La Fondation Nicolas Hulot lance le mouvement « I Field Good »

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En cette année décisive de réforme de la Politique Agricole Commune (PAC), et dans un contexte où la société s’interroge sur l’origine de son alimentation, la Fondation Nicolas Hulot souhaite attirer l’attention sur la place et le rôle de l’agriculture dans notre société en invitant les citoyens européens à se mobiliser pour une agriculture d’avenir, écologique, juste et solidaire.

Une autre agriculture est possible : une agriculture d’avenir, écologique, juste et solidaire qui, malgré l’engouement croissant de consommateurs en quête de qualité et de proximité, peine à émerger, freinée par la réglementation européenne et son application en France. La Fondation Nicolas Hulot désire mettre en lumière les opportunités d’un changement de modèle agricole grâce aux propositions issues de son Think tank et de sa participation à différents réseaux. Elle souhaite aussi donner la parole à ceux qui mettent en pratique ces nouveaux modèles et encourager tous ceux qui souhaitent s’engager en ce sens. Dans cet esprit, elle appelle au soutien des citoyens et lance le mouvement « I Field Good » !

La préoccupation d’une « alimentation plus responsable » s’est progressivement installée dans le quotidien des Français. Néanmoins, comme le montre l’actualité sur l’origine des ingrédients des produits surgelés, passés le filtre des labels et autres informations disponibles sur les produits, les citoyens n’ont pas connaissance de la phase amont ; ils méconnaissent très largement l’agriculture, son fonctionnement, ses enjeux et ses défis.

Pourtant, ruraux ou citadins, l’agriculture occupe une place centrale dans la vie de tous. Par l’alimentation qu’elle procure, certes, mais pas seulement. Les impacts et les interactions de l’agriculture se manifestent bien au-delà : sur l’eau, les sols, la biodiversité, la santé, mais aussi sur les paysages, le terroir, la culture, l’emploi, le dynamisme des régions… Les modèles agricoles qui sont aujourd’hui privilégiés déterminent les assiettes de demain, comme ils dessinent une large part du cadre de vie.

Dans le même temps, le visage de la PAC après 2013 est en train de se dessiner. Deux dates décisives en 2013 : le vote en plénière du Parlement européen en mars et la négociation finale des chefs d’Etat en juin. Suite à cela, les 500 millions de consommateurs et les 11,7 millions d’agriculteurs connaîtront le visage de l’agriculture européenne des 6 prochaines années.

« I Field Good », un mouvement pour parler d'une autre agriculture possible et donner la parole à ceux qui la mettent en pratique

L’agriculture est de retour sur les écrans. Au fil des JT et des émissions, c’est tantôt un visage positif, tantôt une réalité plus préoccupante qui est donnée à voir. La Fondation Nicolas Hulot souhaite elle aussi parler d’agriculture, avec le souci de pousser la pédagogie plus loin. Pour la Fondation, l’enjeu est d’aller au-delà des informations que les citoyens ont déjà, en montrant en quoi les modèles agricoles sont déterminants tant pour la qualité de nos assiettes, que pour l’eau, les sols, la biodiversité, la santé, les paysages, l’emploi… L’enjeu est d’expliquer pourquoi il est souhaitable de passer d’un modèle agricole gourmand en eau, en énergie, en engrais chimiques et en pesticides, à un modèle basé sur la qualité et la proximité et inspiré de l’agroécologie et de l’agriculture biologique. L’enjeu est d’accompagner les agriculteurs en leur donnant les moyens d’opérer ce virage. L’enjeu, aussi, est de rappeler aux citoyens, décideurs ou leaders d’opinion que cela ne se fera pas sans eux. L’enjeu, enfin, est d’orienter la PAC en ce sens.

Pour soutenir une agriculture à la fois d’avenir, écologique, juste et solidaire, la FNH apporte sa contribution en lançant le mouvement « I Field Good » (« J’me champs bien ! »). Objectif : rassembler le plus grand nombre de citoyens autour de la nécessité de changer 4 orientations de la Politique Agricole Commune, dont la réforme sera entérinée cet été. Quatre orientations qu’elle donne à voir et à comprendre à travers les yeux et les témoignages de 4 agriculteurs qui les incarnent par leurs parcours et par les réseaux agricoles qu’ils représentent.

C’est ainsi qu’Agnès (Cameroun / ACDIC ), Stefanie (Allemagne / BIOLAND / FNAB ), Christophe (France / Terre de Liens) et Quentin (France / CIVAM ) ont accepté de témoigner. A travers un web documentaire, découpé en courtes vidéos thématiques, ils nous expliquent en quoi consiste le modèle d’agriculture alternative qu’ils ont choisi, pourquoi et quelle satisfaction ils en retirent. Ils prouvent qu’il est possible de concilier une agriculture plus respectueuse de l’environnement, tout en favorisant l’emploi et une rémunération juste alors même que la PAC ne les y encourage pas.

« I Field Good », un mouvement pour fédérer les vitoyens en faveur d'une PAC d'avenir, écologique, juste et solidaire

Au niveau européen, deux moments seront décisifs pour la PAC : le vote en plénière du Parlement européen en mars et la négociation finale des chefs d’Etat en juin. A l’issue de ces deux dates clés, les 500 millions de consommateurs et 11,7 millions d’agriculteurs européens connaîtront le visage de l’agriculture des 6 prochaines années.

La PAC pèse 50 milliards d’euros par an, dont 9,5 milliards sont attribués à la France. Issue des impôts des Européens, elle est le principal levier pour faire évoluer nos modèles agricoles. Pourtant, en France, la PAC ne trouve pas sa place dans les discussions sur les projets de société. En créant le mouvement « I Field Good » , la Fondation se veut le trait d’union entre le grand public, le monde agricole et les décideurs, pour faire en sorte que ce sujet de société majeur soit davantage pris en compte.

Pour concrétiser le lien entre la réalité des agriculteurs qui ont opté pour un modèle “alternatif” et la nécessité de faire évoluer les règles européennes pour les encourager, la Fondation a mis en regard les témoignages d’Agnès, Stefanie, Christophe et Quentin avec l’une des 4 orientations qu’elle porte, avec ses partenaires, dans le cadre de la réforme de la PAC :

  • Christophe, 41 ans, éleveur dans la Loire installé grâce au réseau Terre de Liens, illustre la nécessité d’une PAC d’AVENIR qui favorise le soutien à l’emploi agricole et à l’installation.
  • Stefanie, 43 ans, éleveuse en Allemagne, investie dans Bioland (FNAB en France) illustre la nécessité d’une PAC ECOLOGIQUE qui réoriente les aides vers les systèmes agricoles respectueux de l’environnement (agriculture biologique, agriculture durable, agroécologie…).
  • Quentin, 38 ans, céréalier dans la Marne investi dans les CIVAM, illustre la nécessité d’une PAC JUSTE qui répartisse plus équitablement les aides entre les types d’agricultures et entre les pays européens en les couplant à l’emploi agricole.
  • Agnès, 46 ans, éleveuse de poulets au Cameroun adhérente de l’ACDIC illustre la nécessité d’une PAC SOLIDAIRE qui supprime les subventions qui déstructurent les agricultures du Sud.

La FNH a rassemblé ces 4 orientations claires à intégrer à la réforme de la PAC dans une pétition citoyenne (traduite en anglais), soutenue par ses partenaires français du Groupe Pac 2013 et européens de l’ARC 2020. Rejoindre le mouvement « I Field Good » , c’est y apporter son soutien. Les signatures recueillies seront remises début juin au ministre de l’agriculture français.

Pour de plus amples informations, consulter et visiter le site www.ifieldgood.org pour tout savoir.

SOURCE : Fondation Nicolas Hulot

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