La consommation alimentaire des hommes et femmes vivant seuls

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Les femmes vivant seules consacrent à l'alimentation une part plus grande de leur budget que les hommes dans la même situation. Les produits consommés diffèrent également : elles achètent proportionnellement plus de fruits et légumes mais moins de viande et d'alcools. Les hommes privilégient plutôt des produits demandant peu de préparation. Sept produits alimentaires sur dix sont achetés en grande surface, toutefois les femmes les achètent plus souvent sur les marchés, notamment les fruits, les légumes, le poisson et la viande. Les hommes dépensent plus d'argent pour l'alimentation hors du domicile : c'est le cas pour les repas au restaurant ou à la cantine, mais surtout pour la consommation de boissons alcoolisées.

Au delà des différences culturelles et de niveau de vie

« La consommation alimentaire des hommes et femmes vivant seuls » - Crédit photo : www.insee.fr S’il est d’usage de mettre en avant des différences culturelles ou de niveau de vie pour expliquer les consommations alimentaires, le genre est également un facteur de différenciation essentiel : l’écart entre hommes et femmes est même souvent plus grand pour les personnes vivant seules qu’entre jeunes et vieux, diplômés du supérieur et sans-diplôme ou riches et pauvres. Les personnes seules ne sont toutefois pas représentatives de l’ensemble de la population : elles sont notamment plus âgées, surtout les femmes (Insee, enquêtes Budget de Famille 2001 et 2006).

Les hommes privilégient les produits simples à consommer sans préparation

Non seulement les femmes consacrent une plus grande part de leur budget aux fruits et légumes, mais encore elles n’achètent pas les mêmes produits. Par rapport aux hommes, elles offrent une place de choix aux légumes frais à feuilles et à tiges, tels le céleri, les salades ou les endives ainsi qu’aux agrumes frais. Les hommes, quant à eux, privilégient plutôt les fruits et légumes les plus nourrissants et simples à manger : les pommes, bananes et fruits séchés ainsi que les pommes de terre. La part consacrée aux plats préparés à base de légumes est aussi plus importante.

Pour la viande, les hommes se distinguent également par la place accordée aux plats préparés, produits de transformation et conserves de viande. La viande de volaille et le poisson sont plutôt des consommations féminines, de même que les conserves de produits de la mer et le poisson surgelé (hors poisson pané ou cuisiné). Que ce soit pour les fruits et légumes ou la viande, hommes et femmes n’entretiennent pas le même rapport aux aliments et à leur préparation, probablement en raison de la place des préoccupations diététiques mais aussi des différentes représentations des aliments qui se traduisent dans les goûts.

Par ailleurs, si les dépenses alimentaires des hommes se caractérisent par la place accordée à l’alcool, il existe aussi des divergences pour les boissons non alcoolisées : les boissons gazeuses sont une consommation plus masculine, le cacao aussi. Eaux minérales, thé et plantes à infusion sont, à l’inverse, des boissons plutôt féminines.

Les femmes achètent plus sur les marchés

Quel que soit le genre, 15 % des dépenses alimentaires des personnes seules se font dans des commerces de proximité (boulangerie, boucherie, épicerie fine...) et 7 % dans des petites surfaces d’alimentation générale et de produits surgelés. Mais la majeure partie des produits alimentaires (sept sur dix) sont achetés en grandes surfaces (hypermarchés, supermarchés, magasins populaires et maxi-discount). La principale différence entre hommes et femmes se situe dans la fréquentation des marchés : les femmes y achètent 4 % de leurs aliments, contre seulement 2 % pour les hommes.

En outre, les produits achetés dans chacun de ces lieux ne sont pas les mêmes. Les femmes achètent le plus souvent les boissons en grande surface, tandis que les hommes y achètent plus fréquemment poisson, viande, fruits et légumes, produits que les femmes sont justement plus nombreuses à se procurer sur les marchés. Les femmes achètent ainsi par exemple 13 % de leurs fruits et 11 % de leurs légumes sur des marchés, contre 8 % des fruits et 6 % des légumes achetés pour les hommes. Ces écarts persistent lorsqu’on se limite aux personnes seules d’âge actif et ils ne tiennent donc pas à l’âge plus élevé en moyenne des individus vivant seuls.

Cafés, restaurants, cantines, restauration rapide

À ces dépenses liées à l’alimentation, il faut ajouter la part non négligeable que représentent les repas et les collations pris à l’extérieur du domicile, soit 5 % du total des dépenses des hommes seuls et 3 % de celui des femmes seules (en moyenne 1 731 € par an pour les hommes contre 1 038 € pour les femmes). Les repas pris au restaurant constituent un quart de cette somme (27 % du budget consacré aux services de restauration pour les hommes et 25 % pour les femmes). Les dépenses de cantine et de restaurant d’entreprise représentent 19 % de ce budget pour les hommes et 17 % pour les femmes.

Viennent ensuite les repas et les boissons pris dans les cafés, les bars et les commerces assimilés (buffets, buvettes, salons de thé, restauration rapide). Ainsi, 25 % du budget de restauration des femmes est consacré à des repas pris dans d’autres lieux que des restaurants (cafétéria, snack, salon de thé, fast-food) contre seulement 18 % du budget des hommes. Les repas pris dans un fast-food représentent à eux seuls en moyenne 3 % du budget consacré aux services de restauration, quel que soit le genre. En revanche, plats à emporter ou livrés à domicile tiennent une plus grande place dans le budget des femmes (4 % et 2 %) que dans celui des hommes (2 % et 1 %).

Les hommes fréquentent par contre plus les bars et les cafés. Ils y consomment 22 % du budget qu’ils consacrent à l’alimentation à l’extérieur (13 % pour les femmes), ce qui reste vrai lorsqu’on se restreint aux personnes d’âge actif. Le café et les boissons chaudes pèsent plus sur le budget féminin (8 % contre 6 %), et les boissons alcoolisées sur le budget masculin (7 % contre 1 %). La bière et le cidre représentent à eux seuls 4 % du budget que les hommes seuls consacrent à l’alimentation à l’extérieur. La consommation d’alcool est donc toujours, avec celle de produits préparés et l’achat de fruits et légumes, l’une des différences majeures entre les pratiques alimentaires des hommes et celles des femmes.

Pour de plus amples informations, consulter Insee Première n°1194

(Thibaut de Saint Pol, division Conditions de vie des ménages, INSEE - Mai 2008)

SOURCE : INSEE

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