La CLCV dit non à la taxe nutrition

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Une mission parlementaire sur la prévention de l'obésité propose une taxe supplémentaire sur les produits de grignotage (barres chocolatées, confiseries) et les boissons sucrées. Au printemps dernier, l'association de consommateurs CLCV avait fait connaître son opposition à ce projet, notamment auprès de la mission de l'Inspection des Finances et des Affaires Sociales chargée d'évaluer ce dispositif.

« La CLCV dit non à la taxe nutrition  » - Crédit photo : www.lepointsurlatable.fr Nous considérons qu’on ne peut espérer d’effet tangible d’une telle taxe sur les comportements alimentaires. Peut-on sérieusement imaginer que, parce que le soda ou les confiseries seront quelques centimes plus chers, les consommateurs vont du jour au lendemain s’en détourner pour boire de l’eau plate et manger des fruits ? Les préférences alimentaires des consommateurs ne se résument heureusement pas à de simples calculs économiques, même lorsque leur pouvoir d’achat est en berne.

La CLCV est bien évidemment consciente des enjeux de santé publique liés à la progression du surpoids et de l’obésité ce dont attestent nos nombreuses actions de sensibilisation. Nous soutenons d’ailleurs l’idée d’une politique volontariste à l’égard des professionnels afin d’agir sur l’offre alimentaire. Améliorer la qualité nutritionnelle des aliments, harmoniser les étiquetages et les rendre enfin lisibles et accessibles, réguler la publicité destinée aux enfants : voilà autant de sujets sur lesquels nous invitons les parlementaires à prendre position en faveur des consommateurs et notamment des plus jeunes.

Chacun sait aujourd’hui que le surpoids et l’obésité progressent plus rapidement parmi les ménages modestes. Ce sont ces mêmes ménages, pour lesquels l’alimentation est un poste de dépenses déjà important, qui subiront le plus durement une nouvelle taxe sur l’alimentaire. Cette mesure fiscale « contre l’obésité » s’apparente ainsi à une double peine et vient renforcer un peu plus la stigmatisation des personnes en surpoids.

En matière de fiscalité, pourquoi ne pas réfléchir plutôt à baisser la TVA sur les fruits et légumes dont les prix freinent actuellement la consommation ? Une telle mesure, qui figure parmi les propositions du rapport parlementaire, aurait l’avantage de réconcilier politique de santé publique et pouvoir d’achat.

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Source : Le Point sur la table (www.lepointsurlatable.fr)

SOURCE : Le Point sur la table

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