La démonstration scientifique : un élément clé pour les aliments fonctionnels

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Le terme d’« aliment fonctionnel » est devenu monnaie courante dans le secteur de l'alimentation et il ne fait aucun doute que sa part de marché connaîtra une forte croissance dans les années à venir. Beaucoup de gens pensent que par aliments fonctionnels, on entend les aliments pour lesquels on peut faire des allégations santé. Même si ce n’est pas toujours le cas, cela suffit à générer un débat animé sur la nécessité d’une démonstration scientifique qui justifierait le bien-fondé de ces allégations.

Il y a eu de nombreuses définitions du terme « aliment fonctionnel »; cependant l'une d'entre elles a récemment fait l'unanimité dans les milieux scientifiques : on dit d'un aliment qu'il est « fonctionnel » lorsqu'il a été clairement démontré qu'il affecte avantageusement une ou plusieurs fonctions cibles de l’organisme indépendamment des effets nutritionnels adéquats une amélioration de l'état de santé et du bien-être et/ou une réduction des risques d'apparition de maladies. Les aliments fonctionnels sont, comme leur nom l'indique, des aliments, et leurs effets doivent être perceptibles après ingestion de quantités normales. Il ne s’agit en aucun cas de capsules/gélules ou de comprimés mais d'aliments tout à fait normaux.

Un important projet de l'Union Européenne dédié à la science de l'alimentation fonctionnelle en Europe (Fonctionnal Food Science in Europe - FUFOSE), mené à l'initiative de l’ILSI (International Life Institute - Europe), a mis en évidence deux types d’allégations indissociables des aliments fonctionnels.

- « Allégation d'amélioration de fonctions » : la démonstration des effets de l’aliment fonctionnel repose sur des marqueurs validés exprimant l’amélioration de la fonction considérée.

- « Allégation de réduction du risque de maladies » : la démonstration repose sur des marqueurs validés de points intermédiaires de la maladie ou de la maladie elle-même.

Les scientifiques et les consommateurs s'intéressent à l'influence qu'exercent sur la santé ces aliments ou ingrédients fonctionnels. Si le temps qui s'écoule entre la consommation et l'apparition des effets est trop long, on doit alors faire appel à des critères d'efficacité intermédiaires : il s'agit des marqueurs ou « biomarqueurs ». Les biomarqueurs sont « des indicateurs qui mettent en évidence les changements effectifs ou possibles sur les organes, les tissus, les cellules ». On distingue les biomarqueurs liés aux allégations d'amélioration de fonctions : il s'agit donc des biomarqueurs d'exposition, les biomarqueurs des fonctions cibles et les biomarqueurs des réponses biologiques. Quant aux biomarqueurs de critères d'évaluation intermédiaires, ils sont liés aux exigences de réduction du risque de maladies. Prenons l'exemple des maladies cardiovasculaires, nous pouvons sonder les effets des composants alimentaires fonctionnels grâce à des marqueurs qui mettront en évidence une amélioration des fonctions cibles, comme par exemple une baisse du taux de cholestérol dans le sang. Un exemple de marqueur de réduction du risque de maladie viendrait montrer l’effet bénéfique sur l’obstruction des artères.

La perception qu’ont les consommateurs des bienfaits de ces aliments fonctionnels dépend du constat des effets proprement dits, mais aussi des informations qui leur sont données sur le produit. Le rôle des législateurs est de créer un cadre légal de maîtrise des allégations. Les scientifiques, quant à eux, sont chargés de prouver le bien-fondé de la communication et des allégations relatives aux produits. Grâce à ce système, la véracité des allégations santé sera garantie et les consommateurs, sauront de quoi il retourne.

La Direction Générale Santé et Protection des Consommateurs (DG SANCO - Commission Européenne) a publié en juin 2002 une proposition visant à réglementer les allégations relatives aux aspects nutritionnels et fonctionnels des produits alimentaires. Les deux formes d’allégations susmentionnées figurent dans ce document. La version finale pourrait être adoptée en tant que proposition officielle de l'Union Européenne avant l’été 2003. Les négociations avec les états-membres devraient débuter au cours du deuxième semestre 2003.

Un autre projet de l'UE, le PASSCLAIM (processus d'établissement de supports scientifiques des allégations concernant les aliments, coordonné par l'ILSI-Europe), a pour but de développer les moyens nécessaires à la justification scientifique de ces allégations. Cette étape est indispensable à l'élaboration d'une future législation européenne sur les allégations relatives à la santé.

SOURCE : Eufic

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