La lutte contre l'obésité se heurte au lobbying des industries agroalimentaires

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La lutte contre l'obésité, qui inspire plusieurs décrets en France, achoppe au niveau européen sur une décision de la Commission environnement, santé publique et sécurité alimentaire.

Le Parlement européen aurait en effet « vidé de sa substance » un projet visant à contrôler, sur l’emballage de certaines denrées, des messages alléguant d'hypothétiques qualités nutritionnelles (« Enrichi en vitamines », etc.) de produits trop gras, trop sucrés ou trop salés.

Les parlementaires européens ont écarté le principe selon lequel toute allégation de ce type devait reposer sur les qualités nutritionnelles réelles du produit. Ils ont aussi substitué une simple notification à une procédure d'autorisation préalable initialement prévue pour pouvoir avoir recours à des allégations liées à la santé.

Certaines industries agroalimentaires sont à cette occasion une nouvelle fois accusées d'exercer de fortes pressions pour favoriser leurs intérêts, au détriment des enjeux de santé publique.

En France, où l’Inserm a qualifié l’obésité d’« épidémie », les distributeurs automatiques d’en-cas caloriques devraient être prochainement bannis des établissements scolaires.

« A priori, il n’y a pas de problèmes, nous pourrons appliquer la loi » (malgré la décision européenne), promet Philippe Guittet, porte-parole du syndicat SNPDEN (personnels de direction de l’Éducation nationale).

Par ailleurs, dès le 1er janvier 2006, les industriels de l’agroalimentaire seront tenus d’intégrer un message sanitaire aux publicités télévisées et radiophoniques pour des boissons sucrées et des produits manufacturés. Toute contrevenue leur coûtera 1,5 % de la facture du spot, pénalité qui sera reversée à l’Inpes.

(Le Monde, 30/04)

SOURCE : Synthèse de Presse de l'INSERM

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