La colère des agriculteurs se comprend...

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Sans cautionner certains de leurs actes, la colère des agriculteurs est justifiée car, de fait, les prix baissent pour eux et augmentent pour les consommateurs. En 10 à 15 ans, le transfert des profits des agriculteurs et industries agro-alimentaires vers la grande distribution est indéniable. Hier 15% de marge suffisaient aux grandes surfaces. Aujourd'hui 25% est leur minimum !

« La colère des agriculteurs se comprend » - Crédit photo : www.lavoixdunord.fr Gains de productivité constamment spoliés en amont. Lois imposées des centrales d’achats. Et les consommateurs ? Les prix consommateurs n’ont pas baissé. La qualité des produits s’est dégradée. « Exiger acheter moins cher et prétendre vendre moins cher » : seul le milieu en profite !

La loi de modernisation de l’économie (LME) est elle en cause ?

Non, car si elle permet la libre négociation, comme c’est déjà la pratique dans 80% des échanges, elle impose le juste équilibre entre fournisseurs et revendeurs. Cette seconde partie n’est toujours pas respectée dans certains secteurs, par des distributeurs qui continuent de dire « négocier, c’est imposer mes conditions – liberté de négocier, c’est acheter moins cher ». Or pour acheter moins cher il faut d’abord permettre au fournisseur de gagner plus. Gagnant-gagnant. Toute autre attitude n’est conforme ni à la LME ni à l’économie de marché à dimension humaine.

Que doit faire le politique ?

  1. Faire appliquer la loi. Faire cesser les pratiques commerciales sources de déséquilibres significatifs. Sous l’impulsion personnelle du Président de la République, avec le gouvernement, la CEPC, La DGCCRF, de nombreuses mesures sont d’ores et déjà engagées dans ce sens. L’autorité politique ne succombera ni au chantage ni à l’insolence de certains.

  2. Forts de cette détermination à sanctionner les « hors la loi », avec de nombreuses enseignes et les producteurs fournisseurs, nous allons développer le Pacte Nouvelles Donnes. Il montrera où sont les justes partenariats à signer.

  3. Il est impossible d’appliquer aux produits frais périssables de l’agriculture les mêmes degrés de libre concurrence. Comme la loi le permet, nous devons étendre à tous les acteurs (y compris à certains fournisseurs) des filières concernées (lait, porc, fruits et légumes…) des mesures exceptionnelles et temporaires pour éviter l’anarchie des prix source de faillites.

Personne n’a intérêt à appauvrir l’agriculture et l’industrie agro alimentaire en France. Agissons donc ensemble autrement. La loi de l’intérêt général doit s’imposer à celle de quelques acteurs soucieux de leurs seuls intérêts particuliers.

(Jean-Paul Charié Député UMP du Loiret, Rapporteur de la LME)

SOURCE : Jean-Paul Charié

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