La consommation d'alcool est liée à la durée des nuits de sommeil

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Boire beaucoup et dormir peu irait de pair, suggère une étude publiée dans un récent numéro de la revue scientifique Appetite. En effet, les petits dormeurs sont presque deux fois plus susceptibles d'être de gros buveurs.

Jean-Philippe Chaput et Jessica McNeil, de l'Université d'Ottawa, Jean-Pierre Després et Angelo Tremblay, de la Faculté de médecine de l'Université Laval, et Claude Bouchard, du Pennington Biomedical Center de Louisiane, ont demandé à 703 personnes de la région de Québec de fournir des renseignements sur leurs habitudes de vie incluant l'alimentation, la consommation d'alcool et le sommeil.

Les participants devaient aussi remplir un questionnaire sur la désinhibition alimentaire – la propension à surconsommer des aliments en réponse au stress, aux émotions ou à certaines situations sociales.

Les sujets ont été regroupés en petits dormeurs (moins de 6 heures par nuit), dormeurs normaux (7 à 9 heures) et gros dormeurs (plus de 9 heures). La limite hebdomadaire de consommation raisonnable d'alcool a été fixée à 14 verres pour les hommes et 7 pour les femmes.

Les chercheurs ont découvert que le fait de dormir moins de 6 heures par nuit doublait pratiquement le risque de dépasser le seuil de consommation raisonnable d'alcool. De plus, les petits dormeurs qui avaient des scores élevés de désinhibition alimentaire étaient ceux qui étaient les plus enclins à boire beaucoup d'alcool.

Ces résultats n'étonneront pas ceux qui se sont déjà réveillés en sueurs au milieu de la nuit après une soirée bien arrosée. « L'alcool a un effet relaxant qui porte au sommeil. Par contre, cet effet ne dure pas et la qualité du sommeil s'en trouve affectée par la suite », explique Angelo Tremblay.

Le lien entre l'alcool et le sommeil pourrait résulter d'un mode de vie qui altère le bon fonctionnement de l'organisme, poursuit le chercheur. « Le petit dormeur est peut-être en proie à des stimuli qui l'amènent à chercher du réconfort dans l'alcool. Ce serait en quelque sorte le pendant liquide des aliments-réconforts. Comme sa consommation d'alcool perturbe son sommeil, il se trouve dans une boucle dont il peut difficilement sortir. »

(Par Jean Hamann - Le journal de la communauté universitaire - Volume 48 - numéro 7 - 18 octobre 2012)

SOURCE : Université Laval

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