La surconsommation de sucre reliée au vieillissement

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Nous savions que la réduction de l'apport en calories, du fait par exemple de la réduction de la quantité de sucre ingéré, pouvait prolonger la durée de vie. Selon une nouvelle étude menée par des chercheurs de l'Université de Montréal, dont les résultats sont publiés dans la revue PLoS Genetics, c'est la capacité des cellules à détecter la présence du sucre qui intervient dans ce phénomène plutôt que son utilisation.

La surconsommation de sucre reliée au vieillissement - Crédit photo : www.lhotellerie-restauration.fr Le vieillissement est un phénomène complexe dont les mécanismes ne sont pas tous expliqués. Les chercheurs savent toutefois qu’il existe une relation directe entre le vieillissement et l’apport en calories. Chez les souris par exemple, une réduction de 50 % de la quantité de calories absorbées dans un régime normal peut se traduire par une augmentation de quarante pour cent de la durée de vie. D’où vient cet effet?

Au cours de l’étude mentionnée précédemment et publiée dans PLoS Genetics, le professeur de biochimie Luis Rokeach et l’étudiant Antoine Roux ont fait une découverte étonnante : les cellules de levure desquelles on a retiré le gène d’un détecteur du sucre glucose vivent aussi longtemps que celles ayant un régime faible en glucose. En d’autres termes, la durée de vie de la cellule ne dépend pas de son alimentation, mais plutôt de la détection de la nourriture dont elle dispose. On croit en général que le vieillissement découle de la transformation du sucre en énergie. L’étude de Rokeach et Roux propose une nouvelle explication.De gauche à droite : Antoine Roux, Pascal Chartrand, Gerardo Ferbeyre et Luis Rokeach

L’apport en calories fait intervenir deux phénomènes évidents : le goût et la digestion. Lorsque les nutriments parviennent aux cellules, un processus analogue se reproduit. Il y a d’abord des senseurs à la surface des cellules qui détectent la présence de glucose. Ensuite, le glucose entre dans les cellules pour être transformé en énergie.

Pour comprendre le vieillissement, Rokeach et Roux, en collaboration avec les professeurs de biochimie Pascal Chartrand et Gerardo Ferbeyre de l’Université de Montréal, se sont servis d’une levure comme modèle d’étude. En plus d’être faciles à étudier, les cellules de levure ont des fonctions de base très similaires à celles des cellules humaines et elles vieillissent selon des processus semblables.

L’équipe de recherche a constaté que la durée de vie des cellules de levure augmentait si on réduisait la présence de glucose dans leur régime. Les chercheurs se sont alors demandé si cette augmentation dépendait de la réduction de la capacité de la cellule à produire de l’énergie ou à la diminution des stimuli via les senseurs du glucose.

Les chercheurs ont découvert que les cellules incapables de consommer le glucose comme source d’énergie demeuraient sensibles aux effets pro-vieillissement du glucose à travers sa détection seulement. D’autre part, la suppression du senseur mesurant les niveaux de glucose augmentait sensiblement la durée de vie.

« Cette étude permet de lever un voile sur les relations entre les maladies associées au vieillissement et la surconsommation de sucre dans les régimes contemporains. Notre recherche ouvre la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques pour combattre les maladies reliées au vieillissement, a déclaré le professeur Rokeach. »

Pour de plus amples informations, consulter l’article publié sur PLoS Genetics.

(Par Sylvain-Jacques Desjardins - Université de Montréal - Communiqué du 05 mars 2009)

Source : Université de Montréal (@UdeM)

SOURCE : Université de Montréal

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