La stabilité pondérale versus l'effet « yoyo », la garantie santé des femmes

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Les régimes « miracles » qui éliminent certains groupes d'aliments doivent être évités, car ils privent souvent la « patiente » de nutriments importants et/ou ne peuvent pas être supportés pendant des périodes prolongées. Cette forme d'alimentation s'avère dangereuse pour la santé physique et mentale à long terme [1].

La stabilité pondérale versus l’effet « yoyo », la garantie santé des femmes - Crédits photo : bp2.blogger.com L’impérialisme de la minceur conduit trop souvent à des restrictions abusives. Ces périodes généralement suivies de fringales incontrôlées conduisent à une reprise de poids. Le risque d’un dérèglement alimentaire est sérieux car il peut entraîner chez certaines une baisse de la fécondité en perturbant la régulation du cycle menstruel. Pour que les ovaires fonctionnent normalement, les apports caloriques doivent être suffisants [2], mais toujours sans excès, car c’est toujours très difficile de perdre des kilos.

Se dépenser, en faisant du sport mais aussi dans les activités les plus courantes, permet de lutter contre le surpoids et l’obésité. Le tour de taille moyen des Françaises a pris 4,5 cm en 9 ans. Pour garantir la stabilité pondérale, indicateur d’un bon état de santé, il est recommandé d’avoir une activité physique régulière et une alimentation structurée et variée.

Exemples de dépenses énergétiques [3] :

  • Courir : 350 Cal
  • Monter les escaliers : 300 Cal
  • Passer la tondeuse : 160 Cal
  • Marcher : 140 Cal
  • Passer l’aspirateur : 100 Cal
  • Faire son lit : 70 Cal

Pourquoi l’alimentation des femmes est-elle spécifique pour des raisons génétiques ?

« Il existe, au niveau biologique, d’importantes différences dans l’expression de certains gènes entre l’homme et la femme. Les systèmes impliqués par ces différences varient d’un tissu à l’autre et au cours de la vie. Certains nés impliqués dans le métabolisme des aliments, des médicaments et des hormones sont particulièrement touchés.

La femme présente d’importantes fluctuations de ses besoins en fonction des différentes périodes de sa vie, de la grossesse et de la lactation en particulier et de son état physiopathologique. Les déficiences (ou certains excès) en certaines vitamines, en fer, en calcium, ou en zinc, entre autres, peuvent avoir un impact important sur le développement du f½tus et du nourrisson.

Les femmes doivent donc être attentives à la qualité nutritionnelle de leur alimentation : si les besoins énergétiques des femmes sont moins importants que ceux des hommes elles doivent atteindre l’équilibre nutritionnel dans une moindre quantité d’aliments. Elles ne doivent en aucun cas primer une catégorie d’aliments ou/et à l’inverse en privilégier une de manière excessive. Toutes sont essentielles à leur physiologie. »

Pr Claudine Junien, experte en génétique, pharmacienne et docteur es Sciences,
elle est directeur de l’unité de recherche INSERM U383 « Génétique, Chromosome et Cancer » à l’hôpital Necker-Enfants Malades (Paris).
Elle a reçu le prix de la Ligue Nationale Contre le Cancer en 1992

Sources et références :

  1. Glenny, A., et al., A systematic review of the interventions for the treatment of obesity, and the maintenance of weight loss. International Journal of Obesity and Related Disorders, 1997. 21:p. 715-737.
  2. Pr. J.Bringer - Centre Hospitalier Universitaire, Montpelier.
  3. Calculées pour une demi-heure et une personne pesant 70 kg, Alimentation et Précarité, édité par le CERIN, janvier 1999.

SOURCE : Observatoire du Pain

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