La qualité des applications nutritionnelles n'est pas (encore) au rendez-vous

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La qualité des applications nutritionnelles n'est pas (encore) au rendez-vous

Les applications nutritionnelles, alimentaires ou encore sportives à vocation nutritionnelle sont légion. Il faut dire que le marché en plein essor s’y prête facilement, entre les messages enjoignant à « mieux manger » pour endiguer l’épidémie d’obésité et de surpoids, les injonctions à « bouger » et pratiquer des activités sportives, la diffusion d’un modèle idéal de corps sculpté, mince et performant, etc.

L’INC (Institut National de la Consommation), avec le concours financier du FFAS (Fonds Français pour l'Alimentation et la Santé), a entrepris en 2012 une étude sur ces applications, destinée in fine à proposer une colonne vertébrale « vertueuse » pour l’avenir de ces applications. Dans le cadre de ce travail, un certain nombre d’applications, sélectionnées sur la base de leur popularité et de leur relative exhaustivité, ont été analysées. Il n’était bien évidemment pas possible de travailler sur l’ensemble des applications - des centaines à l’époque - mais, à partir de la sélection, elles ont été catégorisées et leur pertinence et leur efficacité évaluées.

Cinq catégories d’applications ont été évaluées :

  • les applications de régime, visant une perte de poids ;
  • les applications destinées à optimiser l’équilibre alimentaire ;
  • les applications liées à des pathologies dans lesquelles l’alimentation joue un rôle ;
  • les applications destinées à mieux connaître les aliments ;
  • les applications sportives avec un volet nutritionnel.

Les publics concernés sont très divers et les attentes bien segmentées ; certains y recherchent un coach pour maigrir, d’autres s’y lancent pour améliorer leur régime alimentaire à des fins d’équilibre, de santé ou de performance, d’autres encore y puisent les motivations comptables pour pratiquer leur sport favori, alors que certains les voient comme des outils pour choisir des produits répondant à des critères qu’ils définissent eux-mêmes.

A ces variétés de publics correspondent des variétés considérables d’outils, et le travail de l’INC a d’abord consisté à en vérifier la validité. Une grille d’évaluation a été constituée selon quatre critères : une appréciation nutritionnelle, fondamentale ; une appréciation technique sur le fonctionnement et l’ergonomie des applications ; une appréciation comportementale, fondée sur des observations qualitatives, et enfin une appréciation juridique.

De nombreuses insuffisances mises en évidence

Sur l’ensemble des applications testées, force est de reconnaître que, malgré le choix de ne sélectionner que des applis à forte notoriété, une grande hétérogénéité de qualité règne. Ainsi, sur l’aspect nutritionnel, seule 1 appli sur les 15 évaluées a reçu une très bonne appréciation ; à l’inverse, 6 d’entre elles se sont révélées très insuffisantes, faisant éventuellement courir des risques aux utilisateurs. La disparité est tout aussi large sur les autres paramètres.

Il y a donc un « ménage » à réaliser sur le marché, des fondamentaux à imposer, comme la rectitude et la pertinence des conseils nutritionnels, l’exactitude des calculs, ou encore la fiabilité des bases de données utilisées.

(Par Jean-Pierre Loisel, Sociologue, INC. Colloque du Fonds français pour l’alimentation et la santé - FFAS : "Vers une information à la carte ?" - 20 novembre 2014)

SOURCE : Fonds Français pour l'Alimentation et la Santé

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