La pyramide alimentaire « santé » : validations empiriques

lu 8480 fois

Les recommandations nutritionnelles actuelles, représentées par la pyramide alimentaire de ministère de l’agriculture américain (USDA), mettent l’accent sur la restriction de toutes les formes de graisses et la promotion de la consommation de féculents. On encourage la consommation de fruits et légumes et de produits laitiers mais on ne fait aucune distinction entre la viande rouge, le poisson, les volailles, les noix et les légumes secs en tant que source de protéines.

Au cours du vingtième siècle, d'énormes progrès ont été réalisés dans le domaine de l'identification des nutriments essentiels et de l’éradication des maladies spécifiquement associées aux carences en nutriments. En partie, grâce à ces réussites, les maladies chroniques telles que les maladies cardio-vasculaires, le cancer et les maladies neuro-dégénératives sont devenues les préoccupations dominantes de la plupart des pays en matière de santé. Des comparaisons internationales et des études de migrants indiquent que ces maladies peuvent être évitées dans une large mesure. Ainsi, l’un des objectifs majeurs est devenu l'identification de régimes alimentaires qui contribueraient à une santé optimale.

Les recommandations nutritionnelles actuelles, représentées par la pyramide alimentaire de ministère de l’agriculture américain (USDA), mettent l’accent sur la restriction de toutes les formes de graisses et la promotion de la consommation de féculents. On encourage la consommation de fruits et légumes et de produits laitiers mais on ne fait aucune distinction entre la viande rouge, le poisson, les volailles, les noix et les légumes secs en tant que source de protéines. Ces recommandations semblent être en contradiction avec les études métaboliques qui indiquent d'importantes distinctions entre les différents types de graisses et les différentes formes de glucides. Au cours des dix dernières années, d'importantes études épidémiologiques de l'alimentation et de la santé ont apporté de nouvelles preuves que le type de graisse alimentaire est extrêmement important ; les acides gras trans sont associés à de hauts risques de maladie coronarienne et de diabète, et les matières grasses insaturées sont associées à des risques réduits comparées aux glucides.

Une consommation importante de féculents et de sucre raffinés prédispose également à ces maladies, tandis que la consommation de produits céréaliers riches en fibre entraîne des risques moins élevés. Une consommation importante de fruits et légumes présente des avantages certains, mais ces derniers semblent plus importants pour les maladies cardio-vasculaires que pour le cancer. De nombreux composants de ces aliments contribuent probablement à une réduction des risques, et l'acide folique semble être particulièrement important.

Craignant que les recommandations nutritionnelles actuelles soient inadéquates, nous avons utilisé un système de score alimentaire mis au point par l'USDA pour évaluer l'adhésion à la PYRAMIDE ALIMENTAIRE auprès de plus de 100 000 hommes et femmes auprès desquels nous avons recueilli des données alimentaires à plusieurs reprises depuis le milieu des années quatre-vingt. Après plus de quatorze ans de suivi, nous avons découvert que l'adhésion n'était pas associée à une réduction significative des risques de maladies chroniques graves. Nous avons donc créé un indice alternatif qui met l’accent sur des formes saines de matières grasses, de céréales complètes et de poisson, de volailles, de noix et de légumes secs comme sources de protéines. En utilisant la même population d'hommes et de femmes, nous avons découvert que l'adhésion à cet indice alimentaire alternatif faisait apparaître un risque inférieur de maladie chronique grave, notamment une probabilité inférieure de 30 à 40% de maladies cardio-vasculaires. Associées à l'absence de tabac, à une activité physique régulière et à la prévention de la surcharge pondérale, nos données indiquent que ces choix alimentaires pourraient réduire les taux de maladies coronariennes de plus de 80%, de congestion cérébrale de plus de 70%, de diabète de type 2 de plus de 90%, et de cancer du côlon de plus de 70%.

Il est clair cependant que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour affiner nos connaissances sur l’impact de l'alimentation sur la santé et fournir des recommandations mieux ciblées. En effet, notre système médical actuel a échoué dans l’amélioration de la santé qui serait obtenue par des modifications, pourtant simples et réalistes de notre alimentation et de notre mode de vie.

SOURCE : Aprifel

Publicité : accès à votre contenu dans 15 s
Publicité : accès à votre contenu dans 15 s