La polémique sur le cholestérol et les statines rebondit

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Suite à la publication d'un communiqué de presse de la communauté scientifique et médicale du 19 juin faisant le point sur l'« Excès de cholestérol et maladies cardiovasculaires », le Dr Michel de Lorgeril, cardiologue, chercheur au CNRS répond à l'industrie pharmaceutique (LEEM), à la Société Française de Cardiologie, à la Fédération Française de Cardiologie, ainsi qu'aux autres sociétés savantes signataires.

Le Dr Michel de Lorgeril est l'auteur du livre « Dites à votre médecin que le cholestérol est innocent, il vous soignera sans médicament » paru le 13 juin, dont le journal Le Monde a publié le même jour une interview. Dans son livre et dans son interview, le Dr de Lorgeril, chercheur de renommée internationale remet en cause la « théorie du cholestérol » et la prescription abusive de statines (médicaments anticholestérol). La parution de ce livre a déclenché la publication conjointe de communiqués hostiles de l'industrie du médicament, de la Société française de Cardiologie et d'autres « sociétés savantes expertes dans le domaine de la prévention cardiovasculaire. »

Le Dr de Lorgeril se félicite que soit enfin ouvert le débat sur des points fondamentaux de la médecine contemporaine. Il réfute ici point par point les arguments de l'industrie et des spécialistes du cholestérol :

Sur les diagnostics d'hypercholestérolémie ou d'excès de cholestérol

Selon la Fédération de Cardiologie, cosignataire du communiqué de presse, le cholestérol doit être « le plus bas possible » pour minimiser le danger qu'il représente pour notre santé. Dés lors, en l'absence de traitement anticholestérol, nous avons tous du berceau au cercueil un cholestérol trop élevé puisqu'il pourrait toujours être encore plus bas. Nous sommes donc tous hypercholestérolémiques, à moins évidemment d'être traités avec une statine.

De trop nombreux médecins et leurs patients sont aujourd'hui victimes de ce raisonnement absurde. Ce qui explique que 7 à 10 millions de Français ont été ces dernières années traités de façon plus ou moins constante avec ces médicaments, facteur de ruine pour l'Assurance Maladie, et sans aucune justification médicale ou scientifique.

Sur « l'efficacité » des statines

La Société française de Cardiologie présente les statines comme des médicaments quasi-miraculeux, capables de « permettre chez les patients les plus à risque de prolonger leur durée de vie ».

Parmi les patients les plus à risque, figurent notamment les seniors, les patients ayant déjà présenté un accident vasculaire cérébral (on dit AVC), ceux ayant survécu à un précédent infarctus et les diabétiques.

Il se trouve que plusieurs études récentes ont mesuré l'efficacité des statines sur la survie dans ces catégories de patients qui bénéficiaient par ailleurs des traitements annexes les plus modernes.

Les seniors

Chez les personnes de plus de 70 ans, le risque d'attaque cardiaque est multiplié environ par 4 en comparaison avec les personnes de 40 ou 50 ans. Un seul essai a été conduit chez les seniors (essai PROSPER). Résultats : le « mauvais » cholestérol LDL a baissé de 34%. Aucune baisse du risque de décès (298 et 306 décès respectivement dans le groupe statine et le groupe témoin).

Donc la statine n'a pas « permis aux seniors de prolonger leur vie. »

Les victimes d'un accident vasculaire cérébral

L'essai SPARCL a été conduit chez des patients ayant présenté un premier AVC (et donc à très haut risque d'en avoir un deuxième). Résultats : réduction de 42% du « méchant » cholestérol et aucun effet sur la mortalité (216 et 211 décès).

Donc la statine n'a pas « permis aux victimes d'un AVC de prolonger leur vie. »

Les victimes d'un infarctus

L'essai IDEAL ciblait cette population. Résultats : 30% de réduction du « vilain » cholestérol et aucun effet sur la mortalité (374 et 366 décès).

Idem pour l'essai MIRACL : 40% de réduction du « vilain » cholestérol et aucun effet sur la mortalité (68 et 64 décès).

Idem pour l'essai TNT : diminution de 35% du cholestérol et aucune baisse de la mortalité (282 et 284 décès).

Idem finalement pour l'essai ALLIANCE avec 34% de réduction du LDL cholestérol et aucun effet sur la mortalité (121 et 127 décès).

Donc les statines n'ont pas « permis aux victimes d'un infarctus de prolonger leur vie. »

Les diabétiques

Parmi les patients à risque élevé figurent les diabétiques, et surtout les diabétiques qui ont une insuffisance rénale : un seul essai (appelé 4D) a été consacré à ces patients. Résultats : réduction de plus de 40% du « méchant » cholestérol, aucun effet significatif sur le risque de décéder (297 et 320 décès) pendant l'essai.

Donc la statine n'a pas « permis aux diabétiques avec insuffisance rénale (les plus à risque parmi les diabétiques) de prolonger leur vie. »

Conclusion

De cet examen rapide et succinct des effets des statines sur l'espérance de vie de plusieurs catégories de sujets à risque élevé d'attaques cardiaques et d'en mourir, il s'avère que les déclarations péremptoires de l'industrie pharmaceutique, de la Société Française de Cardiologie et des Sociétés Savantes cosignataires sont inexactes.

Au-delà de la question des statines, objet de toutes les obsessions de ces experts, l'analyse de ces chiffres indique que des réductions drastiques du cholestérol n'ont pas eu d'effet bénéfique majeur et qu'en conséquence c'est bien toute la « théorie du cholestérol » qui doit être aujourd'hui remise en question.

En outre, la seule conclusion que des observateurs impartiaux pourraient tirer de cet échange d'idées est que nos éminents experts de la prévention cardiovasculaire non seulement n'ont pas lu le livre du Dr de Lorgeril (où ils auraient trouvé les résultats détaillés de ces essais et d'autres... et aussi quelques commentaires appropriés) mais ils n'ont pas lu non plus hélas les rapports et articles médicaux et scientifiques originaux derrière lesquels ils s'abritent pour décréter que les théories scientifiques défendues par Michel de Lorgeril seraient « fantaisistes ».

Il est donc particulièrement urgent, et dans l'intérêt bien compris des patients et de leurs médecins traitants, de rouvrir sereinement le débat sur des bases scientifiques avérées telles que celles rapportées, décrites et commentées par Michel de Lorgeril dans son livre (Thierry Souccar Editions).

SOURCE : Communiqué de presse du Dr Michel de Lorgeril

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