La physiologie du contrôle du comportement alimentaire et ses limites...

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Minceur s'oppose à Grosseur. Dans tous les domaines, ces deux termes permettent de désigner des formes, silhouettes ou corpulences, etc... n'appartenant pas à la fenêtre de la normalité. Il n'y a pas de terme simple permettant de désigner ce qui est dans la norme... En ce qui concerne la corpulence, on ne pourra parler que de normo-poids, de normalité, etc...

« La physiologie du contrôle du comportement alimentaire et ses limites... » - www.radio-canada.ca Cette pauvreté du vocabulaire illustre bien le fait que, dans tous les domaines, peu de gens éprouvent le besoin de décrire et de comprendre ce qui " va bien ", ce qui est " normal " et, pour le thème qui nous intéresse, un état de corpulence qui minimise les risques de morbidité et de mortalité. Il est antinomique de vouloir associer la Minceur et la Satiété.

A quelques exceptions près, déterminées par une prédisposition génétique particulière, une personne ne peut devenir et rester mince tout en étant en " état de satiété ". La satiété est un " état de non-faim "; état dans lequel la personne ne perçoit pas de besoin alimentaire et n’est donc pas motivée à aller rechercher un aliment. Il est criminel de pousser d’une façon ou d’une autre les individus à rechercher la minceur alors même que cet état s’oppose aux lois de la physiologie.

Cet exposé présente (trop) rapidement les lois de la physiologie du comportement alimentaire ; ces lois sont universelles et ne se trouvent mises en défaut que dans deux cas :

  1. l’inadéquation entre le besoin de plaisir ou de réconfort perçu par le sujet et le choix du comportement alimentaire pour répondre à ce besoin,
  2. l’inadéquation entre les besoins nutritionnels du corps et la composition du régime proposé par l’environnement.

Le comportement alimentaire est en effet, comme tous les comportements, motivé uniquement par la recherche d’une récompense (le plaisir de manger) ou l’espoir d’échapper à une punition (avoir faim). C’est par une modulation du plaisir apporté par l’acte alimentaire que l’organisme contrôle le comportement de choix et d’ingestion des aliments. Ce contrôle est asservi à la régulation de la composition corporelle : à la régulation du bilan des entrées et des sorties d’énergie d’une part, et à la régulation du bilan des entrées et des sorties des matériaux de constitution de l’organisme d’autre part. Ce contrôle du comportement alimentaire doit de plus être adapté à l’environnement alimentaire le plus couramment accessible.

Ce n’est que par un constant apprentissage, d’une part des besoins de l’organisme et, d’autre part de la nature des aliments qui nous entourent, que notre organisme parvient à contrôler au mieux, à la fois, nos choix alimentaires et les quantités ingérées pour chacun des aliments choisis. Ce contrôle s’exprime par une modification du plaisir apporté par l’acte alimentaire. Le plaisir alimentaire est donc essentiel à notre physiologie.

(Dr Michèle CHABERT, Maître de conférences, EPHE UMRS 872, Paris - XXIème colloque IFSBM « Troubles alimentaires : une pathologie du monde moderne » - 28 avril 2009)

SOURCE : IFSBM

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