La perspective de nourriture excite les centres de la faim du cerveau

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Une nouvelle étude a révélé que même la perspective de nourriture éveille les centres de la faim du cerveau. Les travaux de recherche, qui sont en partie financés par l'UE, sont publiés dans l'édition de « Cell Metabolism » du mois d'octobre.

Les scientifiques ont donné de la nourriture à des rats au cours de deux tranches horaires similaires chaque jour. Une fois les rats accoutumés à ce régime, les chercheurs ont analysé ce qui se produisait dans leur cerveau avant et pendant l'heure des repas. Pour ce faire, ils ont mesuré les niveaux d'une protéine appelée Fos dans les différentes zones du cerveau des rats, de nombreux neurones produisant en effet des Fos lorsqu'ils sont activés.

Les chercheurs ont découvert qu'avant les repas, la plupart des zones du cerveau examinées montraient des niveaux d'activité relativement bas. Cependant, à l'heure habituelle des repas, certaines des zones du cerveau contenant des stimulateurs d'appétit étaient actives, même chez les rats qui n'étaient pas nourris.

Chez les rats qui étaient nourris, davantage de « centres de la faim » étaient activés lors des premières bouchées de nourriture. « La volonté de manger est fortement stimulée par le fait de commencer à manger », a déclaré Gareth Leng de l'université d'Edimbourg, un des auteurs de l'étude. «Cela montre que la nourriture elle-même ouvre l'appétit, puisque les circuits de la faim sont intensément actifs. »

Les chercheurs ont été surpris de découvrir que les zones du cerveau liées à la suppression de l'appétit étaient également activées très tôt au cours du repas. Avant de procéder aux expériences, ils pensaient que ces «circuits de la satiété» restaient inactifs jusqu'à ce qu'une certaine quantité de nourriture ait été ingérée.

« Nous pensions qu'il existait une dissociation temporelle claire entre les zones du cerveau activées par la faim, qui atteignaient leur point culminant au moment prévu de la présentation des repas, et les zones activées lorsque les rats arrêtaient de manger », écrivent les chercheurs. « Au lieu de cela, les neurones qui libèrent des peptides orexigènes [facteurs stimulant l'appétit] semblent être activés par la perspective imminente de nourriture, et les neurones impliqués dans la satiété sont activés dès l'ingestion de nourriture. »

Les recherches doivent à présent être poursuivies afin de comprendre comment ces changements dans l'activité du cerveau sont influencés par les hormones, dont l'hormone générée par la graisse, la leptine, qui indique le statut énergétique à plus long terme de l'organisme.

L'étude s'inscrit dans le cadre du projet Diabesity, financé par l'UE, dont l'objectif est d'identifier les gènes responsables de l'obésité et du diabète de type 2, et d'étudier comment ceux-ci interagissent avec les systèmes régulant l'appétit et le métabolisme. A terme, les partenaires espèrent que ces informations permettront d'identifier des cibles pharmaceutiques dans le cadre de la prévention de l'obésité et du diabète.

Pour tout renseignement complémentaire, consulter : http://www.cellmetabolism.org et http://www.eurodiabesity.org/.

Source : Copyright © Communautés européennes, 2006

SOURCE : Communautés européennes

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