La progression de l’obésité ralentit en France

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Pour la première fois en 15 ans, l’enquête épidémiologique nationale ObÉpi-Roche montre en 2012 un ralentissement de la progression de l’obésité en France. Depuis 15 ans, à l’initiative de Roche, l’enquête nationale ObÉpi [1] analyse tous les trois ans la prévalence du surpoids et de l’obésité en France. Cette enquête, réalisée par Kantar Health, est conduite sous la direction d’un comité scientifique indépendant.

En 2012, 15 % des Français sont obèses contre 14,5 % en 2009. Cette différence correspondant à une augmentation relative de 3,4% du nombre de personnes obèses est significativement inférieure aux augmentations constatées les années précédentes : +18,8% entre 1997 et 2000 ; +17,8% entre 2000 et 2003, +10,1% entre 2003 et 2006 et 10,7% entre 2006 et 2009.

En 15 ans, le poids moyen des Français adultes a augmenté de 3,6 kg alors que leur taille moyenne a progressé de 0,7 cm. Leur tour de taille moyen a suivi la même évolution : il a augmenté de 5,3 cm, passant de 85,2 cm à 90,5 cm.

En extrapolant les résultats d’ObÉpi à l’ensemble de la population, on compte en France en 2012 environ 6,9 millions d’adultes obèses, dont environ 3,3 millions d’obèses supplémentaires depuis 15 ans. La prévalence de la population adulte en surpoids s’établit à 32,3 % contre 31% en 1997, correspondant à 14,8 millions de personnes avec un indice de masse corporelle compris entre 25 et 29,9.

Malgré le ralentissement de sa progression chez les deux sexes, l’obésité augmente plus rapidement chez les femmes

En 2012, et ce depuis 9 ans, la prévalence de l’obésité est plus élevée chez les femmes (15,7%) que chez les hommes (14,3%). L’augmentation depuis 15 ans est plus nette chez les femmes notamment chez les 18-25 ans : +89,2 % chez les femmes contre 62,5% chez les hommes. Cette tendance est particulièrement nette pour les obésités de classe II (IMC compris entre 35 et 39,9) : prévalence de 3,7 % pour les femmes versus 2,5 % pour les hommes et pour les obésités de classe III (IMC=40) : 1,6 % chez les femmes versus 0,6 % chez les hommes. A l’inverse la prévalence du surpoids est toujours plus importante chez les hommes (38,8%) que chez les femmes (26,3 %).

Une augmentation plus franche de l’obésité chez les 18-24 ans

Chez les hommes comme chez les femmes, la prévalence de l’obésité augmente avec l’âge. Mais c’est dans la tranche des 18-24 ans que l’augmentation de l’obésité a été la plus franche entre 2009 et 2012 : +35% alors que la variation dans les autres tranches d’âge se situe entre -1,5% et +4,5%.

Chez les hommes, on observe une augmentation de la prévalence de l’obésité après l’âge de 25 ans pour atteindre un pic dans la tranche 55-64 ans. Chez les femmes, l’augmentation concerne toutes les catégories d’âge.

Une relation inversement proportionnelle entre niveau de revenus et prévalence de l’obésité

Les disparités régionales et sociales présentes depuis1997 sont toujours présentes en 2012. Bien que moins nette dans les catégories supérieures, l’augmentation de la prévalence de l’obésité a touché depuis 1997 toutes les catégories de revenus ou d’instruction. L’édition 2012 de l’enquête ObÉpi révèle également que la prévalence de l’obésité augmente avec la perception des difficultés financières. Le taux d’obésité est en-dessous de la moyenne nationale chez les individus se déclarant « à l’aise financièrement » et passe à 30% chez les individus disant « ne pas y arriver sans faire de dettes ».

A l’instar de l’obésité, le tour de taille des individus augmente avec les difficultés financières déclarées.

L’enquête 2012 montre cependant que le ralentissement de la progression de l’obésité ne s’observe pas uniquement dans les catégories supérieures, cette tendance s’observe également dans les classes de revenus moyens et dans toutes les régions.

L’enquête ObÉpi 2012 confirme également la présence d’un gradient décroissant Nord - Sud : 21,3% dans le Nord-Pas de Calais – région où la prévalence est la plus élevée en France et 11,6% dans la région Midi-Pyrénées (11,6 en Midi-Pyrénées) ; de même qu’un gradient décroissant Est – Ouest : 18,6% en Alsace ; 20, 9% en Champagne-Ardenne et 12,0% en Bretagne ; 11,8% en Pays de la Loire.

Globalement les régions dans lesquelles la prévalence de l'obésité était, en 1997, inférieure à la moyenne nationale, restent en dessous de la moyenne également en 2012 : Bretagne, Pays de la Loire, Midi-Pyrénées, PACA, Région Parisienne et Rhône-Alpes. Seule exception, la Franche-Comté : en dessous de la moyenne nationale en 1997, elle passe légèrement au-dessus en 2012 affichant l’une des plus fortes augmentations en 15 ans. Parmi les régions qui connaissent les plus fortes augmentations en 15 ans, on peut noter : l’Alsace, la Champagne-Ardenne et la Région Parisienne.

Près de 7 fois plus de diabète traité en cas d’obésité

En dehors du tabagisme, la proportion d’individus présentant des facteurs de risque cardiovasculaires associés augmente avec l’IMC. La probabilité d’avoir 3 facteurs de risque cardiovasculaires traités chez les obèses est 14 fois plus importante que chez les sujets de corpulence normale, et 5 fois plus en cas de surpoids.

En 2012, le risque d’être traité pour hypertension artérielle est multiplié par 2,3 chez les sujets en surpoids et par 3,6 chez les personnes obèses par rapport aux sujets dont l’IMC est inférieur à 25 kg/m².

La prévalence des dyslipidémies traitées est multipliée par 2,2 en cas de surpoids et par 2,7 en cas d’obésité par rapport aux sujets dont l’IMC est inférieur à 25 kg/m². On note près de 3 fois plus de diabète traité ou sous régime seul en cas de surpoids et 7 fois plus en cas d’obésité versus des sujets de corpulence normale.

Ce qu'il faut retenir de l'enquête ObÉpi-Roche 2012

  • L’étude ObÉpi-Roche situe la fréquence actuelle de l’obésité en France en 2012 à 15 % de la population adulte, soit 6 922 215 personnes obèses.
  • Entre 2009 et 2012, l’augmentation de la prévalence de l’obésité se poursuit, mais avec une tendance significative à la décélération.
  • Depuis 2003, la prévalence de l’obésité est plus marquée chez les femmes que chez les hommes : 15,7% des femmes présentent une obésité contre 14,3% des hommes.
  • La fréquence des obésités dites de classe III (IMC = 40) a sensiblement augmenté au cours des 15 dernières années, passant de 0,3% en 1997 à 1,2% en 2012.
  • Des disparités régionales persistent avec un gradient décroissant Nord-Sud et Est-Ouest marqué.
  • Il existe un très net gradient social de l’obésité, mais les différences observées entre catégories socio-professionnelles n’ont pas subi d’évolution significative au cours des 3 dernières années.
  • La prévalence de l’obésité augmente avec la perception des difficultés financières.

[1] Depuis 15 ans à l’initiative de Roche, l’enquête ObÉpi analyse au niveau national, tous les trois ans selon une méthodologie identique, la prévalence du surpoids et de l’obésité en France. Réalisée par Kantar Health, cette enquête est conduite sous la direction d’un comité scientifique indépendant codirigé par deux chercheurs de l’Inserm - le Dr Marie- Aline Charles, médecin épidémiologiste et directrice de recherche - Unité 1018 "Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations" et le Pr Éveline Eschwège, directrice de recherche honoraire- et le Pr Arnaud Basdevant, chef de service et responsable médical du pôle endocrinologie de la Pitié-Salpêtrière.

La sixième édition d’ObÉpi-Roche, réalisée de janvier à mars 2012, porte sur un échantillon de plus de 25 714 personnes âgées de 18 ans et plus, représentatif de la population française. L’étude inclut une analyse des facteurs socio-économiques, régionaux, générationnels et des impacts sur la santé du surpoids et de l’obésité. ObÉpi 2012 offre un nouvel éclairage sur la situation française et son évolution depuis 15 ans. Ces données uniques constituent une source d’information importante pour le système de soins et la santé publique.

Pour en savoir plus, consulter les résultats complets de l’enquête ObEpi-Roche 2012

SOURCE : Roche

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