La révolution dans l'assiette : 40 ans de progrès sanitaires et diététiques

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Une étude INSEE confirme que les Français ont modifié sensiblement leur alimentation au cours des quarante dernières années. L'urbanisation et l'industrie agro-alimentaire ont largement contribué à ce changement probablement influencé également par les médias, les médecins et les campagnes d'éducation sanitaire.

Entre 1960 et 2001, le panier de la ménagère s'est allégé en aliments traditionnels. La ration de pain a diminué de plus de moitié, celle des sucres bruts a chuté des 2/3, les graisses ajoutées et la viande rouge ont décliné de 40%. Les Français achètent quinze fois plus de yaourts et de desserts; la consommation de poisson et produits de la mer préparés ainsi que celle des volailles a progressé de 40%. L'achat des produits dits “santé-forme” (aliments pour enfants et diététiques, soupes et potages, céréales, eaux et jus de fruits et de légumes) a été multiplié par trois. A contrario, alors que leurs bienfaits pour la santé sont reconnus, l'achat de légumes frais n'a que très faiblement augmenté (20%), conséquence du manque de temps pour la préparation.

Dès les années 80, les ménages, sensibilisés à l'effet délétère sur la santé d'une consommation excédentaire de certaines graisses, ont modifié leurs habitudes : la margarine devient le substitut partiel du beurre ; elle représente 13% des dépenses de graisses ajoutées en 1995 contre 7% en 1979. Les “peurs alimentaires” engendrées par les “crises” de la dioxine, de la salmonellose, de la listériose et bien sûr de la vache folle, ont eu des effets spectaculaires : la consommation de bœuf a chu de moitié, celle des plats cuisinés et conserves ne progresse quasiment plus depuis 1990.

Chez les plus de 65 ans, l'achat plus important de fruits et de légumes frais, de viande blanche et de poisson peut laisser penser qu'ils sont les plus soucieux de leur hygiène alimentaire même s'ils sont toujours les plus friands de produits bruts tels que sucre, huile et beurre.

On serait tenté de féliciter les Français devenus “mangeurs éclairés” (moins de sucres bruts, moins de graisses ajoutées) si la courbe d'évolution des produits “gras-sucrés”, confiseries, pâtisseries, et des boissons sucrées n'obligeait à nuancer ce satisfecit. Leur part dans les achats alimentaires a presque doublé ! Une progression calquée sur celle tout aussi alarmante de la prévalence du diabète de type 2 et de l'obésité observée en France et dans l'ensemble des pays industrialisés !

SOURCE : Institut Danone

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