La dénutrition dans les hôpitaux : 10 ans après...

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La dénutrition est un phénomène fréquent à l'hôpital et pourtant c'est une thématique qui peine parfois à intéresser les professionnels de santé. « L'alimentation et la nutrition hospitalières ne semblent pas avoir été jusqu'à présent une priorité des acteurs hospitaliers », notait le Pr Bernard Guy-Grand dans un rapport qui fut rendu public en 1997.

« La dénutrition dans les hôpitaux : 10 ans après... » - Crédit photo : www.afdn.org Or dix ans après, les choses ont peu évolué. « Cette situation n’a pas beaucoup changé, déplore-t-il aujourd’hui, car on recense encore à l’hôpital 30% de patients dénutris ou à risque de l’être ». Un chiffre qui peut aller jusqu’à 60% en cas de chirurgie lourde.

Parmi les causes retenues, l’insuffisance des formations initiales et continues des personnels hospitaliers (direction et corps médical compris) et l’insuffisance du nombre des diététiciens, ainsi que de leur formation et de leur statut.

Encore 30% de patients dénutris dans les hôpitaux

Parmi les recommandations de son rapport, réformer les études des diététiciens et augmenter très nettement leurs effectifs, avec la reconnaissance de la spécificité de leur statut et mettre en place à l’échelon local et régional des comités de liaison alimentation-nutrition (CLAN). Depuis l’arrêté de mars 2002 certains hôpitaux se sont dotés de CLAN, la formation des diététiciens a évolué mais leur nombre reste insuffisant.

« Les CLAN se sont mis en place avec des moyens et des résultats inégaux », rappelle le Pr Bernard Guy- Grand. C’est pourquoi dans les hôpitaux Florence Rossi, porte parole de l’AFDN, affirme que « Le diététicien est un professionnel de santé dont le rôle va bien audelà du contrôle qualité des plateaux repas. Pour elle, sa place est essentielle auprès des patients car le diététicien est un expert incontournable dans la prise en soin des troubles nutritionnels ».

La dénutrition n’est pas une fatalité

La dénutrition n’est pas une fatalité mais pour la traiter encore faut-il la diagnostiquer La prise en charge est d’autant plus efficace qu’elle est instituée précocement. C’est pourquoi la recommandation de la HAS en avril 2007 insiste sur l’importance du dépistage, première étape de la prise en charge. Le diététicien a un rôle clé dans ce dépistage car sa connaissance de l’alimentation lui permet de faire un bilan de l’état nutritionnel, d’évaluer les besoins et les apports réels du patient.

Le bilan nutritionnel fait par le diététicien, va compléter l’examen médical pour aboutir au diagnostic de dénutrition. La prise en charge nutritionnelle des patients hospitalisés demeure souvent insatisfaisante notamment en raison d’une évaluation nutritionnelle insuffisante liée en partie au manque de formation des personnels soignants dans ce domaine. « Si théoriquement tout patient hospitalisé devrait avoir un bilan nutritionnel à l’entrée, en pratique ce n’est pas le cas et on cible surtout les patients à risque : les patients atteints d’un cancer, les sujets âgés et tout patient qui présente une perte de poids récente » regrette Florence Rossi.

Pour la renutrition, le médecin et le diététicien travaillent en étroite collaboration pour définir les modalités, les besoins. Ensuite le diététicien la met en oeuvre, avec l’équipe paramédicale. Il intervient également dans l’évaluation des ingestats. Les aides-soignants remplissent une grille très simple en débarrassant les plateaux qu’ils vont transmettre au diététicien qui l’analysera pour déterminer la quantité de ce qui est réellement mangé.

Pour de plus amples informations, consulter la Synthèse des recommandations professionnelles (2007) de la Haute Autorité de santé (HAS)

(Pr Bernard Guy-Grand, ancien chef du service nutrition de l’Hôtel Dieu, Paris - Florence Rossi, diététicienne, membre de l’AFDN - Conférence de presse du 15 mai 2009)

SOURCE : AFDN

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