La gourmandise, un concept essentiel à la santé

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Lorsque nous mangeons, nous ne nous contentons pas de nous nourrir. Notre alimentation est déterminée par de nombreux facteurs, comme la tradition, le symbolique, l'aspect convivial, le religieux, le philosophique, les considérations économiques, la santé ou encore l'hédonique, c'est-à-dire le plaisir.

« La gourmandise, un concept essentiel à la santé » - Crédit photo : www.plurielles.fr Les études le montrent, les Français centrent le concept de l’alimentation vers le plaisir avant tout, le repas devant être un moment de convivialité, avant d’être équilibré ou prévenir des problèmes de santé. Le plaisir peut être défini comme « l’anticipation de ce qui est considéré comme bon ou désirable ».

Le chocolat est l’aliment plaisir par excellence. Ainsi, selon une enquête de 2005, le chocolat évoque avant tout les notions de gourmandise et de plaisir, les mots associés à la prise de poids figurant en dernière position.

Les origines du plaisir sont liées à différents paramètres. Ainsi l’attirance innée pour le sucré ou encore l’attirance pour le gras peuvent-elles jouer un rôle dans l’appréciation d’un aliment plaisir. Le sucre induit notamment une sécrétion de sérotonine qui est calmante, anti anxiolytique. Les substances chimiques contenues dans un aliment peuvent agir sur le psychisme. Dans le cas du chocolat, ce sont des substances comme le magnésium (antistress), la caféine (tonus), la phényltamine et d’autres substances (possédant un effet antidépresseur) qui ont cette action. A noter toutefois que l’effet de ces substances est relativement limité du fait de leur faible présence.

Le fait qu’un aliment soit connu et apprécié joue également un rôle important. Le chocolat est bon et donne du plaisir et donc envie de le consommer et de le consommer à nouveau. Sa consommation s’accompagne d’une sécrétion d’endorphines, source d’euphorie et de bien-être. Ainsi même une faible quantité de chocolat peut nous combler, le goût du produit (et non pas la quantité) suffisant à produire du contentement.

Le chocolat n’est pas une drogue et n’entraîne pas de dépendance. A ne pas confondre avec les troubles du comportement, où le chocolat est l’objet mais pas la cause.

Le plaisir est au coeur de la gourmandise, souvent accompagnée de culpabilité du fait de l’influence de la culture judéo-chrétienne (la gourmandise demeure l’un des 7 pêchés capitaux). Or un plaisir bridé peut induire une frustration/compulsion, à l’origine souvent de troubles du comportement alimentaire.

Par ailleurs, la médiatisation à outrance de la nutrition par les pouvoirs publics peut avoir pour conséquence diverses réactions comme le rejet des messages sanitaires ou encore l’orthorexie.

Or, gourmandise et santé sont tout à fait compatibles. Il n’existe en effet pas de corrélation démontrée entre consommation de chocolat et corpulence. Le chocolat, en plus de son goût, offre de nombreux bienfaits, comme son fort pouvoir anti-oxydant, son effet sur la tension artérielle, le cholestérol et de manière générale sur la mortalité cardio-vasculaire diminuée de 50 % avec un apport de moins de 10 g par jour.

Enfin, la gourmandise joue un rôle capital dans l’acte d’achat. Un produit à goût peu attirant se vend mal. L’image du produit est essentielle à l’acte d’achat. C’est le cas du chocolat qui jouit d’une image positive auprès des consommateurs.

(Dr Hervé Robert, Médecin Nutritionniste - Conférence élaborée en collaboration avec le Syndicat du Chocolat (France) - SIAL 2008 - AGORA NUTRITION - Résumé Conférence du 20 octobre 2008)

SOURCE : Atlantic Santé

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