La diète méditerranéenne réduit les risques de maladies cardiovasculaires, même sans perte de poids

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Des chercheurs de l'Université Laval ont présenté les résultats d'une nouvelle étude qui démontre qu'une diète méditerranéenne peut réduire les risques de maladies cardiovasculaires même chez des sujets n'ayant pas perdu de poids. Ces résultats sont importants pour les patients obèses, car ils suggèrent que des changements dans l'alimentation pourraient réduire de façon importante les risques de faire un infarctus même si les bénéfices se font attendre sur le pèse-personne.

« La diète méditerranéenne réduit les risques de maladies cardiovasculaires, même sans perte de poids » - Crédit photo : www.agroligne.com Ces résultats de recherche ont été présentés à Québec lors du colloque annuel de la Société canadienne de nutrition qui se tenait du 29 mai au 2 juin. L’étude, menée par le professeur Benoît Lamarche et son équipe de l’Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels de l’Université Laval (INAF), est une première dans le domaine de la recherche en nutrition, puisque tous les repas étaient fournis aux participants, maximisant ainsi le contrôle des chercheurs sur l’alimentation des participants.

En tout, 26 hommes âgés en moyenne de 50 ans ont participé à l’étude. Lors des cinq premières semaines, ceux-ci ont consommé une diète typiquement canadienne, comme celle que la majorité des gens consomme tous les jours. Puis, pendant les cinq autres semaines, les sujets ont suivi une diète méditerranéenne, c’est-à-dire un régime faible en viande rouge et riche en fruits et légumes, en légumineuses, en produits céréaliers à grains entiers et en fibres, et qui incluait également un verre de vin rouge cinq jours par semaine. Les sujets étaient par la suite soumis à un régime amaigrissant qui leur a fait perdre près de 10 % de leur poids en moyenne, après quoi la diète méditerranéenne était une nouvelle fois testée.

Même sans perte de poids, la diète méditerranéenne a réduit de 22 % les concentrations sanguines de protéine C-réactive, un puissant facteur de risque des maladies cardiovasculaires. L’étude a également démontré qu’une importante perte de poids conjuguée à la diète méditerranéenne pouvait réduire de façon encore plus importante les concentrations sanguines de protéine C-réactive.

La protéine C-réactive sert à évaluer le niveau d’inflammation des vaisseaux sanguins. Un état inflammatoire chronique, comme on l’observe souvent chez les gens ayant un surpoids avec obésité abdominale, est de plus en plus reconnu comme un facteur de risque majeur des maladies cardiovasculaires, au même titre que le cholestérol sanguin. L’étude du professeur Lamarche et de son équipe démontre pour la première fois que la diète méditerranéenne s’avère très efficace pour réduire l’état inflammatoire chez des hommes aux prises avec une obésité abdominale, même s’il n’y a pas perte de poids. Les hommes qui ont participé à cette étude souffraient au départ d’un niveau d’inflammation associé à un risque très élevé de maladies cardiovasculaires.

L’étude a été financée par les Instituts de recherche en santé du Canada. Benoît Lamarche est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en nutrition et santé cardiovasculaire.

(Par Sarah Sanchez - Communiqué du 02 juin 2009)

SOURCE : Université Laval

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