La dénutrition du sujet âgé

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La dénutrition est la conséquence d'apports ou de stocks énergétiques insuffisants pour répondre aux besoins métaboliques de l'organisme (amaigrissement) à cause d'un apport alimentaire (ingesta) inapproprié ou insuffisant, d'une augmentation des besoins métaboliques (maladie, stress) ou d'une augmentation des pertes énergétiques (pathologie du tube digestif). L'avance en âge s'accompagne de modifications physiologiques et d'environnement qui favorisent le processus de dénutrition.

« La dénutrition du sujet âgé » - Crédit photo : www.vendee.fr Les situations à risque de dénutrition sont cependant sans lien direct avec l’âge, mais associées à des situations plus spécifiques à la personne âgée qui regroupent des situations psycho-socio-environnementales rendant plus difficile l’apport alimentaire, des affections aiguës ou la décompensation d’une pathologie chronique, un traitement médicamenteux...

D’où l’importance de dépister les personnes à risque de dénutrition. La fréquence de dépistage a été fixée à une fois par an en ville, une fois par mois en institution et lors de chaque hospitalisation dans le consensus publié par l’HAS pour les recommandations professionnelles concernant la dénutrition du sujet âgé.

Les modifications physiologiques

Appétit et poids, sont deux critères majeurs du dépistage. Les outils de dépistage reposent sur la recherche des situations à risque de dénutrition :

  • sur l’estimation de l’appétit et/ou des apports alimentaires
  • sur les mesures répétées du poids et l’évaluation de la perte de poids par rapport au poids antérieur
  • sur le calcul de l’IMC

Dépistage qui peut être formalisé par un questionnaire initial comme le MNA simplifié (Mini Nutritionnal Assessment®) puis si nécessaire le MNA global.

Le diagnostic de dénutrition chez le sujet âgé est porté devant :

  • une perte de poids > 5% en un mois ou > 10% en 6 mois
  • un EVIC < 21
  • l’albuminémie < 35 g/l
  • un MNA global < 17

Le diagnostic de dénutrition sévère est porté devant :

  • une perte de poids > à 10 % en un mois ou > 15% en 6 mois
  • un EVIC < 18
  • une albuminémie < 30 g/l

Albuminémie qu’il faut savoir corréler à la CReactiv Protein en cas de pathologie inflammatoire et/ou catabolisante.

Prise en charge

Les recommandations concernant la stratégie de prise en charge nutritionnelle chez la personne âgée dénutrie ont deux objectifs (apports énergétiques de 30 à 40 kcal/kg/j et apports protéiques de 1,2 à 1,56 g/kg/j) et trois modalités possibles : par voie orale, entérale et parentérale. Les critères de choix des modalités de prise en charge sont : le statut nutritionnel, le niveau des apports alimentaires énergétiques et protéiques spontanés, la sévérité de la ou des pathologies sous-jacentes, les handicaps associés et leur évolution prévisible, l’avis du malade et/ou de son entourage ainsi que les considérations éthiques.

Les experts insistent sur le fait que plus la prise en charge est précoce, plus elle est efficace et que la stratégie dépend beaucoup des apports alimentaires spontanés.

(Dr Monique FERRY Gériatre-Nutritionniste, CH Valence - Conférence inaugurale NUTRIA 2008)

SOURCE : MEDEC 2008

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