La santé cardiovasculaire, un enjeu majeur pour demain

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Alors que le rôle et l'importance de l'alimentation et de l'hygiène de vie sont unanimement reconnus, les maladies cardiovasculaires sont malheureusement encore aujourd'hui responsables de très nombreux décès. Il faut donc poursuivre le travail de prévention et il est nécessaire pour cela de continuer à sensibiliser et mobiliser les consommateurs sur l'importance de la santé du coeur afin de mener à bien cet enjeu majeur de santé publique.

« La santé du coeur, plus que jamais, un enjeu pour demain » - Crédit photo : www.msa-mayenne-orne-sarthe.fr Unilever est depuis longtemps fortement investi dans ce travail de prévention des maladies cardiovasculaires et vient d’ailleurs de lancer la nouvelle margarine Fruit d’Or Coeur de vie dans ce but, en répondant ainsi, dans le cadre d’une alimentation équilibrée, aux attentes des consommateurs soucieux de préserver le capital santé de leur coeur. Cette margarine riche en acides gras insaturés, particulièrement en oméga 3, 6 et 9 qui participent au bon fonctionnement cardiovasculaire. Elle contient des vitamines du groupe B (B6, B9, B12), des vitamines A, D et E. Grâce à l’utilisation de nouvelles conditions de fabrication, cette margarine possède un goût frais et une consistance onctueuse.

Les facteurs de risque des MCV

Alain Ducardonnet : Nous avons beaucoup progressé dans le traitement des maladies cardiovasculaires. Il nous reste cependant encore beaucoup à faire notamment dans le domaine de l’observance et du suivi ; la prévention est essentielle pour ce type de maladie. Nous devons donc en parler. On pourrait commencer cette table ronde par parler des facteurs de risque. Quels sont-ils ?

Dr Daniel Thomas (Cardiologue) : On parle effectivement de différents facteurs de risque. Au niveau scientifique, Chaque facteur est étudié séparément. On communique dessus et il prend alors de l’importance et peut même évincer les autres facteurs de risque. Cependant, la prévention doit effectivement être globale pour être efficace. On va davantage parler d’alimentation dans cette table ronde mais attention à ne pas oublier les autres facteurs.

Alain Ducardonnet : Le problème est que tout peut être facteur de risque. Quels facteurs sont vraiment importants ? Quels facteurs allez-vous regarder en tant que médecins ?

Dr Michel Krempf (Médecin nutritionniste) : les médecins ont tendance à assimiler les patients a un ensemble de « facteurs de risques » au lieu de les considérer comme des individus uniques. Il faudrait modifier notre façon d’appréhender les choses. Quand on regarde les publications, il y a tous les jours de nouveaux facteurs de risque qui apparaissent. Mais Les facteurs clés à prendre en compte sont le tabac, l’hypertension, le surpoids (abdominal), les dyslipidémies, le diabète. Ces paramètres simples que l’on a en tête sont toujours ceux d’actualité et sur lesquels il faut donc se focaliser.

Dr Daniel Thomas (Cardiologue) : 90% des cas d’infarctus du myocarde sont déterminés par 9 facteurs (étude Interheart (mettre la référence de l’article en note ou en biblio). Interheart a démontré l’importance de chacun de ces facteurs. On sait depuis qu’il n’est pas pertinent de spéculer sur l’effet potentiel d’un nouveau facteur de risque. La prévention est aujourd’hui très peu utilisée, alors que nous savons sur quoi nous focaliser.

Alain Ducardonnet : Les facteurs de risque tels les antécédents familiaux et le sexe ne sont-ils plus d’actualité ?

Dr Daniel Thomas (Cardiologue) : Quand on parle des antécédents familiaux, on parle en fait de génétique et la génétique parle à travers d’autres facteurs (hypertension, diabète...). Les antécédents familiaux sont une piste pour évaluer le risque de façon plus précise et anticiper la prévention.

Dr Michel Krempf (Médecin nutritionniste) : Antécédents familiaux et sexe sont moins souvent abordés car ce ne sont pas des facteurs modifiables.

Alain Ducardonnet : Comment chiffrer le niveau de risque à partir de ces 9 facteurs ?

Dr Daniel Thomas (Cardiologue) : On enseigne aux étudiants les scores de risque (grille européenne) qui chiffrent, en fonction de tous les facteurs, un risque global de décès dans les 10 ans. En consultation, on ne s’en sert pas. La valeur donnée par la table est une moyenne et est donc difficile à appliquer à un individu. Par ailleurs, on ne doit pas faire peser une notion de risque chiffrée sur notre patient : c’est très angoissant ! En pratique, l’approche est plus pragmatique : on compte simplement le nombre de facteurs de risque.

Dr Michel Krempf (Médecin nutritionniste) : Mon attitude est similaire. Cependant La grille européenne peut parfois être utile pour montrer l’effet de la correction d’un risque et ainsi interpeller efficacement le patient.

Alain Ducardonnet : Il existe aussi des facteurs protecteurs ?

Dr Michel Krempf (Médecin nutritionniste) : Oui : la consommation de fruits et légumes, d’alcool (en petites quantités), l’activité physique.

Dr Daniel Thomas (Cardiologue) : Il est intéressant d’envisager les choses de façon positive, et par exemple mettre l’activité physique en facteur protecteur plutôt que la sédentarité en facteur de risque.

Les progrès vis à vis des maladies cardiovasculaires

Alain Ducardonnet : Quels sont les progrès à date vis-à-vis des maladies cardiovasculaires ?

Dr Daniel Thomas (Cardiologue) : Aujourd’hui la mortalité cardiovasculaire a diminué (c’est-à-dire le nombre de décès) mais ce n’est pas le cas de l’incidence des évènements cardiovasculaires (tendance à la baisse mais pas de façon aussi nette que pour la mortalité). Ces résultats s’expliquent par l’existence de traitements plus efficaces et par la prise en charge préventive.

La part entre traitement et prévention n’est pas connue en France. Au Royaume Uni, plus de 50% de la diminution de la mortalité cardiovasculaire revient à la prévention (30% à la baisse du tabagisme). Le tabac est un facteur de risque mal géré (beaucoup moins bien géré que l’hypercholestérolémie). Il faut poursuivre les efforts de prévention primaire pour éviter que les gens entrent dans la maladie.

La prévention

Alain Ducardonnet : Pourriez-vous nous définir ce qu’est la prévention ?

Michel Krempf (médecin nutritionniste) : C’est la modification de vie qui permet de mettre un individu à l’abri d’une maladie.

Dr Daniel Thomas (Cardiologue) : Oui. C’est permettre à un individu de ne pas développer une maladie à un âge où il ne devrait pas la contracter. L’objectif n’est pas l’immortalité. 8 infarctus sur 10 chez les moins de 50 ans sont liés au tabac : facteur facilement modifiable.

Dr Michel Krempf (Médecin nutritionniste) : Savez-vous comment les économistes évaluent la prévention à long terme ? Ils calculent le coût d’une année supplémentaire de vie en bonne santé et le compare à celui d’un an de traitement.

Dr Daniel Thomas (Cardiologue) : L’objectif est d’augmenter le temps de vie en bonne santé.

Alain Ducardonnet : Quel est le statut global de notre alimentation ? Quelles sont les mauvaises habitudes alimentaires ?

Dr Michel Krempf (Médecin nutritionniste) : Etude des infirmières américaines : 70 000 femmes infirmières ont été suivies (Mediterranean Diet and Incidence of and Mortality - From Coronary Heart Disease and Stroke in Women - Fung TT, Rexrode KM, Mantzoros CS, Manson JE, Willett WC, Hu FB.- Circulation. 2009). Il y a eu un papier récent dans Circulation, comparant 2 types d’alimentation :

  • Régime « Western » : beaucoup de viande, sucre, friture.
  • Régime « Prudent » : beaucoup de fruits et légumes, de céréales peu raffinées, moins de graisses, avec une bonne répartition des différents acides gras. Un régime très proche des recommandations du PNNS.

Les différences de mortalité totale et de mortalité cardiovasculaire sont respectivement de 17 % et de 20% entre les 2 groupes (et moindres dans le groupe « prudent » bien sûr). Parallèlement, les femmes du groupe « prudent » sont aussi celles qui ont un meilleur mode de vie (celles qui fument le moins...). Là encore, c’est la globalité des facteurs qui doit être prise en compte.

Alain Ducardonnet : Quelles différences entre PNNS1 et PNNS2 ?

Dr Michel Krempf (Médecin nutritionniste) : Quelques recommandations en plus (céréales moins raffinées...)

Les matières grasses

Alain Ducardonnet : Et concernant les graisses ?

Dr Michel Krempf (Médecin nutritionniste) : Le discours est confus. Il ne faut pas les stigmatiser mais limiter la quantité consommée (idéalement 30% des calories de la journée). On doit aussi prêter attention à la qualité des acides gras consommés. Quand on regarde les régions où les gens vivent le plus longtemps (Okinawa, Sardaigne et certains coins du Costa Rica et de Californie), on note de grosses consommations de fruits et légumes et de céréales mais de gros écarts sur les lipides :

  • certains en consomment peu
  • certains en consomment beaucoup mais on a alors peu d’acides gras saturés et beaucoup d’insaturés.

Alain Ducardonnet : Que peut-on dire aux consommateurs ?

Dr Michel Krempf (Médecin nutritionniste) : On leur recommande de varier. On ne leur interdit rien (beurre, charcuteries...). Tout doit être une question de pondération.

Alain Ducardonnet : Que sont les oméga 3, les oméga 6 ? Quelles différences entre les 2 ?

Dr Michel Krempf (Médecin nutritionniste) : A la base, la différence est d’ordre chimique. On a physiologiquement besoin des deux. Il y a 10 ans, on avait fortement mis l’accent sur les oméga 6. On sait aujourd’hui qu’ils sont utiles mais qu’ils pourraient avoir des effets délétères lorsqu’ils sont consommés en excès. Il faut un bon équilibre entre oméga3, 6 et 9. Les oméga 3 sont connus pour être présents dans les poissons. Sachez qu’ils se trouvent également dans des produits telles certaines margarines.

Alain Ducardonnet : Et les trans ?

Dr Michel Krempf (Médecin nutritionniste) : Les trans sont des acides gras particuliers (issus de l’hydrogénation partielle des acides gras insaturés) et sont athérogènes. Il faut les consommer en petite quantité. Aux Etats-Unis, de grosses campagnes ont été menées pour réduire la quantité de trans consommée.

Alain Ducardonnet : Y en a-t-il dans les margarines ?

Aude Paulmyer (Responsable nutrition Unilever) : Cela fait 15 ans qu’Unilever a retiré les trans de ses margarines. La teneur en trans d’un produit est aujourd’hui inscrite sur son emballage et est inférieure à 1 g/100 g, ce qui est négligeable.

Dr Michel Krempf (Médecin nutritionniste) : Les acides gras trans ne sont pas un problème en Europe.

Alain Ducardonnet : Comment agir concrètement ? Quel discours tenir sur les oméga aux patients ?

Dr Daniel Thomas (Cardiologue) : Le point important est vraiment de varier les huiles. Pour les oméga 3 ou autre nutritment, on ne leur recommande pas d’avoir recours aux compléments alimentaires.

Dr Michel Krempf (Médecin nutritionniste) : En pratique, je vais jusqu’à recommander des marques précises de margarine :

  • Patient ayant un problème de cholestérol : margarine enrichie en stérols végétaux
  • Patient ayant des problèmes de poids : margarine allégée
  • Patient ayant des facteurs de risques cardiovasculaires : margarine aux oméga 3 et 6

Alain Ducardonnet : Les patients vont-ils jusqu’à vous demander conseil sur les matières grasses ?

Dr Michel Krempf (Médecin nutritionniste) : Non effectivement. Je provoque la question. A Nantes, le plus gros frein à la consommation de margarines est le goût.

Alain Ducardonnet : Avez-vous le temps de faire de la prévention ?

Dr Daniel Thomas (Cardiologue) : Je le prends mais il est vrai que les médecins ont peu de temps pour le faire. Les médecins généralistes devraient s’imposer de donner un « conseil minimum ». Le médecin généraliste est le médecin que le patient voit le plus souvent. C’est également celui en qui les gens ont le plus confiance.

Dr Michel Krempf (Médecin nutritionniste) : Rien que le fait d’en parler fait comprendre au patient que c’est important. L’autre problème au delà du temps est que les médecins généralistes manquent souvent d’information. Ils ne font que peu souvent les courses, ont eu une formation à la nutrition limitée... L’enseignement de nutrition intervient au cours du 2ème cycle, a un moment ou les étudiants se focalisent sur les questions de diagnostic. L’idéal serait de leur délivrer cet enseignement au cours du 3ème cycle.

Alain Ducardonnet : Les patients sont-ils réceptifs ?

Dr Michel Krempf (Médecin nutritionniste) : Ils viennent en tant que demandeur donc oui, ils le sont. C’est par ailleurs au médecin d’être intéressé pour que le patient le soit ensuite. Les médias ont un rôle essentiel à jouer. Ils doivent aider à faire passer les messages nutritionnels. Ils ont d’ailleurs apporté une aide précieuse lors de ces dernières années.

Alain Ducardonnet : Que pensez-vous des allégations ?

Dr Michel Krempf (Médecin nutritionniste) : L’Europe se charge de ce point aujourd’hui. Le problème avant était que la validation des allégations se faisait a posteriori (après la mise sur le marché du produit). C’est aujourd’hui en train de changer. Les dérapages sont de moins en moins fréquents. Il faut faire confiance aux fraudes (DGCCRF) et aux agences comme l’AFSSA.

Aude Paulmyer (Responsable nutrition Unilever) : Pour ses produits dont les margarines, Unilever se conforme aux réglementations en vigueur, et utilise des allégations validées au niveau européen.

Alain Ducardonnet : Qu’est-ce que cette margarine, Fruit d’Or Coeur de Vie, a de plus ?

Aude Paulmyer (Responsable nutrition Unilever) : Fruit d’Or Coeur de Vie est une margarine qui complète la gamme Fruit d’Or. Sur le plan nutritionnel, elle est plus riche en acides gras insaturés oméga 9. Sur le plan du goût et de la texture, elle offre un goût frais et une consistance onctueuse.

(Compte-rendu de la Table ronde Fruit d’Or Coeur de Vie animée le 3 février par les Professeurs Michel Krempf, nutritionniste, et Daniel Thomas, cardiologue, qui répondaient aux questions d’Alain Ducardonnet, autour d’un enjeu de santé publique : la santé du coeur)

SOURCE : Unilever

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