulnérabilité tant économique (personne vivant au dessous du seuil de pauvreté) que sociale (étrangers) ou familiale peut modifier le nombre de repas pris quotidiennement. Ils constatent, en effet, que la structure familiale a son importance, puisque les couples seuls ou avec enfants préservent davantage cette tradition de 3 repas par rapport aux familles monoparentales ou aux célibataires (70% contre 60% respectivement).

En conclusion pour les auteurs, cette étude, avec des limitations liées à son recrutement urbain, tend à montrer que les repas déstructurés, supposés notamment concerner la population jeune sans contraintes familiales s’avèrent plus subis que réellement choisis, notamment pour les femmes.

(Lhuissier A, Tichit C, Caillavet F, Cardon P, Masullo A, Martin-Fernandez J, Parizot I, Chauvin P. Who still eats three meals a day? Findings from a quantitative survey in the Paris area. Appetite. 2013 Apr;63:59-69.)

SOURCE : CEDUS

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