La prévention de la DMLA par des mesures hygiéno-diététiques et de micro-nutrition

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A l'occasion des Journées Nationales de Dépistage de la DMLA (Dégénérescence Maculaire Liée à l'Age) qui se déroulent du lundi 29 juin au vendredi 3 juillet 2009, il est important de rappeler que cette maladie ne doit plus être considérée comme une fatalité ou une maladie incurable, et que des traitements et des moyens de prévention existent, parmi lesquels en première ligne, des règles hygiéno-diététiques et nutritionnelles efficaces...

« La prévention de la DMLA par des mesures hygiéno-diététiques et de micro-nutrition » - Crédit photo : www.association-dmla.com La Dégénérescence Maculaire Liée à l’Age - DMLA est une maladie oculaire qui atteint la partie centrale de la rétine, appelée macula, dont les cellules visuelles subissent une altération progressive (dégénérescence). Dans les pays industrialisés, la DMLA est la première cause de malvoyance et de cécité dite « légale » (acuité visuelle inférieure à 1/20ème) chez les personnes de plus de 50 ans. Comme son nom l’indique, sa prévalence augmente avec l’âge : selon de récentes études, elle passe de 0,5% avant 65 ans à près de 15% au-delà de 80 ans [1].

En 2007, les experts évaluaient à plus de 600 000 le nombre de personnes atteintes de DMLA en France métropolitaine, soit 3% des sujets de 50 ans et plus [2]. Compte tenu de l’augmentation de l’espérance de vie, les estimations prévoyaient alors une augmentation de 50% dans les 20 années à venir et de 100% dans les 30 ans, portant le nombre de cas prévisibles de DMLA à 1,2 million vers 2035, sur le seul territoire français. De telles statistiques imposent la mise en place de programmes de prévention, et notamment par la micro-nutrition.

Dans la DMLA, il y a 3 niveaux de prévention :

  • La prévention primaire consiste à dépister les personnes à risque avant les premiers signes de la maladie, afin de leur proposer des mesures de protection.
  • La prévention secondaire a pour but de limiter l’évolution des lésions, en intervenant avant l’apparition des symptômes.
  • La prévention tertiaire a pour objectif de réduire les complications de la DMLA, pour limiter les conséquences de la maladie et améliorer la qualité de vie des personnes.

Une bonne hygiène de vie

Celle-ci peut contribuer à prévenir l’apparition ou l’aggravation de nombreuses pathologies : cancers, maladies cardiovasculaires, diabète... et DMLA. Les recommandations sont simples :

  • Ne pas fumer
  • Avoir une alimentation variée et équilibrée : consommer régulièrement des fruits, des légumes, des huiles végétales vierges, des graines oléagineuses et du poisson
  • Pratiquer une activité physique régulière, adaptée à ses possibilités (marche...)
  • Contrôler son poids et sa cholestérolémie
Dans quels aliments trouver les nutriments utiles ?

Les nutriments possèdent des effets antioxydants qui aident l’organisme à lutter contre le stress oxydatif. Les plus utiles contre la DMLA sont :

  • La vitamine C (melon, agrumes, fraises, framboises, mûres, kiwis, poivrons, brocolis, choux, cresson...)
  • La vitamine E (huiles vierges d’olive ou de colza, fruits oléagineux (noix, amandes...), fenouil, salsifis, avocats, épinards, persil, mangues, châtaignes, myrtilles...)
  • Le zinc (huîtres, viande rouge, pain complet, jaune d’oeuf, poissons, coquillages et crustacés, légumes secs...)
  • La lutéine et la zéaxanthine, de la famille des pigments caroténoïdes (choux, brocolis, épinards, laitue, navets, petits pois, maïs, haricots verts, carottes, céleri...). Ils entrent dans la composition du pigment maculaire et filtrent les longueurs d’onde nocives de la lumière.
  • Les acides gras essentiels de la famille des oméga 3 (saumon, hareng, truite, maquereau, sardine, thon, anchois, noix, noisettes, amandes, pignons, huiles de colza, de noix et de soja...). Ils participent au fonctionnement des photorécepteurs (les cellules de la rétine sensibles à la lumière) et à la lutte contre l’inflammation, dont on sait qu’elle joue un rôle dans l’apparition de la DMLA.

Les compléments alimentaires sont réservés aux personnes à haut risque de DMLA

Cette décision doit rester à l’appréciation de l’ophtalmologiste car il connaît les facteurs de risque et l’aspect du fond d’oeil de son patient. Une méthode validée permet aujourd’hui au médecin d’évaluer, au cas par cas, la probabilité pour une personne de développer une DMLA dans les cinq ans à venir, donc de guider le choix des mesures préventives.

La composition des compléments alimentaires disponibles reste dans les normes de ce qui a été démontré par l’étude AREDS [3] (Age Related Eye Disease Study, 2001). La « formule idéale » n’a pas encore été définie scientifiquement et la seule certitude actuelle provient de l’étude AREDS qui a prouvé que de fortes doses de certains anti-oxydants (zinc, vitamines C et E) diminuent de 25% la probabilité pour les personnes à haut risque de développer une DMLA dans les 5 ans.

D’autres études sont en cours, notamment AREDS 2 et NAT-2 (service du Pr Gisèle Soubrane, Centre Hospitalier Intercommunal de Créteil), qui cherchent à démontrer l’intérêt d’une supplémentation en lutéine, zéaxanthine et oméga 3 (« bonnes graisses »), et à en évaluer le cas échéant les doses minimales efficaces. Les travaux en cours et à venir devraient aussi nous éclairer sur le rythme idéal de prise des compléments alimentaires (à vie ? par cures ?).

Les compléments alimentaires apparaissent comme le meilleur moyen actuel de ralentir les DMLA atrophiques (sans néo-vaisseaux)
  • Ils doivent être pris à bon escient, sur conseil d’un médecin.
  • Ils ne dispensent pas d’avoir une alimentation saine, variée et équilibrée.
  • Le patient doit signaler toute prise de compléments alimentaires à ses médecins, afin d’éviter tout surdosage ou interaction médicamenteuse.
Les compléments alimentaires contenant du béta-carotène peuvent induire chez les fumeurs ou anciens fumeurs une possible augmentation du risque de cancer pulmonaire [4].De plus concernant la prévention des cancers digestifs, le béta-carotène pourrait augmenter la mortalité dans les groupes traités [5].

Références :

  • Soubrane G. Les DMLAs. Société Française d’Ophtalmologie, Paris, 2007. Elsevier Masson. p.109. Passage faisant référence :
    • à la méta-analyse de Friedman DS. et al. (Arch Ophthalmol 2004,122:564-572)
    • à l’étude POLA (Delcourt C. et al. Arch Ophthalmol 1998,116:1031-1035)
    • à l’étude multicentrique européenne EUREYE (Augood C. et al. Arch Ophthalmol 2006, 124:529-535)
  • Soubrane G. Les DMLAs. Société Française d’Ophtalmologie, Paris, 2007. Elsevier Masson. p.109. Évaluation du nombre de cas de la population :
    • à partir de la méta-analyse de Friedman DS. et al. (Arch Ophthalmol 2004,122:564-572)
    • et en fonction de la population de France métropolitaine au 1er janvier 2005 (Source INSEE)
  • A randomized, placebo-controlled, clinical trial of high-dose supplementation with vitamins C and E, beta carotene, and zinc for age-related macular degeneration and vision loss. AREDS report no. 8 / Arch Ophthalmol 2001, 119:1417-36.
  • Virmato et al. JAMA 2003, 290:476-485.
  • Selon une méta-analyse de Bjelakovic G. et al (Lancet 2004,364:1219-28)

(Par Alexandre Glouchkoff, diététicien nutritionniste, d’après les informations fournies par l’Association DMLA)

SOURCE : Association DMLA

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